RSS
Index > Edition papier > Sports

Sports - Pelote

«Etre le représentant des clubs»

p008_01_43214.jpg

19/10/2012

Marc DUFRECHE

Jean-Michel Garayar est l’un des deux candidats à la présidence de la Ligue de pelote du Pays Basque (LPPB). Le scrutin aura lieu à Hasparren le 27 octobre et l’on saura ensuite qui de Philippe Carricart ou Jean-Michel Garayar présidera la puissante ligue pendant quatre ans. S’il est un homme neuf à ce niveau, Jean-Michel Garayar est accompagné de 16 sortants, dont le président, Adrien Camino, en numéro deux sur la liste. Le président d’Endaiarrak s’en explique et défend sa vision d’une nouvelle organisation au sein de la LPPB s’il venait à être élu.

Comment s’est décidée cette candidature ?

Quand Adrien Camino a annoncé son départ officiellement, il n’y avait aucune candidature déclarée. J’ai commencé à réfléchir. J’ai été voir Adrien Camino pour qu’il m’explique le fonctionnement et la charge de travail que ça représentait. On s’est vus trois fois et lorsque je me suis décidé, je lui ai posé une question essentielle pour moi : es-tu prêt à repartir à condition de prendre un poste important comme la commission sportive ou le secrétariat général qui demande une présence physique et une bonne connaissance des rouages ? Il m’a donné son aval et également 16 personnes qui étaient avec lui au comité directeur. La Ligue doit être le reflet des clubs, alors j’ai appelé tous les présidents des clubs les plus structurés. Les retours ont été très longs. Je voulais boucler fin juillet et j’ai finalement bouclé début septembre. Le leitmotiv principal est d’être le représentant des clubs. C’est ce qui m’a poussé à me présenter.

Pourquoi cette démarche avec celui qui fut président pendant plus de 20 ans ?

Le bénévolat, la gestion de trois employés et la situation géographique du siège à Hasparren : je ne peux pas être le président qu’il a été, en disponibilité, en temps et en proximité. Je serais obligé de travailler différemment. Je voulais générer une équipe qui connaissait les rouages et qui peut m’aider avec une équipe nouvelle de manière à apporter d’autres points de vue sur la pelote.

Avec autant de personnes dans votre liste venant du comité directeur sortant, vous vous inscrivez dans une sorte de continuité.

Philippe Carricart annonce une moyenne d’âge record de 43 ans. On a une moyenne d’âge de 47 ans avec 24 nouveaux. J’estime que nous sommes aussi jeunes. Nous avons en plus des gens compétents et qui connaissent les dossiers. C’est pour ça que je m’appuie sur eux. On a beau connaître le fonctionnement des clubs et des championnats, quand on rentre à l’intérieur de la Ligue, on découvre beaucoup de choses. La Ligue est, par exemple, membre du comité départemental, membre de la Ligue d’Aquitaine, et ce sont des représentations importantes car on y défend les financements. Il y a des gens compétents qui connaissent le système et savent travailler ces dossiers. Si vous n’avez pas des hommes qui connaissent les rouages, vous pouvez vous planter et là, ça se répercute directement sur le budget de la Ligue. Et une subvention qui saute, c’est tout de suite du déficit sur le compte d’exploitation.

Comment jugez-vous le bilan d’Adrien Camino ?

Il a un bilan positif quand on voit le fonctionnement de la Ligue actuel, sa santé financière, le nombre de licenciés qui ne cesse de croître.

Pourtant, on n’arrête pas d’entendre que la pelote va mal.

Ce n’est pas du fait du fonctionnement de la Ligue. Il y a un travail qui est à faire dans les clubs. La Ligue et la Fédération doivent impulser le mouvement, mais si les clubs ne se structurent pas, ne font pas leur travail sur leur implantation géographique, ça ne marche pas. Aider les clubs par du soutien au niveau de la formation des bénévoles ou par des appuis techniques est un des gros objectifs de notre programme. Il faut peser les besoins, analyser les demandes, aller chercher les budgets pour pouvoir réaliser les choses. Beaucoup de clubs sont structurés et font déjà des efforts, mais c’est vrai que nous sommes en retard par rapport à des sports plus puissants, tout simplement. On doit pouvoir passer à un niveau supérieur.

Depuis 1976, il n’y avait plus eu deux listes concurrentes pour des élections à la Ligue. Pourquoi est-ce le cas aujourd’hui en 2012 ?

J’étais le premier à me déclarer. Philippe Carricart m’a appelé pour me rencontrer et on s’est vus une première fois. Lui, étant déjà en place à la Ligue et à la Fédération en tant que vice-président en charge de la main nue, disait qu’il fallait absolument constituer une équipe à la Ligue avec une relation très directe avec la FFPB. Pour moi, au contraire, la Ligue doit être le reflet des clubs et doit rester indépendante. La Fédération se chargeant de fédérer les Ligues, comme c’est son rôle. Nous avions là une grosse divergence.

