Sports - Rugby
Les ambitions sont intactes

20/10/2012
Marc DUFRECHE
S’il fallait reconnaître une qualité plus qu’une autre au Biarritz Olympique des années 2010, ce serait sans doute cette capacité d’être convaincu qu’à la fin ils sortiront gagnant d’une manière ou d’une autre, avec un titre ou une nouvelle qualification en H cup. Et cela quel que soit le chemin emprunté.
Habitué aux trajectoires biscornues depuis quelque temps, le Biarritz Olympique version 2012-2013 ne déroge pas à la règle. Les quatre succès de rang pour débuter le championnat ont été suivis de cinq défaites, quatre en Top 14 et une en ouverture de H Cup la semaine dernière au Harlequins. “A Londres, l’objectif était clairement de marquer un point de bonus défensif et d’empêcher les Harlequins de marquer le bonus offensif. C’était un échec sur les deux tableaux”, indique Jack Isaac, l’entraîneur biarrot.
Le fiasco inaugural londonien aurait pu avoir raison des ambitions biarrotes en coupe d’Europe. C’est loin d’être le cas au moment de recevoir les Zebre de Parme pour la seconde journée de cette Hcup. “Dans le club on n’a jamais fait de croix sur une compétition quelle qu’elle soit, explique le Biarrot Damien Traille. L’an dernier quand on était en grande difficulté l’objectif était de se qualifier pour la coupe d’Europe. On a bataillé toute une saison pour la jouer cette coupe d’Europe et ce n’est pas au bout d’un match qu’on va tout lâcher. C’est une compétition formidable à jouer.”
Premier, ce sera difficile
“Ca reste un vrai objectif, enchaîne le troisième ligne Wenceslas Lauret. Le club a toujours connu des phases finales en Coupe d’Europe.” “Je parle souvent de cycle en rugby, de rebond. Une bonne série peut vite s’enclencher, et inversement. Il faut jouer la carte du quart de finale à fond, rien n’est perdu pour la qualification”, poursuit le polyvalent Julien Peyrelongue
Comptablement, oui le BO est évidemment toujours en course pour une qualification. “Même si ça va être compliqué pour la première place”, estime à juste titre Peyrelongue. Il y a aussi la possibilité de finir meilleur deuxième. Une place qui est souvent attribuée à une équipe profitant de la présence d’une équipe italienne dans sa poule comme c’est le cas des Biarrots. A condition de faire le plein de point.
Dans cette poule 3 ces Italiens sont les Zebres de Parme et possèdent le profil idéal aujourd’hui pour relancer la machine biarrote (voir encadré). Julien Peyrelongue va droit au but : “Il va falloir aller chercher ces Italiens, proposer du jeu, se rassurer. Cela passe par cinq points, c’est impératif.” Pour y arriver, le discours est clair, pas de précipitation comme le demande Jack Isaac : “Ils n’ont rien à perdre. Défensivement ils sont bien en place. On doit rester patiente et ne pas s’enflammer à vouloir marquer trop rapidement.”
La disponibilité dans le jeu
Biarritz et son effectif ne devraient pas douter d’une victoire aujourd’hui à Aguilera face à des Italiens a priori bien plus faibles. Pourtant l’assurance en l’avenir lointain fait ici place à une méfiance du moment. “Ca fait cinq week-ends qu’on ne gagne pas. Ca met un peu de doute”, concède Damien Traille. Le derby perdu contre Bayonne, les deux lourdes défaites contre Toulon puis au Harlequins sont encore dans les têtes. Surtout, les deux dernières prestations ont vu un jeu biarrot se déliter. Question de niveau ? “On est au niveau, coupe Wenceslas Lauré. On l’a vu sur les premières mi-temps des Harlequins et Toulon. Après, en seconde mi-temps, on ne tient plus le ballon, on manque de patience, on fait n’importe quoi et on laisse alors filer le match.” “Notre discours cette semaine a été de se demander pourquoi on n’ose plus, indique Damien Traille. On l’a vu en début de saison quand on a joué contre Toulouse on ne s’est pas posé de questions. Les ballons, on les jouait, on se faisait plaisir et on était ambitieux. Aujourd’hui on monopolise trop de joueurs autour des rucks et on se retrouve à attaquer en sous nombre et c’est difficile. La disponibilité de chacun fera que l’on sera plus ambitieux et qu’on osera porter le ballon.”
A Londres il y a d’abord eu le coup de gueule de Serge Milhas pour toucher l’orgueil des joueurs biarrots. A entendre Wenceslas Lauret, le vestiaire n’est pas resté insensible : “quand on est mauvais il faut savoir se faire critiquer. On accepte si des fois ça ne nous fait pas plaisir d’entendre ça”. Pour ne pas rester seulement dans le négatif et redonner un soupçon de confiance à l’effectif, le staff biarrot a projeté cette semaine les images d’archives. Un montage vidéo avec des actions du début de saison. “Par rapport à ce qu’on produit aujourd’hui ça n’a rien à voir alors que ce sont les mêmes joueurs. Tout ça est un état d’esprit”, résumait à la sortie Damien Traille. “On y croit. On a envie de retrouver le parfum de la gagne, de se faire plaisir. De retrouver un vestiaire heureux”, conclu Julien Peyrelongue.
Les Zèbres de Parme encore en apprentissage
Les Zèbres de Parme sont nés sur les cendres des Hérons (Aironi), qui n’ont vécu que deux ans faute de rentabilité. La Fédération italienne (FIGC) gère directement le club par le biais d’une Société Anonyme et peut ainsi offrir du temps de jeu aux jeunes joueurs issus de son académie, un projet à long terme pour faire progresser le rugby italien. L’ailier Giovanbattista Venditti, 22 ans, trouvaille de Brunel au dernier Tournoi des six nations, où il a marqué deux essais, peut se rôder sous le maillot noir et blanc et acquérir du temps de jeu. “Les Zèbres ont un peu plus difficultés, admet Brunel, c’est une équipe qui s’est construite tardivement, beaucoup de joueurs n’avaient jamais joué à ce niveau. Mais sur les derniers matchs ils n’ont pas été loin de gagner ou de faire jeu égal, il leur manque encore quelques réglages.” La franchise fédérale est entraînée par Christian Gajan, un ami de Brunel, qui a contribué à sa venue en Italie. “Nous sommes une équipe toute nouvelle, ensemble depuis trois mois”, explique l’ex entraîneur de l’Aviron Bayonnais, précisant que “ce n’est pas une excuse, nous devons beaucoup travailler.” “Si on veut nous critiquer, qu’on le fasse librement, ajoute-t-il, mais dans tous les championnats européens, il y a maximum 4, 5 joueurs de 20-23 ans, or nous en avons beaucoup plus, et nos garçons n’ont pas encore la maturité sportive. Mais il faut les faire jouer, en acceptant les erreurs naturelles qu’à ce niveau l’adversaire te fait payer cher.” Le BO reste la seule équipe jamais battue en HCup en deux ans par feu les Aironi, 28-27 en 2010. Des biarrots battus également l’an dernier par Trévise (30-26) l’autre équipe italienne de cette Coupe d’Europe.







