21/10/2012 22:43:00 Azkenak
Les souverainistes prennent le Parlement de Gasteiz
« Une certitude ce soir, le Pays Basque est pluriel mais il est abertzale» Avant même la diffusion des résultats, Andoni Ortuzar, député du Parti nationaliste basque (PNV), a insité sur la victoire du « bloc souverainiste » face aux « constitutionalistes » .
En occupant 64% du nouveau parlement de la communauté autonome basque (48 députés sur 75), les forces souverainistes bénéficient d’une large majorité à l’heure où la question des rapports avec le pouvoir central est sur la table.
En effet, s’ils divergent sur les propositions, aussi bien le PNV que la coalition abertzale de gauche EH Bildu ont répété au cours de la campagne que le «modèle institutionnel au Pays Basque est dépassé » et que « les Parlements de la CAB et de Navarre sont obsolètes ».
Si les résultats diffèrent selon les territoires, les souverainistes sont, en plus, majoritaires dans les trois provinces de la Communauté autonome basque.
Gueule de bois pour le gouvernement sortant
« Nous représentons plus de 51%.» En répétant, pendant les semaines de campagne, que les « forces constitutionnalistes » étaient majoritaires au Pays Basque, Antonio Basagoiti, candidat du parti populaire, s’est visiblement trompé. PSE, PP et UPyD n’occuperont en effet que 36% du Parlement de Gasteiz.
« Les résultats confirment que le précédent gouvernement était basé sur un mensonge ». En direct à la radio Info7, le journaliste Iñika Altuna a lui insisté sur le fait que le dernier gouvernement entre le Parti populaire (qui perd trois députés) et le PSE (qui en perd neuf) ne représente aujourd’hui que 34% du Parlement.
Gorka Maneiro, chef de file d’UPyD, réussit, lui, in extremis, à préserver son siège en Araba.
Le PNV imbattable
Alors qu’il avait dû laisser, pour la première fois de son histoire, sa place à Ajuria Enea (lieu de résidence du Lehendakari) à l’occasion des élections de 2009, le candidat du Parti nationaliste basque devrait être le prochain lehendakari. Avec 27 députés, le parti jeltzale devra pactiser avec le PSE (16 députés) ou la coalition EH Bildu (21 députés) pour gouverner. Pendant la campagne, Laura Mintegi (EH Bildu) a révélé à plusieurs reprises l’existance d’un pacte de gouvernement entre le PNV et le PSE sans que ceux-ci ne confirment l’information.
Malgré une baisse sensible du nombre de voix par rapport à 2009 (le parti perd un siège de député dans chaque province), le PNV a une nouvelle fois montré la solidité de sa base.
Ainsi, la liste menée par Iñigo Urkullu a maintenu ses bons résultats en Bizkaia et est redevenue la première force d’Araba.
En Gipuzkoa, la liste du PNV perd un siège, mais obtient le même nombre de députés que la coalition EH Bildu, première force dans la province.
La gauche abertzale dans l’histoire
La vague Bildu en mai 2011, Amaiur en novembre 2011 ne s’est pas arrêtée aux portes du Parlement de Gasteiz.
Avec 21 députés, la coalition abertzale de gauche Euskal Herria Bildu (qui rassemble la gauche abertzale, Eusko Alkartasuna, Alternatiba et Aralar) entre en force au parlement de la Communauté autonome basque pour sa première participation. Après les années d’illégalisation, les abertzale de gauche réalisent ainsi les meilleurs résultats de leur histoire.
Dans le Parlement élu en 2009, seuls cinq députés (4 pour Aralar, 1 pour EA) défendaient les idées abertzale de gauche.
En 2005, les différentes composantes d’EH Bildu (EHAK, Aralar et EA en coalition avec le PNV) étaient représentées par 14 députés.
Aujourd’hui, avec 28% de l’assemblée, les abertzale de gauche sont la deuxième force de la CAB. De quoi peser sur les questions de souveraineté mais aussi sur les décisions économiques et sociales dans le cadre d’accords ponctuels avec le PSE.
Antton ROUGET







