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Sujet à la une

le littoral basque et ses plages aux normes

31/10/2012


Carole SUHAS

Tout baigneur a déjà vécu la singulière expérience de la poche plastique qui vient sournoisement effleurer son pied, ou de la substance non-identifiée qui vient délicatement se déposer sur son visage. Ceci pourrait bien changer. À en croire les promoteurs de la qualité des eaux de baignade, de gros efforts sont consentis et les améliorations notables. Elles se doivent de l’être.

La nouvelle Directive Cadre de l’Eau, votée en 2006, impose aux communes du littoral de nouvelles règles, plus strictes que les précedentes, en terme de qualité des eaux de baignade durant la période estivale. La limite de présence des bactéries escherichia coli, marqueur de pollution, passe de 2000 UFC/100 ml à 500 UFC/ml, et à 185 UFC/ml pour les entérocoques intestinaux. Les eaux sont alors estimées de qualité suffisante. Pour être de qualité excellente, les entérocoques intestinaux ne doivent pas excéder les 100 UFC/ml et les escherichia coli les 250 UFC/ml.

De l’avis de la Lyonnaise des eaux, propriétaire du centre d’analyse Rivages Pro Tech à Bidart, l’horizon est clair. “Je pense que d’ici 2015, pas une seule plage ne pourra être déclassable sur la côte basque” avance le chargé de communication de la société. La prise en compte en amont de la pollution, comme en témoigne la création de contrats de bassin, est selon lui un facteur important de cette amélioration globale. “On connaît les problèmes de lessivages des sols et autres

qu’il fallait absolument prendre en compte pour pérenniser l’activité touristique”. Un fonds de commerce qui ne peut souffrir de ne pas entrer dans les clous des normes européennes de 2015.

Aujourd’hui les analyses bactériologiques des eaux de baignade sont effectuées par les communes elles-mêmes qui font appel au centre d’analyse de la Lyonnaise des eaux. L’Agence régionale de la santé (ARS) et l’association de protection du littoral Surfrider Foundation proposent des analyses complémentaires.

Analyses indépendantes

L’association de défense du littoral assure un suivi annuel de la qualité des eaux, quand l’ARS et le centre Rivages Pro Tech s’en tiennent à la saison estivale. “Nous ne voulons pas les remplacer, nous travaillons en concertation” assure à ce sujet Marie Schillinger, chargée de mission Pays Basque de Surfrider. Sur l’ensemble du littoral, l’association a établi dix points de contrôle, les six plus anciens ayant été choisis pour leur exposition aux “risques”, “à des embouchures de fleuves ou sur des plages proches de cours d’eau” détaille Marie Schillinger.

Quatre points, a priori peu exposés à la pollution, ont été ajoutés en septembre 2012 dernier, “pour plus d’équité dans les contrôles”. Les résultats de Surfrider se révèlent être “en corrélations positives avec ceux des collectivités”, même si l’association se garde de se prononcer pour 2015. “On ne peut pas vraiment dire ce qu’il en sera avant que la directive ne soit vraiment mise en place” conclut Marie Schillinger.

L’escherichia coli, la nouvelle vedette des plages, serait pourtant, selon Sylvie Peres, médecin et coordinatrice de Vague toxique, la coordination santé et environnement du Pays Basque, un bien mauvais marqueur de la qualité des eaux. “L’escherichia coli ne vit pas dans l’eau salée, donc forcément il meurt, tandis que l’entérocoque lui, aime l’eau salée”. Des analyses réalisées par le laboratoire indépendant Analytika à l’initiative de la Coordination santé environnement (CSE) du Pays Basque ont ainsi révélé en 2010 une forte contamination par environ 35 micro-contaminants organiques, dont des hydrocarbures, des détergents et des phtalates (produit chimique biodégradable qui persiste plus longtemps dans le milieu aquatique où il va se mélanger aux sédiments, rendant plus difficle sa dégradation).

Vague toxique critique le cadre de cette nouvelle directive qui remplace celle de 1976. “La directive de 1976, prenait en compte près de dix-sept agents polluants pour ses analyses, tandis que celle de 2006 analyse les escherichia coli et les entérocoques intestinaux uniquement”. Dans le doute, mieux vaut encore éviter de boire la tasse.

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