Pays Basque
«L’euskara est le ciment d’Euskal Herria”
19/10/2012
Béatrice MOLLE
Joseba Egibar est président du Gipuzko Buru Batzar (GBB), organe du PNV pour le territoire du Gipuzkoa. Il est pour ces élections autonomiques tête de liste de cette même province. Député sortant du Parlement de la Communauté autonome basque (CAB), il a également été pendant ces quatre dernières années le porte-parole du groupe parlementaire de son parti qui s’était retrouvé sur les bancs de l’opposition pour la première fois de son histoire parlementaire.
Quelle sera votre action en Pays Basque Nord concernant la politique linguistique de l’euskara ?
Pour nous, c’est une évidence, nous avons toujours apporté notre soutien par une aide financière aux provinces du Nord quand nous étions au pouvoir. Depuis l’accession au gouvernement basque du tandem PSE-PP, cette aide a été réduite et si nous revenons au pouvoir, nous la renforcerons. L’euskara est le ciment d’Euskal Herria, c’est pour nous un devoir politique et moral.
Si vous gagnez les élections, quelle sera votre position vis-à-vis de la revendication d’une collectivité territoriale en Pays Basque Nord ?
En tant que parti politique, nous nous identifions totalement à cette revendication. Iparralde n’a pas de reconnaissance institutionnelle et l’obtention du statut de collectivité territoriale serait de la part de l’Etat français une reconnaissance.
Autre débat qui secoue le Pays Basque Nord, la ligne à grande vitesse : de nombreux habitants y sont farouchement opposés. Quelle est votre position ?
Nous avons une définition très simple concernant ce dossier. Nous voulons qu’Euskadi soit en connexion avec les grandes lignes d’Europe. Depuis que l’homme est homme, il traverse les Pyrénées et il faut une connexion entre le Nord et le Sud, l’Europe passe par là Ce sont les voies du futur et le train à grande vitesse sera le moyen de communication le plus adéquat pour les voyageurs et les marchandises. Euskadi doit être présente.
Certains observent durant cette campagne que vous êtes pour le moins discret sur la notion de droit à l’autodétermination…
Nous proposons un nouveau statut pour 2015 qui contient le droit à décider. Car il y a le droit à décider et l’exercice de ce droit. D’ailleurs, à ce sujet, il faudrait que Bildu atterrisse, car à la différence de l’Ecosse, des Flandres, où une consultation peut se dérouler en toute normalité, ici, en Espagne, tant Rajoy que González disent que c’est interdit. C’est même un délit.
Depuis 2004, il y a un nouveau statut [allusion au plan Ibarretxe, ndlr] qui a été approuvé par la majorité absolue du Parlement basque et qui décline le mode d’emploi.
Etes-vous en faveur ou non de l’implication du gouvernement français dans la résolution du conflit ?
Le rôle de l’Etat français peut être très important, car l’Etat espagnol, pour le moment, est en situation de blocage. Et le gouvernement français peut jouer un rôle très important par rapport à la fin d’ETA, notamment en ce qui concerne le dépôt des armes.
Les sondages prévoient une victoire de votre parti et une deuxième place pour EH Bildu. Y aura-t-il un pacte entre ces deux forces abertzale ?
Ce sont les électeurs qui nous diront ce qu’ils veulent. Si le PNV gagne, il a deux choix : soit constituer un gouvernement d’alliance, soit réaliser des accords parlementaires ponctuels avec les autres forces politiques. Cela pourrait être une voie. Quant à un pacte avec Bildu, il faudrait que Bildu atterrisse, bien qu’ils se disent de gauche, on ne sait pas où ils sont. De plus, Bildu et sa principale composante, la gauche abertzale, ont combattu le système institutionnel dans lequel ils veulent maintenant rentrer. Que feront-ils avec l’ertzaintza qu’ils traitaient il y a encore quelques mois de “cipayos” [mercenaires indiens qui servaient les armées anglaises, françaises et portugaises, ndlr]. Et le “concierto económico” [accord économique et fiscal entre Euskadi et l’Etat espagnol, ndlr] auquel ils étaient opposés ? Au final, ce sont les électeurs qui auront la clé de l’avenir.







