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Pays Basque

Les brasseurs ne cachent pas leurs inquiétudes

06/10/2012

Giuliano CAVATERRA

Lundi, le gouvernement français a annoncé lors de la présentation de son projet de loi sur le financement de la Sécurité sociale le doublement pour la bière du “droit d’accise”. L’annonce de cette mesure a provoqué la colère des brasseurs car cela provoquera une hausse des prix alors que la crise n’incite déjà pas à la consommation. En Pays Basque Nord, pas de grandes brasseries, comme par exemple en Alsace, mais des microbrasseries, d’autant plus inquiètes que leur faible volume ne leur permet pas de répartir les coûts comme les industriels.

Le droit d’accise est un impôt indirect appliqué notamment sur les alcools soumis à TVA. Elle a un montant différent suivant les alcools. Pour la bière, seule touchée par ce doublement, la taxe est fonction du degré d’alcool et du nombre d’hectolitres produits. Les microbrasseries comme celles qui existent en Pays Basque (Akerbeltz à Ascain et Bob’s Beer à Hasparren) paient ainsi moitié moins que les grands industriels.

Bob Worboys, qui brasse la Bob’s Beer à Hasparren, avoue son inquiétude après l’annonce gouvernementale. “Pour des petites entreprises comme les nôtres, cela aura un impact de plusieurs milliers d’euros par an.” Le brasseur détaille : “Nos coûts augmentent déjà à cause de la hausse des prix de l’emballage et de l’électricité. Nous avons déjà subi une hausse de la fiscalité l’an dernier, nous avons eu aussi de fortes hausses des céréales même si en ce qui concerne l’orge, ça s’est amélioré. Il faut ajouter à tout cela que le consommateur est très sensible en ce moment aux hausses de prix. Nous n’avons donc pas de marge de manœuvre.”

Même son de cloche chez Akerbeltz. Son responsable, François Iraola, se lamente : “Le prix du verre est indexé sur le pétrole, le gaz et l’électricité augmentent, les prix des céréales sont à la hausse. On n’avait pas besoin de ça. In fine, c’est le client qui va payer, mais c’est nous qui faisons le chèque et ça va nous poser des problèmes de trésorerie”, indique l’entrepreneur.

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