L'opinion - Tribune Libre
Appel à la manifestation du 10 novembre 2012
23/10/2012
Filipe ARAMENDI, Conseiller municipal d’Urruña et avocat
Alors que nous venons de fêter le premier anniversaire de la Conférence Internationale d’Aiete qui s’était tenue le 17 octobre 2011 en vue de la résolution du conflit en Pays Basque, s’annonce une nouvelle manifestation organisée par HERRIRA, pour demander, encore une fois, le respect par les Etats français et espagnol des droits les plus élémentaires des prisonniers politiques Basques et parmi ceux-ci leur rapprochement, étape essentielle dans le processus qui devra amener à leur amnistie dans la phase finale du processus général de résolution du conflit.
Cette manifestation ne doit pas être une de plus parmi d’autres qui viendra s’ajouter à la liste déjà longue des mobilisations intervenues jusqu’ici autour des mêmes revendications.
Mais, cette manifestation devra être celle qui marquera l’histoire et qui constituera, je l’espère un déclic pour amener les Etats français et espagnol à s’engager véritablement dans le processus de résolution du conflit afin de parvenir à une paix durable en Pays Basque.
En effet, si l’organisation armée ETA a répondu positivement aux demandes qui lui étaient formulées lors de la Conférence internationale d’Aiete, force est malheureusement de constater que les Etats français et espagnol se sont murés dans un immobilisme criminel en ne faisant pas le moindre pas qui puisse démontrer leur volonté de s’inscrire dans ce processus de paix.
Or, ce premier pas consistera sans aucun doute à régler la problématique des prisonniers politiques Basques.
L’État français ne peut plus persister dans ses contradictions, en soutenant d’une part qu’il n’existe pas de prisonniers politiques dans ses prisons, mais en appliquant d’autre part à tous les prisonniers qui ont été incarcérés pour des actes liés à la problématique en Pays Basque, des mesures d’exception, voire même illégales.
L’application de ces mesures est l’aveu flagrant de cet Etat qu’il s’agit bien d’une problématique uniquement politique !
En effet, est-il besoin encore de rappeler que les revendications de ces prisonniers (rapprochement dans des lieux de détention proches des lieux de résidence de leur famille, libération des prisonniers malades, abrogation des mesures qui mènent à de véritables condamnations à perpétuité, application des mesures d’aménagement de peine pour les condamnés qui légalement peuvent en bénéficier…) ne constituent qu’une demande d’application de droits prévus par les textes. Les Etats français et espagnol sont donc dans la pure illégalité en ne respectant pas leurs propres législations.
Faudra-t-il que l’Etat français soit également condamné par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, comme l’a été l’Etat espagnol le 10 juillet 2012, pour qu’il se décide à appliquer ses propres lois ?
La France : Etat de droit ?
Dans ce contexte, la manifestation du 10 novembre prochain revêt donc une importance fondamentale dans l’évolution du processus de résolution du conflit.
J’appelle donc aujourd’hui tous les élus, quelles que soient leurs responsabilités, leur appartenance politique, à participer à cette manifestation et à s’impliquer concrètement dans le processus.
Les revendications légitimes justifiant cette manifestation doivent aujourd’hui être soutenues par les élus du peuple qui ont le devoir d’œuvrer à l’instauration d’une paix durable en Pays Basque.
Pendant de nombreuses années la quasi totalité de ces élus n’ont eu que ce mot de “paix” à la bouche, lorsqu’il s’agissait de condamner la violence générée par la lutte armée et de demander à corps et à cris à ETA de cesser définitivement sa lutte armée, condition essentielle, selon leurs cris de l’époque pour aboutir à la PAIX. Aujourd’hui, ETA a décrété la fin définitive de sa lutte armée. Il nous appartient donc aujourd’hui à nous élus, au nom de cette même PAIX de s’emparer des revendications courageusement portées par HERRIRA et de faire pression sur les plus hautes autorités de l’État pour que celui-ci s’engage sincèrement dans le processus historique que nous connaissons actuellement.
Nous serions coupables vis-à-vis de l’histoire et des prochaines générations si nous ne faisions pas tout ce qui est en notre pouvoir pour parvenir à cette PAIX !
L’heure n’est plus aux hésitations et aux mesquineries pour tenter de se défausser face aux responsabilités qu’il nous appartient de prendre pour faire avancer ce processus. Comment ne pas évoquer ici comme exemple malheureux d’une telle mesquinerie, l’attitude misérable de certains élus de ma Commune qui ont cru devoir, sous couvert de prétextes financiers, refuser à l’Association URRUN HURBIL la mise à disposition d’un simple chapiteau pour l’organisation d’une fête au cours de laquelle devait être justement lancé l’appel à la prochaine manifestation alors prévue le 13 octobre.
Ce genre de positionnement n’est pas à la hauteur de l’enjeu que représente aujourd’hui la résolution de la problématique des prisonniers politiques Basques qui, encore une fois, constitue une étape obligatoire dans le cadre du processus de résolution définitive du conflit et d’instauration d’une paix durable sur notre territoire.
Élus, tous autant que nous sommes, montrons donc notre volonté sincère de parvenir à cette paix en participant d’abord à la prochaine manifestation du 10 novembre 2012, puis en usant de tous nos pouvoirs pour appeler les hautes autorités de l’Etat à ne pas manquer l’occasion de mettre fin à un des derniers conflits du Continent Européen.
Denak Baionarat, Azaroaren 10-ean.







