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Pays Basque

Nicolas Béniès : “Il aurait fallu un grand débat public sur le nouveau traité”

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10/10/2012

Giuliano CAVATERRA

Hier l’Assemblée nationale a approuvé la ratification du traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG). Partis de gauche, syndicats et des associations comme Attac critiquent le traité, car ils le trouvent antidémocratique tant dans son contenu que dans la façon dont il va être adopté dans l’Etat français. Ils le qualifient également de non-sens économique, surtout en tenant compte de l’actuelle situation de crise économique. Vendredi dernier le Collectif local pour un Audit Citoyen de la dette (Cac 40-64) organisait une réunion avec l’économiste Nicolas Béniès, qui fait partie des 120 économistes signataires d’un texte contre le TSCG (Le Monde du 3 octobre) et membre du collectif les Economistes atterrés (www.atterres.org).

Pour l’économiste avec ce nouveau traité on “passe à côté de la démocratie”. “C’est un sujet qui aurait mérité un grand débat voire un référendum” affirme N. Béniès. Car ce traité en contraignant les Etats à ne pas dépasser 0,5 % du PIB (produit intérieur brut, la richesse d’un pays ndlr) pour leur déficit public, va avoir des conséquences directes sur l’ensemble des citoyens. “D’autant que par déficit public, on n’entend pas seulement celui de l’Etat mais aussi ceux de la sécurité sociale et des collectivités territoriales”. Il aurait donc fallu, selon lui, comme pour les associations opposées à la ratification organiser “un grand débat public”. Eliane Piboulau-Blain conseillère municipale de Bayonne et membre d’Attac en appelle au bon sens : “c’est le devoir de l’Etat de mettre en débat les grandes questions qui engagent l’ensemble de la société”. “A-t-on peur de confronter les décisions gouvernementales à la sagesse populaire ?”, se demande-t-elle.

Pour Nicolas Béniès, le traité n’est pas démocratique non plus dans son contenu. “C’est la Commission européenne qui va décider si les Etats respectent ou non les critères de déficit. C’est également  elle qui va contrôler l’émission de dette des Etats. Ainsi, la Commission qui n’est pas un organe élu par les citoyens, va passer par-dessus les parlements nationaux qui eux le sont”.

Au-delà du caractère “antidémocratique” qu’il confère au traité, Nicolas Béniès le critique également sur le plan économique.

“La majorité des économistes trouvent que les politiques d’austérité sont une mauvaise réponse” à la crise économique, “or le traité européen légitime ces politiques d’austérité”, affirme N. Béniès. “Actuellement en France le déficit public représente à peu près 5 % du PIB, il va falloir le réduire à 0,5 %. Pour arriver à ce résultat il y a deux possibilités : augmenter les recettes (notamment impôts et taxes), ce qui est lent et difficile, surtout en ce moment, et réduire les dépenses. Réduire les dépenses ce qui implique plus d’austérité, alors qu’en ce moment c’est le contraire qu’il faudrait faire. Même Jean-Luc Gréau, l’économiste du Medef a déclaré dans l’Expansion qu’il fallait augmenter les salaires et tourner le dos à l’austérité”.

Pour l’économiste, “on marche sur la tête et pour remettre l’Europe sur deux pieds, l’un démocratique et l’autre social, il faut que les sociétés fassent pression pour tout renégocier”.

Quant à E. Pibouleau-Blain, elle envisage déjà la prochaine étape qui consistera selon elle à “résister aux coupes budgétaires” et à faire pression pour “trouver l’argent là où il y en a : chez la finance internationale.”

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