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Culture

L’association Aratz d’Aretxabaleta a présenté un court-métrage à Gorgonzola

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30/10/2012

Benjamin DUINAT [à Gorgonzola -Italie-]


Samedi 20 octobre 2012 : la salle de cinéma de la ville grouille de monde. La huitième édition du festival du cinéma nouveau de Gorgonzola, où sont exclusivement présentés des courts-métrages interprétés par des personnes handicapées, vit la dernière de ses quatre soirées. Une effervescente latente chatouille le calme apparent précédant la prise de parole de Romeo Della Bella, psychologue et président dudit festival : “Habituellement, les gens que l’on qualifie, à tort ou à raison, de normaux invitent les personnes handicapées à partager un moment d’humour, de rire ; ce soir, ce sont les handicapés qui nous invitent à rire et passer un bon moment de cinéma”. Sa voix rocailleuse et sa gestuelle cocasse font le charme du personnage, qui déclenche alors une vague d’applaudissements chez les quelque cinq cents spectateurs.

L’association Aratz
La veille une délégation ficelle ses bagages à Aretxabeleta (Gipuzkoa) et prend la direction de Santander pour y embarquer à bord d’un vol en direction de Bergame (Lombardie), non loin de Gorgonzola. L’association Aratz (contraction des premières syllabes de Aretxabaletako Atzeratuak -les Handicapés d’Aretxabaleta-) y présentait pour la quatrième fois consécutive un court-métrage, à savoir Ekipo, une chronique loufoque opposant deux groupes d’employés, l’un méticuleux et l’autre molasse. Un équilibre est trouvé grâce à une recette miracle apaisant les humeurs. “Les T-shirts blancs et les T-shirts bleus unissent alors leurs forces, les couleurs se fondent et tous finissent par porter le maillot de la Real Sociedad”, explique Jokin Antxia, le secrétaire d’Aratz. Au total, seize personnes handicapées ont participé à ce projet.
Le film a remporté le prix de la solidarité pour le message de bonne humeur et de bienveillance qu’il véhicule. “Pour nous, qui cherchons à proposer des activités pérennes au sein de l’association tout au long de l’année à Aretxabaleta, le festival est un véritable bol d’air. Cela nous motive et nous pousse à poursuivre dans cette voie”, indique Jokin Antxia. Cette année, seules six personnes ont pu se rendre au festival, alors que pour les éditions précédentes la délégation était composée de toutes les personnes handicapées d’Aratz, acompagnées de leurs plus ou moins proches parents, soit quarante participants. “Des subventions que nous n’avons malheureusement pas obtenues cette année, nous permettaient d’organiser ce voyage avec toute l’équipe participant à la réalisation du film présenté”, commente Jokin Antxia.

La culture sociale du handicap
La finalité du festival, auquel le Premier ministre italien Mario Monti vient de remettre une médaille du mérite, est “de favoriser et développer la culture sociale du handicap”, avance plein d’entrain R. Della Bella. “Nous ne voulons pas provoquer une bienveillante complaisance. Nous souhaitons que l’on s’émerveille et s’étonne pour ce que sont et font les personnes handicapées”, poursuit-il tout en réajustant ses lunettes. Cet événement a lieu tous les deux ans et, pour cette édition 2012, le jury a reçu des créations venues ,entre autres, d’Italie, de Chine et, bien sûr, du Pays Basque.
Dimanche 21 octobre, c’est le visage souriant et fort d’idées et d’illusions nouvelles que le petit groupe a regagné Aretxabaleta.

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