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Sports - Rugby

«En H Cup, on ne joue que pour gagner. Alors jetons-nous là-dedans sans retenue.»

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13/10/2012

Entretien avec Serge MILHAS / Entraîneur du Biarritz Olympique Pays Basque

Le BO entame sa campagne européenne aujourd’hui au Stoop de Twickenham, là même où ils ont remporté le Challenge européen l’an dernier, ce qui leur a ouvert les portes de la H Cup. Ce premier rendez-vous a lieu sur la pelouse des Harlequins de Londres, “le favori de la poule”, selon Serge Milhas. L’entraîneur des avants biarrots, remonté contre l’arbitrage dans le Top 14, est “content de passer à autre chose” avec le début de cette H Cup. Pour y gagner le droit de disputer un quart de finale au printemps, Milhas demande à ses joueurs “d’oser prendre les initiatives quelles que soient les circonstances et les conditions. En H Cup, on ne joue que pour gagner. Alors jetons-nous là-dedans sans retenue”.

Peut-on considérer les Harlequins comme vos premiers adversaires dans cette H Cup comme les rivaux numéros 1 du BO en vue d’une qualification ?

C’est plus qu’un rival, c’est le grand favori de la poule. Si on a envie d’exister dans cette Coupe d’Europe, il faut déjà batailler contre le grand favori, autrement, ce n’est pas la peine. C’est le premier match. On sait bien que sur six matchs, c’est très compliqué si on pense à côté une fois. Essayons de ne pas passer à côté. Le résultat n’est que la conséquence de l’investissement que l’on met pendant le match.

Comment présentez-vous cette équipe des Harlequins de Londres ?

C’est le champion d’Angleterre, qui a affiché de grosses ambitions. C’est une équipe qui a gagné ses quatre premiers matchs et qui a perdu ses deux suivants. Comme nous qui en avons perdu quatre. C’est une bonne équipe avec des joueurs clés aux postes clés. En huit, neuf, dix et 15, c’est ce qui se fait de mieux dans le championnat anglais avec Nick Easter, Danny Care, Nick Evans et Mike Brown. C’est vraiment très bon avec les spécificités du rugby anglais. Ils aiment beaucoup tenir la balle. Ils sont très performants. Ils ont une défense agressive. Quand on les voit jouer, on se dit que ça va être compliqué. Mais c’est bien que ce soit une grosse équipe. De toute façon, en H Cup, il n’y a que des grosses équipes. On est bien placé pour savoir que même les Italiens, ce n’est pas si simple. Mais c’est bien pour nous, on n’a pas le temps de s’apitoyer sur notre sort. On verra si on a du caractère, ce qu’on a dans le ventre après la semaine qu’on vient de passer.

Pourquoi ? Les deux dernières semaines avec deux défaites à domiciles contre Bayonne et Toulon ont été difficiles ?

Pour moi, c’est Montpellier qui me gène*. Quand une personne me dit ‘Ce qui s’est passé à Paris, ça équilibre votre match de Montpellier’ (on parle de l’arbitrage, bien sûr), ça me rend fou. La communication qui a été faite autour de Montpellier, on l’a payée terriblement à Castres, à Paris et dans le derby contre Bayonne. Si vous voulez je vous montre les matchs en détail, vous allez voir ce qui s’est passé. Mais bon, on doit passer à autre chose. Le match de Toulon, même si il y a 36 points encaissés, tout n’était pas à jeter. On a joué une équipe hyperstructurée, hyperefficace, où il n’y a rien à jeter chez eux.

Passer dans un contexte européen avec un arbitrage différent doit donc aujourd’hui vous satisfaire…

C’est pour ça que je suis content de passer à autre chose. Ça va, j’espère, nous remettre sur le bon chemin. Mais bon, on apprend encore. L’équipe est encore jeune. Elle doit gagner rapidement en maturité.

Le Stoop évoque forcément un bon souvenir pour le BO avec une finale gagné l’an dernier en Challenge européen.

Je ne vis pas dans le passé. Les souvenirs, ça sera quand je serai dans mon canapé, devant un feu de bois et que je ne pourrai plus marcher correctement. J’ai envie de voir devant. C’est ce qui me fait avancer.

Face à une équipe joueuse comme les Harlequins, faut-il attendre en défense et contrer ou faut-il les priver de ballons ?

