Pays Basque
Ramuntxo Garbisu sur les pas de Jakes Abeberry

12/10/2012
Giuliano CAVATERRA
Le cinéma Le Royal de Biarritz projettera ce soir à 19 heures un documentaire intitulé Sur les pas de Jakes, un portrait de Jakes Abeberry. Réalisé par Ramuntxo Garbisu, ancien directeur du cinéma l’Atalante, ce documentaire de 1h20 retrace l’action du militant abertzale, de l’éditorialiste d’Enbata, de l’élu biarrot et du passionné de danse qu’est Jakes Abeberry.
Le film est divisé en divers chapitres (l’abertzalisme, Biarritz, la danse, la question de la violence politique…), chacun entrecoupé de séquences d’images et le tout agrémenté de nombreux témoignages plutôt élogieux à l’égard de Jakes Abeberry.
Car c’est un portrait en forme d’éloge qu’a dressé R. Garbisu. Un parti pris assumé par le réalisateur. “J’ai décidé de faire un portrait et non le portrait”, affirme R. Garbisu, qui rappelle qu’en 2013, à l’occasion des 50 ans du mouvement Enbata, d’autres projets devraient voir le jour.
“Je voulais raconter une histoire et au travers d’elle, restituer une période”, raconte R. Garbisu. Pourquoi J. Abeberry ? “Je trouvais ce personnage intéressant parce que je le croisais autant dans les cocktails d’événements culturels à Biarritz qu’à des procès où l’on risquait coups de matraques et gaz lacrymogènes”, explique-t-il.
Mais pour lui, le projet a des raisons plus intimes : “Sur les pas de Jakes est alors né d’une intuition, celle de remonter avec lui ces fragments du passé qui commençaient à me manquer, à la manière d’un exilé sur son propre sol”, explique-t-il sur son blog (yallah-yallah.net).
Autre parti pris étonnant : la durée du film, 1h20, alors qu’un documentaire télé dure en général 52 minutes. “Je n’avais aucune commande”, plaisante R. Garbisu. Car, c’est à souligner, la démarche est totalement gratuite de sa part. On peut pourtant mesurer le tour de force accompli. Car avec 700 euros de budget en tout et pour tout (une subvention d’Eusko Ikaskuntza), le réalisateur, au chômage, s’est débrouillé avec les moyens du bord.
Le résultat est pourtant là et on ne s’ennuie pas durant le film, accessible à tous y compris à ceux qui ne connaissent rien à l’abertzalisme. Tout le monde peut y apprendre des choses et y trouver son compte, y compris les adversaires politiques de J. Abeberry. Ne serait-ce que pour les images d’archives, dont certaines sont inédites, pour l’intéressé lui-même.







