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Sports - Rugby

Gonzo séduit par les Neskak

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27/10/2012

Marc DUFRECHE

Être mis en avant, le personnage ne va pas aimer ça tant il a toujours préféré le collectif à l’individu. Mais comment faire autrement lorsque les Neskak de l’AS Bayonne affichent cette saison dans leur effectif Jean-Michel Gonzalez. Un ex-entraîneur pro du Top 14 à la tête d’une équipe de rugby féminine évoluant en élite 2, voilà une première.

“C’est sûr, c’est un monsieur et nous sommes très contentes qu’il vienne”, indique la capitaine Magalie Haiçaguerre. Celui que beaucoup appellent Gonzo a pris en main, en compagnie de Jean-Baptiste Lartigot, le projet du rugby féminin à l’AS Bayonne, club où il avait été en charge de l’équipe masculine lorsqu’il fit ses premiers pas d’entraîneur. Son arrivée a quelque peu fait oublier que les Neskak ont perdu à l’intersaison quelques cadres comme l’international Dioni Aguerre (arrêt pour raison personnelle), Corine Lapébie (arrêt pour raison professionnelle) ou encore l’emblématique Sandrine Jaureguiberry qui a fini par raccrocher définitivement les crampons.

Si Jean-Michel Gonzalez est venu à l’ASB, c’est dans un costume de bâtisseur comme il l’explique : “Il y a un projet de club intéressant au niveau des filles pour essayer de retrouver l’élite assez vite. Ça m’intéressait de relever ce défi, de mettre des choses en place avec Jean-Baptiste, mais aussi la mairie de Bayonne qui nous suit à fond derrière.” Voilà le premier effet Gonzo. Avant même d’apporter sa science sur le terrain, son nom et sa personnalité sont un vecteur de communication et l’ASB en profite. “On est pris un peu plus au sérieux, les médias viennent plus facilement”, constate Magalie Haiçaguerre. Et de nouveaux partenaires donc.

En plein dans la formation

Au niveau du terrain, en l’occurrence le synthétique Christian Bélascain de Bayonne où les Neskak s’entraînent le mardi, le vendredi et jouent le week-end, Gonzo est à “des années-lumière du rugby professionnel” comme il dit. “On est uniquement dans l’éducatif et dans la formation” explique-t-il. La capitaine détaille : “Nous avons beaucoup de filles qui ont commencé le rugby à 18 ans et qui n’ont pas la formation en comparaison des filles qui arrivent de l’école de rugby et des cadettes. Il fait preuve de beaucoup de patience, car des fois ce sont des trucs très bêtes. Comme lorsqu’il demande une “remise inter”. C’est du jargon rugby, ça veut dire redonner le ballon à l’intérieur, mais encore faut-il le savoir. Jean-Michel s’est mis à notre niveau”. “On prend beaucoup de temps à leur faire travailler les gestes techniques de base des choses simples, mais essentielles”, ajoute Gonzo. Les jours de match, sa présence sur le bord de la touche n’est pas sans effets également. “Ça rassure de l’avoir. Il donne confiance”, témoigne Magalie Haiçaguerre.

Construire une équipe solide

Si l’on comprend bien tout ce que peut apporter l’ancien international et encore récent entraîneur du Biarritz Olympique aux Bayonnaises, l’échange ne se fait pas seulement dans un sens. Gonzo l’amoureux du rugby retrouve ici la passion vraie des choses ovales. “La passion a toujours été la valeur de notre groupe, raconte Magalie Haiçaguerre. Peut-être qu’il se retrouve dans ces valeurs”. Gonzo valide dans un sourire : “Ce sont des passionnées”. Et puis il y a cet esprit, cette soif d’apprendre des filles toujours dans l’échange. Différent de chez les garçons où ceux qui pensent avoir la science infuse sont légions.

Gonzo n’a pas seulement trouvé un bel environnement en venant à l’AS Bayonne. Il reste un compétiteur et veut réaliser le projet d’installer durablement cette équipe dans le Top 10, l’élite. L’an dernier en fin de saison, il est venu régulièrement voir les Neskak jouer. Depuis cet été, il est au milieu de cet effectif d’une soixantaine de filles, plus une vingtaine de cadettes. Il en sait déjà pas mal sur les possibilités de l’effectif. “On est en reconstruction, indique-t-il. L’élite ce n’est pas pour de suite. On voudrait sortir beaucoup de cadettes que l’on puisse faire monter en senior. Construire ainsi une équipe solide. Pour cette année, on aimerait se qualifier et jouer une demi-finale”.

L’an dernier les Neskak s’étaient inclinées en finale face au Stade Bordelais. “Honnêtement, il y a du potentiel avec des cadettes qui ont de vraies qualités. Déjà l’an prochain, certaines vont nous rejoindre, mais je pense qu’il faudra attendre quatre ou cinq ans avant d’arriver là où on veut aller”, conclut Magalie Haiçaguerre.

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