C’est notre Super 15. On n’a rien à perdre. Si on perd, on s’arrête au mois de janvier. C’est tout. C’est une compétition où l’on joue uniquement pour gagner. Et pour gagner, il faut oser prendre les initiatives quelles que soient les circonstances et les conditions. Il ne faut pas que subir et laisser la totale initiative à l’adversaire car là, on est sûr de passer à côté. En H Cup, on ne joue que pour gagner, alors jetons-nous là-dedans sans retenue.

Si l’on revient à Toulon. Comment expliquez-vous que cette équipe soit si bien réglée si tôt dans la saison ?

Ils ont des joueurs d’une qualité exceptionnelle. Il y a la compréhension du jeu, mais aussi la qualité technique. Les joueurs ne se trompent jamais techniquement par rapport à la situation qu’ils voient. Nous, nous avons trop de déchets à ce niveau. Toutes nos erreurs sont payées cash et sur tout ce qu’ils ont créé – beaucoup moins que nous –, ils ont marqué.

Le geste juste au bon moment, le BO en est où à ce niveau ?

On n’a pas Wilkinson, Giteau, Armitage… Il faut tout relativiser. Même si le score est très lourd, on a rivalisé dans le contenu. Après, on n’a pas la qualité technique et l’analyse de ces joueurs-là. Il y a aussi que Wilkinson à 34 ans, Botha en a 36, Giteau 32. Nos joueurs ont pour la majorité 22, 23 ou 24 ans, donc donnons-leur un peu de temps et j’espère qu’ils y arriveront…


Marc DUFRECHE


1 Le BO l’emporte ce jour-là en prenant le large au score alors que Montpellier évolue à 13 après deux cartons jaunes que beaucoup ont jugés sévères.

 

Le match

Aujourd’hui 19h00 (Sport +) au Twickenham Stoop     de Londres.
       
Harlequins de Londres
Brown - T. Williams, Hopper, Turner Hall, Monye - (o) N. Evans, (m) Care Easter, Robshaw, Fa’asavalu - Robson, Kohn - J. Johnston, Buchanan, Marler. Remplaçants : Ward, Lambert, Collier, Matthews, Guest, Dickson, Botica, Stegmann.

Biarritz Olympique
Balshaw - Ngwenya, Haylett-Petty, Burotu, Brew - (o) Berquist, (m) Lesgourgues - Grays, Lauret, M. Lund - Dubarry, E. Lund - Gomez Kodela, Heguy, Barcella. Remplaçants : August, Blaauw, Synaegel, Taele, Guyot, Peyrelongue, Traille, Baby.

Arbitre : George Clancy (IRL).

 

Heineken Cup 2012-2013

Les groupes
Poule 1 : Munster (IRL), Edimbourg (SCO), Saracens (ENG), Racing Métro (FRA).
Poule 2 : Toulouse (FRA), Leicester (ENG), Neath-Swansea Ospreys (WAL), Trévise (ITA).
Poule 3 : Biarritz (FRA), Harlequins (ENG), Connacht (IRL), Zèbres Parme (ITA).
Poule 4 : Northampton (ENG), Ulster (IRL), Glasgow (SCO), Castres (FRA).
Poule 5 : Leinster (IRL), Clermont (FRA), Llanelli Scarlets (WAL), Exeter (ENG).
Poule 6 : Cardiff Blues (WAL), Toulon (FRA), Sale (ENG), Montpellier (FRA).

La formule
Première phase : les 24 équipes (six anglaises, sept françaises, trois galloises, quatre irlandaises, deux écossaises et deux italiennes) ont été réparties en six poules de quatre. Le premier de chaque poule et les deux meilleurs deuxièmes sont qualifiés pour les quarts de finale. Les trois meilleurs deuxièmes “suivants” sont reversés en quarts de finale du Challenge européen. Le décompte : chaque victoire rapporte quatre points, un nul deux points, une défaite zéro point. Un point de bonus est attribué à toute équipe ayant inscrit au moins quatre essais et/ou battue par un écart inférieur ou égal à sept points. Les quarts de finale : à l'issue de la première phase, les équipes seront classées de 1 à 8 selon le nombre de points qu'elles ont remportés. Les quarts de finale opposeront le N.1 au N.8, le N.2 au N.7, le N.3 au N.6 et le N.4 au N.5. Les équipes classées de 1 à 4 reçoivent.

Le calendrier
Saison régulière : du 12 octobre au 20 janvier 2013. Quarts de finale : 5 au 7 avril 2013. Demi-finales : 27 et 28 avril 2013. Finale : 18 mai 2013 à Dublin (Aviva Stadium).

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