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L'opinion

Face à la cacophonie, un arbitrage est nécessaire

30/10/2012

ÉDITORIAL   
par Antton ETXEBERRI

 

Il n’y aura pas de Pays Basque français dans la prochaine loi de décentralisation ; il n’y aura pas de structure administrative basque, nous ne voulons pas ouvrir ce débat”. Au lendemain de l’arrestation des deux militants présumés de l’ETA, Manuel Valls a souhaité s’inviter dans le débat sur la Collectivité territoriale du Pays Basque. Fervent opposant de toute évolution politique pour le Pays Basque nord, le ministre de l’Intérieur français pose comme condition à toute discussion le dépôt des armes de la part de l’ETA. Est-ce que quelqu’un a mis au courant Manuel Valls qu’il y a plus d’un an, l’ETA a mis un terme de manière définitive à l’utilisation des armes ? Est-ce que M. Valls est au courant que le Pays Basque est favorable, toutes tendances politiques confondues, à la création d’une Collectivité territoriale spécifique ? Est-ce que M. Valls sait qu’un processus de paix est amorcé en Pays Basque, soutenu par des experts de renommée internationale ? S’il est de notoriété publique que le ministre Valls soutient et participe de manière irresponsable à la répression, ses propos sur la collectivité territoriale du Pays Basque interviennent au moment même où le RAID vient d’être épinglé pour avoir oublié ce week-end des scellés après une perquisition, dont une arme avec ses munitions. On ne peut que conseiller à M. Valls, chef de toutes les polices de France, de s’occuper de son propre ministère, sans s’immiscer dans un débat qui ne concerne en premier lieu que le ministère de la Réforme de l’Etat et de la Décentralisation. Le gouvernement socialiste, qui se trouve de plus en plus décrédibilisé à cause de ses propos contradictoires, ne déroge pas à la règle concernant le Pays Basque. Entre Marylise Lebranchu qui assure que “le Pays Basque sera reconnu” et Manuel Valls qui affirme le contraire, les contradictions internes au Parti socialiste et au gouvernement prennent en otage l’ensemble du Pays Basque qui a envie d’avancer et de tourner la page du conflit armé. Il est temps qu’un arbitrage soit assuré au plus haut niveau de l’Etat.

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