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Culture

Pour un héritage linguistique et générationnel

19/10/2012

Cécile VIGNAU

“Donner à entendre et à écouter les différentes formes dialectales de la langue basque.” En quelques mots, le propos du documentaire Nire argazkia, de Jokin Etcheverria et Benjamin Duinat. Un documentaire qui sort en avant-première au Kafe Antzokia de Bilbo mercredi 24 octobre.

A l’origine, l’envie de donner un outil simple et divertissant pour aborder la question du basque au quotidien. Dans la pratique, les deux compères se sont retourné les méninges : “Comment traiter des formes dialectales de manière dynamique? De l’évolution de la langue entre les générations?” Pour aboutir à une construction narrative autour de la photo... en entrant dans le vif du sujet. Trois familles de Lekeitio, Azpeitia et Saint-Palais se sont prêtées au jeu de l’entretien, à partir de clichés de leur choix. La photo est perçue ici comme un point de départ de l’histoire. “La photo soulève les problématiques de la mémoire collective. Elle relie le passé avec le moment actuel. Le principe permet également d’entrer de manière intimiste chez les gens, toutes générations confondues”, étoffe J. Etcheverria. Et le binôme s’accorde pour affirmer ce qu’est l’essence du projet : “Les gens.” “Nous avons voulu éviter toute forme de sensationnalisme. Nous sommes des sculpteurs de mémoire plutôt que des voleurs d’images.”

Le projet et les choix engagés

Dans cette volonté de proximité avec les familles, B. Duinat et J. Etcheverria ont fait le choix de filmer à une seule caméra, à la main. Une façon de conférer “fraîcheur et réalisme” à ce premier documentaire réalisé en tandem. Afin de parfaire leurs choix, B. Duinat et J. Etcheverria sont allés à la rencontre d’Iñaki Gaminde, linguiste à l’université de Bilbo, également fil rouge du documentaire et acteur de l’aventure dans sa globalité, les entretiens avec les familles étant entrecoupés d’échanges avec le linguiste.

Avec J. Etcheverria à la réalisation et B. Duinat au scénario, les deux auteurs ne comptent pas en rester là et se dirigent vers une série de documentaires autour de cette même thématique : “Nous voulons un projet pérenne, tout en gardant cette idée de photos et de rencontres”, conclue B. Duinat.

En attendant, place à une avant-première attendue au Kafe Antzokia mercredi 24 octobre à 19h30. Une projection suivie d’un concert intergénérationnel, à l’image du documentaire, avec Urko Menaia, Beñat Achiary et Peio Erramouspe. Nire argazkia sera diffusé ultérieurement sur ETB, d’ici à 2013.

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