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Sports - Rugby

Biarritz tente le pari Berquist

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06/10/2012

Marc DUFRECHE

Matt Berquist (29 ans, 1,82 m, 89 kg) devait apparaître un peu plus tard. Dans 15 jours exactement lorsque les Zèbres italiens se présenteraient face à Biarritz en H Cup. Mais lorsque le staff biarrot évoquait cette rentrée programmée pour le Néo-Zélandais, c’était le temps où le BO était encore invaincu et en tête du Top 14. Les défaites à Castres et au Racing, mais surtout celle dans le derby face à Bayonne, ont contraint les entraîneurs biarrots à lancer dès aujourd’hui contre Toulon son demi d’ouverture venu du Leinster à l’intersaison.

Matt Berquist a été qualifié de recrue star par la presse lorsqu’il a signé en faveur du Biarritz Olympique. L’étiquette est sans doute un peu grande pour le Néo-Zélandais qui vit aujourd’hui sur une réputation venue de l’hémisphère Sud où il fut notamment le remplaçant de Dan Carter aux Crusaders. Au nord, personne ne l’a encore vu jouer. Et pour cause, depuis qu’il a atterri en Irlande la saison dernière, c’est un chat noir qui accompagne le Néo-Zélandais.

70 minutes de jeu en un an

Il est arrivé dans la province du Leinster pour être l’alternative au titulaire Jonathan Sexton. Berquist n’aura joué en tout et pour tout que 70 minutes en deux matchs pour seulement trois points marqués. La raison, une vilaine blessure au genou (rotule) qui va l’éloigner des terrains. Depuis, plus rien, le Leinster ne lui renouvelle pas le contrat et le BO tente le coup de recruter ce joueur réputé talentueux. A Biarritz, il effectue toute la préparation de présaison. Alors qu’il doit rejouer pour la première fois depuis un an à l’occasion du premier match de préparation du BO contre Agen, il se déchire les adducteurs à l’échauffement. Depuis, Matt Berquist s’est soigné dans son coin avant de revenir fouler la pelouse pour les entraînements collectifs où il fait admirer une belle gestuelle. Les Isaac et Milhas ont été joueurs et voulaient laisser le temps au joueur de reprendre le rythme. L’opposition des Zèbres italiens semblait le rendez-vous parfait pour faire entrer le garçon en manque de compétition. Mais depuis trois journées en Top 14, la charnière Lesgourgues-Barraque, si performante en début de saison, grince. La mauvaise gestion du jeu biarrot a été l’une des raisons de la défaite dans le derby et le staff biarrot a donc décidé de changer un élément de la charnière.

Après un peu plus d’un an sans jouer, Matt Berquist est lancé dans le grand bain face, non pas à des Italiens, mais à l’armada toulonnaise emmenée par Jonnhy Wilkinson, son adversaire direct aujourd’hui. “Wilkinson est un joueur incroyable, tout comme les gars qu’il a à l’intérieur et ceux qu’il a à l’extérieur. Toulon est une grande équipe avec beaucoup de stars. Mais je ne suis pas inquiet par rapport à Toulon, je pense plutôt à moi et à faire du mieux que je peux pour l’équipe”, déclare Berquist.

“Il ne faut pas attendre que je fasse de grandes choses”

S’il est une inconnue pour beaucoup après une si longue absence, il en est également une pour lui-même. Sans repère, il ne sait pas vraiment où se situer en terme de niveau et de rythme par rapport à un match de haut niveau. “Je n’ai pas peur, je suis assez impatient de jouer après avoir été blessé tout ce temps”, indique-t-il. Lorsqu’on insiste, il avoue avoir la “pression” pour ce retour. Pas facile de rentrer et d’être attendu par tous dans le rôle de joueur, mais également de buteur. “Il ne faut pas s’attendre à ce que je fasse de grandes choses”, prévient-il à ce titre. “Pour être honnête, je vais juste me concentrer à assurer les bases du jeu. Bien buter et faire avancer l’équipe. C’est d’ailleurs la seule chose que m’ont dit les entraîneurs. Ils savent que j’ai été hors jeu pendant longtemps, alors je dois juste jouer mon rôle, assurer les bases du jeu d’un demi d’ouverture.” “C’est un joueur qui comprend le jeu. Ça se voit dans ses attitudes à l’entraînement”, juge Jack Isaac. “On ne s’attend pas à ce qu’il soit à son meilleur niveau, mais il va bien alterner le jeu au pied et le jeu à la main”, conclut l’entraîneur des arrières biarrots.

 

“L’occasion de repartir sur une belle dynamique”

Entretien avec Jean-Philippe GENEVOIS / Talonneur du Biarritz Olympique

Jean-Philippe Genevois est arrivé à l’intersaison en provenance de Toulon. En première ligne pour affronter ses anciens coéquipiers, le talonneur biarrot l’affirme : Toulon et son armada sont “l’occasion” pour Biarritz de “repartir sur une bonne dynamique”.

Difficile d’enchaîner après le derby perdu ?

Je découvre les conséquences de perdre un derby. Maintenant, il faut vite relever la tête et se tourner vers l’avenir, Toulon, et aller chercher la victoire.

Il y a urgence à renouer avec la victoire après trois défaites de rang et avant le début de la H Cup la semaine prochaine aux Harlequins.

Au vu des résultats, on peut considérer qu’il y a un état d’urgence. Mais il ne faut pas oublier que c’étaient des déplacements à Castres et au Racing, puis ce derby sous haute pression. Aujourd’hui, il faut sortir de cette mauvaise spirale. Il y a quand même eu des choses intéressantes dans tous ces matchs.

Toulon et son armada ne sont pas l’adversaire idéal pour se relancer.

Au contraire, c’est l’adversaire qui nous permettra de montrer que ce que l’on fait depuis le début de saison n’est pas volé. Il y a de vraies ambitions dans cette équipe et une vraie solidarité. Toulon va être l’ogre de ce championnat, capable d’aller gagner chez les quatre premiers du Top 14, mais aujourd’hui, c’est aussi une bonne occasion de repartir sur une bonne dynamique.

Ça fait quelque chose de jouer contre son ancien club ?

Vous vous ferez votre avis. Mais quand on passe six mois dans un club sans jouer… Le rugby, avant d’être un métier, c’est une passion. Quand on est passionné et qu’on ne peut pas jouer, on est forcément revanchard. Mais aujourd’hui, l’individu ne compte pas, c’est le collectif qui compte. Il n’y a qu’une chose à faire, c’est gagner et gagner tous ensemble.

 

Avec l’Europe en tête

Biarritz et Toulon, battus respectivement par Bayonne et le Stade Toulousain la semaine dernière, voudront, à l’occasion de leur confrontation, se remettre sur de bons rails avant leur campagne européenne. Leur dernière rencontre était le 18 mai dernier lors de la finale du Challenge européen, remportée (21-18) par les Basques. Leurs retrouvailles, quatre mois et demi plus tard, auront cette fois valeur de répétition générale pour l’échelon supérieur, celui de la “grande” Coupe d’Europe.

 

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