Pays Basque
Lasserre et Brisson veulent mettre la pression pour dépasser le statu quo

13/10/2012
Giuliano CAVATERRA
Au lendemain de la réunion entre une délégation du Pays Basque et la ministre de la Réforme de l’Etat, une conférence de presse avait lieu vendredi à Bayonne pour faire un compte rendu de la rencontre. Jean-Jacques Lasserre et Max Brisson ont profité de ce rendez-vous, auquel aucune des membres socialistes de la délégation n’était présente, pour s’affirmer et s’engager clairement et fortement en faveur d’une évolution institutionnelle pour le Pays Basque. En ce qui concerne M. Brisson, secrétaire départemental de l’UMP, ce discours offensif en faveur d’une collectivité est un élément nouveau dans le débat. Pour preuve de leur volonté de faire avancer ce dossier, les deux hommes ont estimé qu’il fallait “lier l’avancée sur le dossier institutionnel à la signature de la prochaine convention” (entre Etat, Région, Département et “pays” Pays Basque), selon les mots de J.-J. Lasserre.
Pression sur le gouvernement
Le conseiller général UMP de Biarritz, M. Brisson, a été encore plus clair : “Parler de reconnaissance ne peut se réduire pour nous à la signature d’un troisième contrat” et il précise qu’“il n’est pas opportun de rentrer dans un troisième contrat tant qu’un volet Pays Basque ne sera pas compris dans l’acte III de la décentralisation”. Cette position “personnelle” du président du Conseil des élus et du conseiller général biarrot pourrait être présentée prochainement par J.-J. Lasserre au conseil d’administration du Conseil des élus. “Certains diront que c’est du chantage ; pour moi, il s’agit d’un moyen de pression”, précise M. Brisson.
Celui-ci a également estimé que le dispositif actuel n’offrait plus “une réponse suffisante” aux attentes du territoire. “On ne peut s’engager sur un statut aussi léger que l’actuel”, estime pour sa part J.-J. Lasserre, qui pointe du doigt également le statut associatif du “pays”. Le sénateur rappelle que les représentants du dispositif Conseil des élus/Conseil de développement ne siègent même pas dans des organismes qui sont pourtant au départ issus de celui-ci. Il pointe aussi du doigt le problème du financement et des “subventions qui se perdent”. Pour M. Brisson, le dispositif actuel “a bien fonctionné pendant 20 ans”, mais qu’il faut passer à autre chose.
Car au moment où l’on presse les acteurs du “pays” de signer une nouvelle convention, les deux hommes s’inquiètent d’une non-prise en compte du Pays Basque dans la future loi. “Il n’est pas imaginable que l’Alsace ou la Corse aient un volet spécifique et pas le Pays Basque”, clament-ils. “On nous dit que ce sera au travers du travail parlementaire que nous pourrons ajouter un volet Pays Basque à la loi de décentralisation”, indique M. Brisson. “Or si la proposition ne vient pas du gouvernement ou si le travail parlementaire ne se fait pas avec l’accord du gouvernement”, il y a peu de chances que la démarche aboutisse, selon lui.
Le débat se poursuivra sans doute lors de la prochaine étape : l’assemblée générale du Conseil des élus du 22 octobre.
O. Dartigolles (PCF) veut un débat public
Au moment où une délégation composée de membres du PS, de l’UMP, de centristes et d’abertzale se rendait à Paris pour promouvoir une collectivité Pays Basque, le PCF faisait entendre sa voix à Bayonne. Et pour les communistes des Pyrénées-Atlantiques, la démarche entamée par le Conseil des élus et le Conseil de développement en faveur d’une collectivité territoriale propre au Pays Basque masque “une opération politicienne” en vue des élections municipales de 2014. Pour le PCF, qui réclame l’abrogation de la loi de 2010, la réponse la plus adaptée aux problématiques posées dans la partie basque du département reste le “pays”. “Un ‘pays’ revivifié, avec sans doute plus de financements”, précise Olivier Dartigolles, élu palois et porte-parole hexagonal du PCF. Ce dernier réclame “un débat public” sur la question. “Je suis prêt à débattre avec les partisans de la collectivité, qu’ils soient de droite ou de gauche, et je démontrerai que le ‘pays’ est plus adapté que la collectivité”, clame-t-il. “Il faut arrêter avec les slogans et avoir un vrai débat de fond”, ajoute-t-il.







