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Pays Basque

Le PNV et EH Bildu font basculer le Parlement de Gasteiz du côté souverainiste

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23/10/2012

Antton ROUGET

Les sondages l’avaient annoncé.Les observateurs, eux aussi, avaient prévenu. Trois ans après avoir laissé la majorité du Parlement de Gasteiz aux “constitutionnalistes” (en faveur de la Constitution espagnole) au cours d’élections marquées par l’exclusion de la gauche abertzale et la signature d’un pacte contre-nature entre le Parti socialiste d’Euskadi et le Parti populaire, les souverainistes allaient prendre leur revanche. Dimanche soir, à 21 h 00, la tendance s’est confirmée. Plus que ça : en l’emportant dans les trois provinces de la Communauté autonome basque, la victoire des “souverainistes” s’est transformée en triomphe historique.

En terme de nombre de voix, d’abord, les résultats ne laissent pas de doute. En comptabilisant 660 554 voix, le Parti nationaliste basque (PNV) et la coalition abertzale de gauche Euskal Herria Bildu ont recueilli 58,85 % des suffrages. Mais surtout, grâce au mode de répartition des sièges, les deux forces souverainistes occuperont 64 % du nouveau parlement de la Communauté autonome basque (48 députés sur 75). Une première depuis l’élection de la première assemblée en 1980.

PNV et EH Bildu en tête partout

Depuis le “fief” de Gipuzkoa jusqu’aux villes de Bizkaia : le succès des souverainistes est entier. Même en Araba, province dans laquelle l’abertzalisme est le moins ancrée, PNV et EH Bildu trustent les premières places. Pour le PP (qui perd 3 postes de député et 16 241 voix par rapport à 2009) mais surtout le PSE (qui recule de 25 députés à 16 et laisse filer 106 173 voix en trois ans), la défaite est cuisante. Et historique. Même Antonio Basagoiti, chef de file des “populares” qui a martelé pendant la campagne que “nous [les constitutionnalistes, ndlr] représentons 51 %” a admis, après la publication des résultats, qu’il aurait espéré “plus de soutien et de sièges”. L’ancien lehendakari (président de la CAB) Patxi Lopez, qui quitte son poste par la petite porte, a tenté de rassurer en expliquant que “l’aventure socialiste ne s’arrêtait pas”. Gorka Maneiro, candidat de Union progreso y democracia (UPyD), qui a réussi à préserver son siège en Araba, est lui entré en résistance : “nous allons gagner la bataille du constitutionnalisme, tôt ou tard”.

Du côté des abertzale, par contre, l’heure est à la célébration. Voire à l’euphorie. “Je vous l’avais dit : nous sommes le meilleur parti du monde.” Soutenus par les slogans “Independentzia ! lancés par ses sympathisants, Iñigo Urkullu n’a peur de rien. Soulagé par ses bons résultats dans les trois provinces, malgré une faible baisse (les 16 035 voix en moins par rapport depuis 2009 font baisser le nombre de députés de 30 à 27), le PNV va retrouver, trois ans après, le chemin d’Ajuria Enea (résidence du Lehendakari). “Vive le Pays Basque joyeux ! Euphorie aussi chez Laura Mintegi, candidate d’EH Bildu. Pour sa première participation aux élections autonomiques et quatre mois, seulement, après la légalisation de la gauche abertzale, la coalition (regroupant Eusko Alkartasuna, Alternatiba, Aralar et la gauche abertzale) fait une entrée fracassante au Parlement de Gasteiz. En 2005, les différentes composantes d’EH Bildu, bien que divisées, totalisaient 14 députés, en 2009, alors que la gauche abertzale était écartée du scrutin, elles n’en comptaient plus que 5 : trois ans plus tard, la coalition obtient 21 sièges. La seule force de l’échiquier à améliorer ses résultats par rapport à 2009 (113 300 voix supplémentaires). Même en 1998, après la signature des accords de Lizarra-Garazi et alors que la liste Euskal Herritarrok avait réalisé des résultats impressionnants, les composantes d’EH Bildu n’avaient atteint un tel nombre de députés (19 contre 21, aujourd’hui). Seul hic pour la coalition : si les résultats sont exceptionnels, ils sont en légère baisse, dans la province de Gipuzkoa qu’elle gouverne depuis les élections locales de mai 2011.

En préservant sa première position dans la province, EH Bildu perd, tout de même, in extremis un 22e siège de député aux dépens du Parti populaire. Un 22e siège qui aurait changé la donne pour les quatre années de mandature à venir : en pleine crise économique, le Parlement de Gasteiz a, pour un député, une majorité de droite.

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