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Pays Basque

«Nous amplifierons l’aide à l’euskara”

19/10/2012

Béatrice MOLLE

Laura Mintegi est tête de liste de la coalition EH Bildu, regroupant la gauche abertzale, EA, Aralar et Alternatiba. Elle souhaite incarner une autre façon de faire de la politique, plaçant le consensus au centre de son discours. Consensus de toutes les forces politiques, qu’elle estime notamment nécessaire concernant le droit à décider. Nous l’avons interrogée sur les problématiques touchant plus particulièrement le Pays Basque Nord.

Si vous gagnez les élections, de quelle manière comptez-vous appuyer la politique linguistique en faveur de l’euskara au Pays Basque Nord ?

Les gouvernements antérieurs ont développé une politique d’aide à l’euskara et également à toutes les actions reliées à la culture et à la langue. Le gouvernement basque a eu des attitudes d’aide aux groupes sociaux et civils qui prennent en charge le développement de l’euskara en Pays Basque Nord. Je pense que nous devons suivre cette ligne et continuer cette politique, mais en l’amplifiant. Il faudra impulser un accord politique afin d’aider la langue basque dans n’importe quel territoire où sa survie est en danger. Nous mettrons tous les moyens que nous avons à notre disposition pour favoriser cette aide.

Il y a en Pays Basque Nord une forte opposition à la LGV. Le projet se développe également au Sud. Quelle est votre position ?

J’appuierai toutes les initiatives des citoyens qui iront dans le sens de l’application d’un moratoire. Même si c’est le Pays Basque Nord qui doit prendre les décisions la concernant. Je ne crois pas aux décisions externes, mais je remarque qu’il y a une forte opposition à ce projet au Pays Basque Nord. En Pays Basque Sud, nous souhaitons également un moratoire car nous ne voulons pas investir dans une infrastructure dont nous ne sommes même pas sûrs qu’elle s’achèvera un jour.


Quelle est votre opinion par rapport au débat qui traverse le territoire du Pays Basque Nord à propos de la création d’une collectivité territoriale ?

Je vois et suis avec beaucoup d’intérêt cette initiative de la part de l’ensemble des citoyens du Pays Basque Nord. C’est aussi un modèle et une voie à suivre, une façon de travailler qui interpelle. Car les personnes qui se sont battues pour la création de cette collectivité territoriale sont arrivées à obtenir un consensus entre des forces politiques et sociales différentes. Ils ont impliqué dans la demande de cette reconnaissance des acteurs sociaux comme les syndicats, les associations. Oui, vraiment, c’est un modèle à suivre et la manière de les appuyer serait de créer ce même type de dynamique d’accord dans notre propre communauté.


Concernant la résolution du conflit, quel rôle peut jouer le gouvernement de Gasteiz dans un possible changement d’attitude du gouvernement français ?

L’Etat français et l’Etat espagnol ont été interpellés par la propre organisation ETA pour initier une série de conversations concernant la résolution du conflit. Ce n’est pas seulement le gouvernement espagnol qui doit répondre, mais aussi le gouvernement français. Si nous accédons à la présidence du gouvernement de Gasteiz, nous demanderons au gouvernement français de répondre à l’invitation lancée par ETA pour en finir avec les conséquences du conflit armé. Notamment sur la question des prisonniers.


Les précédents gouvernements de Gasteiz ont eu des relations institutionnelles avec le Pays Basque Nord, via les relations Aquitaine-Euskadi. Poursuivrez-vous cette manière de travailler et cette collaboration ?

Toutes les relations sont positives, si ces relations poursuivent dans le même temps un objectif final clair. Il faut savoir quelle est la finalité de ces relations Aquitaine-Euskadi. Nous, en tant qu’EH Bildu, notre ultime objectif est d’arriver à obtenir une Euskal Herri unie avec des institutions propres dans le cadre de l’Europe. Au-delà de ces élections, nous travaillons pour cela. Donc ces relations avec l’Aquitaine peuvent être importantes et intéressantes, et elles le sont. Mais toujours avec notre objectif en ligne de mire, une Euskal Herri unifiée et libre dans le cadre de l’Europe.

 

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