C’était si difficile de s’entendre et de trouver une entente ?

Personnellement, avec Philippe, j’avais des divergences. Mais il faut dire la vérité, on était prêt à essayer. Mais ensuite sont venues se greffer des querelles de personnes. Notamment entre Philippe Carricart et Adrien Camino. Moi, je passais au-dessus de ça, mais les personnes concernées dans ces miniconflits en tenaient compte dans leurs décisions.

En parlant de relation Camino-Carricart, le second a fustigé la position du premier en constante opposition aux idées de la FFPB. Qu’en pensez-vous ?

Adrien Camino a été vice-président de la FFPB de fait parce que la Fédération a toujours voulu, en raison de l’importance de la LPPB, nommer le président de la Ligue comme l’un de ses vice-présidents. A la fédération, Adrien Camino a avant tout un rôle de représentation des clubs. Il n’est pas là pour les intérêts de la Fédération. Quand il s’est opposé à la FFPB, c’est parce qu’il défendait les intérêts des clubs du Pays Basque. Dire qu’il s’est systématiquement opposé est en plus complètement faux. Il est même chargé de mission à la FFPB.

Pourquoi existe-t-il autant de “guéguerres” entre les personnes dans le monde de la pelote basque où pourtant il n’y a aucun intérêt financier en comparaison d’autres sports ?

Il y a toujours eu celles entre spécialités, le jeu consistant à privilégier sa spécialité au détriment des autres. Ce qui est ridicule. A une époque, il y a eu l’intérieur contre la côte. Mais il y a surtout cette organisation à la Ligue qui fait qu’une personne peut penser prendre la meilleure décision possible en toute bonne foi et pourtant faire une grosse bêtise. Derrière, ça engendre des conflits de personnes au détriment de l’intérêt général. Je veux justement permettre aux membres de travailler sereinement et éviter des erreurs de jugement sur des prises de décisions délicates qui se trouvent souvent à la source de ces conflits de personnes.

Quelle est cette organisation dont vous parlez ?

Le plus gros du travail d’une ligue est d’organiser toutes les compétitions du territoire. J’ai remarqué dans l’organigramme de la Ligue qu’il y a des minicommissions par spécialité. Je prends l’exemple de la paleta gomme. Chez les hommes, il y avait une commission paleta gomme creuse trinquet, une commission paleta gomme pleine trinquet, une commission paleta gomme pleine place libre, etc. Chaque fois, une seule personne pour décider et faire seule le gros du travail. L’idée est de créer des commissions plus importantes et bien sûr d’en avoir moins. Pour mutualiser les compétences, permettre aux gens d’avoir moins la tête dans le guidon au quotidien. Il faut libérer ces bénévoles du poids de l’organisation des compétitions et leur permettre d’avoir des idées plus claires et des débats plus évolués sur l’avenir de la pelote.

La réorganisation promet d’être importante si vous gagnez ?

C’est pour ça que je ne veux aucune autre charge. Je dois être l’animateur de ce projet de “réorganisation” de cette nouvelle structure.

Vous avez été élu en 2012, nous sommes en 2016 : où en est la LPPB ?

Si on a une liste avec 24 nouveaux, c’est pour la faire évoluer, sinon, ce n’est pas la peine. Il y a l’organisation, mais aussi la communication, les échanges avec Hegoalde concernant les spécialités traditionnelles ou en perte de vitesse. Si on communique beaucoup mieux, on peut aussi aller chercher du partenariat privé. Tout est lié. La pelote féminine s’est encore développée. Il y a une journée de promotion de la pelote et de la Ligue, comme le fait pour le rugby le Comité côte basque-Landes le 1er mai.

Quelles sont ces spécialités en danger ?

Dans la pelote, il y a des spécialités internationales avec des compétitions à différents niveaux. La Ligue a la particularité d’avoir des spécialités traditionnelles. Joko garbi, rebot, pasaka, sont toujours gérées en compétition. Il faut se demander si un Championnat du Pays Basque et de France de rebot est vraiment le top du top. Est-ce qu’une compétition ouverte avec des équipes de l’autre côté (Pays Basque Sud) et une sorte de challenge du Pays Basque ne serait pas l’avenir des spécialités traditionnelles. Le joko garbi est essentiellement joué ici et il est en perte de vitesse au niveau des jeunes. Du joko découle le rebot. Il y a urgence.

Que pensez-vous de ce mode de scrutin faisant une confiance aveugle aux présidents lors du vote dans l’isoloir ?

C’est le règlement fédéral. Au début où j’étais président d’Endaiarrak, il y a eu des élections fédérales. Dans le club, on a fait un vote interne à bulletin secret. J’ai été mandaté en tant que représentant du club pour aller voter. J’ai demandé qu’un témoin m’accompagne pour qu’il s’assure que je respecte le vote du club. La fédération nous a interdit de rentrer à deux dans l’isoloir.

 

inprimatu