RSS
Index > Edition papier > Pays Basque

Pays Basque

Le pari des logements sociaux pour garantir le dynamisme des zones rurales

p004_01.jpg

09/10/2012

Antton ROUGET

A Saint-Jean-de-Luz, Ciboure ou Anglet : les opérations de l’Office 64 de l’habitat se multiplient dans les zones à forte pression foncière. Pourtant, samedi, c’est à Arbérats, dans le canton d’Amikuze, que Jean-François Maison, président du constructeur de logements sociaux, a inauguré, aux côtés de Georges Labazée, président du Conseil général, et du maire de la commune, Sauveur Bacho, un nouveau lotissement. “Elizatia” : une résidence de dix logements sociaux en plein cœur du village de 320 habitants.

“A l’échelle du département, 70 à 80 % de la population répondent aux critères du logement social.” Loin des a priori sur le sujet, Philippe Etcheverria, directeur général de l’Office 64 de l’habitat, indique que la demande en milieu rural est “identique” au reste du territoire. C’est pourquoi, défend-il, “malgré la raréfaction des crédits”, l’Office 64 est le seul opérateur à avoir effectué plusieurs interventions dans les zones rurales. A la différence des “barres” de 70 à 90 logements qui fleurissent sur la côte basque, les constructions dans l’intérieur du Pays Basque portent, comme à Arbérats, sur des projets de dix appartements. Un maximum.

“Fixer une population”

“La construction de logements sociaux en milieu rural est aussi un défi en matière d’aménagement du territoire.” Comme l’explique Philippe Etcheverria, la taille est, certes, incomparable aux constructions de la côte basque ; mais l’impact, lui, est considérable. Pour “fixer une population” et la rajeunir, pérenniser les services ou garantir le dynamisme d’un village : “c’est un pas très important”, explique Sauveur Bacho, maire d’Arbérats. Dans le cas de la commune du canton d’Amikuze, la construction de dix logements sociaux est une étape jugée nécessaire dans l’aménagement du bourg. Echange et achat de terrains, mise en place de l’assainissement collectif, enfouissement du réseau électrique, construction d’un nouveau fronton : en réfection depuis 2005, le cœur d’Arbérats avait, cette fois-ci, besoin d’une densification de population. Pour 1 124 000 euros, l’opération financée aux côtés de l’Office 64 de l’habitat, par le Département, l’Etat et la commune d’Arbérats, a permis la construction de sept logements collectifs et de trois résidences individuelles avec jardin.

Un changement de méthode

Si la construction de logements sociaux en milieu rural n’est pas nouvelle, c’est la méthode de travail entre l’Office 64 et les collectivités qui a évolué. En ce qui concerne la quantification de la demande, l’opérateur, via le plan local de l’habitat, étudie en amont le marché avec les intercommunalités. Question de cohérence. Et puis l’Office 64 souhaite également “réfléchir en terme d’offres d’emploi”. Dans le cas d’Arbérats, le bassin d’emploi est tout trouvé. L’entreprise Matériel ferroviaire d’Arbérats (MFA), installée depuis 2009, emploie 80 salariés. Au total, selon Sauveur Bacho, “100 salariés sont concernés” sur le canton.

“Il faut aussi donner les moyens aux jeunes et aux familles d’accéder à la propriété.” Là aussi, une nouveauté dans le projet d’Arbérats : à côté des logements sociaux, la commune met en vente des terrains viabilisés. Grâce à une subvention du Conseil général, à 40 euros le m2, le prix est attractif. Le cahier des charges, lui, est strict “pour éviter toute spéculation foncière”.

Un T2 de 47 m2 à 275 euros par mois. Un autre T3 à 362 euros par mois, pour 63 m2. Les logements sociaux ont déjà trouvé cinq acquéreurs dans le village du canton d’Amikuze. “Tous sont des jeunes originaires de la commune”, rassure Sauveur Bacho : “Nous sommes tout à fait dans l’optique : vivre, travailler et se loger au Pays.”

inprimatu