Pays Basque
Batera, en rangs serrés, précise ses engagements pour la collectivité territoriale

02/10/2012
Antton ROUGET
Les applaudissements sont fournis, les larges sourires sur tous les visages. Pour Batera, le pari est réussi. Syndicalistes, élus, porte-parole de partis politiques, acteurs du monde associatif, représentants du Conseil de développement et du Conseil des élus et citoyens “lambda” : réunis par centaines dans l’auditorium de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Bayonne, ils ont adopté, samedi, à la quasi-unanimité, la “Déclaration des états généraux du Pays Basque”. Une motion qui précise la revendication institutionnelle de Batera et dresse un calendrier détaillé. Un signe fort qui traduit les attentes de la société civile à l’heure du lancement de l’acte III de la décentralisation.
“Historique”, “exceptionnel”, “remarquable” : toutes les interventions qui se sont succédé pendant une heure ont salué le consensus inédit qui s’est progressivement dégagé autour de la question institutionnelle. Travaux des Conseils des élus et du développement, réflexion du Biltzar des maires, mobilisations de Batera, ouverture du processus de paix, fin de la structure “pays” : comme l’a expliqué, dans sa présentation, Juliette Bergouignan, membre de la plate-forme citoyenne, la “collectivité territoriale est passée de quelque chose d’impossible à une revendication centrale”. De la députée Sylviane Alaux (PS) au conseiller régional Michel Veunac (MoDem) en passant par la sénatrice Frédérique Espagnac (PS) ou l’hôte du jour, André Garetta, président de la CCI Bayonne Pays Basque, la diversité des participants témoigne, à elle seule, de l’importance de la réflexion menée par Batera.
“Briser les tabous”
“Pendant 20 ans de conduite accompagnée, nous n’avons pas fait une sortie de route.” Pour Jean-Baptiste Etcheto, président du Conseil de développement, le moment est maintenant venu pour le Pays Basque de “passer son permis de conduire”. “Nous devons faire un autre pas.” Paxkal Indo, président de Seaska, a lui aussi appelé à “briser les tabous” : “Il faut le dire, le département des Pyrénées-Atlantiques a vécu, les Basques et les Béarnais vont maintenant être séparés.” La “Déclaration des états généraux”, adoptée, sans débat, par une large majorité de l’assemblée – Frédérique Espagnac, Sylviane Alaux, André Garetta, Frantxoa Maitia et Michel Veunac, entres autres, n’ont pas pris part au vote –, fixe aux échéances électorales de 2015 le “vote de la première assemblée [de l’hypothétique collectivité territoriale, ndlr]”. Le message est on ne peut plus clair : “La collectivité territoriale devra être créée par l’acte III de la décentralisation et soumise à la consultation des habitant-e-s du Pays Basque dans les deux ans qui viennent.” Au niveau du contenu, les doléances balayent l’hypothèse d’une structure infra-départementale : “La collectivité territoriale intégrera toutes les compétences départementales afin que sa création ne puisse en aucun cas ajouter un échelon administratif supplémentaire.”
“Nous avons besoin d’une loi qui permette d’ouvrir un processus spécifique au Pays Basque.” Jean-René Etchegaray, adjoint au maire de Bayonne, a, lui, exhorté les parlementaires, à quelques jours des états généraux du Sénat, à “ne pas être de simples porte-parole à Paris, mais de vrais militants”.







