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Pays Basque

L’Uhabia et ses clapets donnent du grain ŕ moudre

31/10/2012

Les portes à clapets de la plage de l’Uhabia sont entrées en activité à trois reprises lors de fortes pluies à la fin du mois d’août . Mises en place pour éviter les pollutions des eaux de baignade en période estivale, les portes ont suscité bien des débats depuis leur conception.  L’été terminé, la municipalité de Bidart se trouve très satisfaite de cette installation qui permet à la ville d’avoir des “plages très propres” a annoncé le maire Emmanuel Alzuri, lors de l’inauguration officielle du dispositif, le vendredi 19 octobre dernier. En cas de pluie, les portes se ferment et interrompent le débit de l’Uhabia, qui vient habituellement se jeter dans l’océan. Ces eaux, chargées de différents produits répandus sur les sols en amont, ou de matières organiques provenant des habitations, sont rejetées, après filtrage des plus gros résidus, dans un émissaire situé à 500 mètres au large.

La municipalité bidartar, argue que ces portes sont seulement “la partie la plus visible d’un vaste travail mené en amont, dans le cadre du contrat de bassin de l’Uhabia”, qui associe toutes les communes du bassin versant, la communauté d’agglomération côte basque ou encore Surfrider Foundation. La difficulté, comme l’explique l’animatrice de ce contrat de bassin, Carine Le Bougre, réside dans le particularisme du bassin versant, “composé d’une multitude de petits cours d’eau parfois indétectables”. Un milieu naturel très boisé qui facilite également une dépollution naturelle et qui justifie la propreté de l’eau de l’Uhabia, poursuit-elle. Seulement, “pendant les années sèches”, comme celle-ci, “les petits cours d’eau où le débit n’est pas très élevé, ont une capacité d’épuration presque nulle”.

Pour les détracteurs du projet, cette porte à clapets et son émissaire en mer sont des aberrations. L’émissaire a été mis en place dans une zone récemment classée Natura 2000 côtier. “Échappant à tout contrôle, ce procédé repose en partie sur la dilution et la mort des bactéries fécales en milieu marin. Il ne tient pas compte de la diffusion et de la persistance dans le milieu de la pollution chimique, des métaux lourds, des détergents des perturbateurs endocriniens tels que les PCB présents dans les eaux de l’Uhabia et dans les eaux traitées de la station d’épuration” indique un collectif constitué autour de sept associations (Cade, Sepanso, ACE, Coordination nationale médicale santé environnement, Ideal, Coordination santé environnement Pays Basque et ZIP Adour.)

Le Cade trouve anormal de ne pas être invité à ce fameux contrat de bassin, le véritable nerf de la guerre, considérant qu’il peut apporter ses expertises sur les points noirs à traiter en amont. Plusieurs seraient prioritaires selon l’association : “le projet ne prend pas en considération l’existence de l’ancienne décharge de Bassilour. Actuellement enfouie sous la zone d’activités éponyme, cette décharge constitue pourtant l’une des sources majeures et chroniques de pollution de L’Uhabia. De même, en période d’abondante précipitation, les effluents (lixiviats) de la décharge Zaluaga de St Pée arrivent jusqu’à l’Uhabia: insuffisamment traités, ils aggravent la pollution de cette rivière”.

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