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Sports - Rugby

Retrouver forces physique et mentale

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02/10/2012

Marc DUFRECHE

Bayonne a remporté le derby face à Biarritz au terme d’un match très intense physiquement. Les Biarrots ont multiplié les phases de jeu, mais se sont invariablement heurtés à une défense de fer des Bayonnais (230 plaquages). Pour Biarritz comme pour Bayonne, il faudra pourtant retrouver une fraîcheur physique et mentale, car dans cinq jours seulement, Toulon se présentera à Aguilera et Agen à Jean-Dauger.

Côté bayonnais, l’euphorie de la victoire ne faisait pas perdre l’objectif de devoir enchaîner dès samedi prochain. “Restons sages, c’est une victoire, mais elle ne prendra toute sa valeur que si on est capable d’enchaîner sur une victoire contre Agen”, confiait ainsi Christian Lanta à la sortie de la rencontre de dimanche. Serge Blanco, le seul à pouvoir s’exprimer du côté du Biarritz Olympique : “Il faut d’ores et déjà s’organiser pour le rendez-vous de samedi prochain contre Toulon parce que ce sera une autre affaire. Les joueurs ont besoin de récupérer et de se mettre dans le combat.”

“Mâché comme rarement”

Côté biarrot, à la suite de la colère du président (voir encadré), impossible d’approcher les joueurs ou les entraîneurs pour constater des conséquences physiques du combat livré dans l’après-midi. Pour les vainqueurs bayonnais, si souvent habitués à s’exprimer après la défaite, les regards bas avaient laissé place aux larges sourires. “On a des bobos, mais c’est beaucoup plus facile quand tu gagnes. Après Toulouse, j’avais honte, je ne suis pas sorti de chez moi et j’avais mal partout. Là, j’ai mal partout aussi, mais bon, ça passe mieux.”

“Je suis mâché comme rarement je l’ai été. Aujourd’hui, ça a été particulièrement intense pour un match de Top 14 sur l’engagement et l’agressivité”, déclarait un peu plus loin Jean-Jo Marmouyet, l’autre troisième ligne aile de l’Aviron. “Physiquement, je suis très fatigué, une bonne nuit de repos et demain un bon massage. Les coups, on les ressent moins quand on a gagné que quand on a perdu”, lâchait Cédric Garcia, le demi de mêlée bayonnais qui, en un peu plus de 60 minutes, a fait oublier le Gallois Mike Phillips exclu deux jours plus tôt en raison de son “comportement extra-sportif”.

Le rythme du Top 14 ne permet pas de s’attarder sur une performance et pour beaucoup de joueurs à Bayonne, et on l’imagine à Biarritz, il y avait le mot “récupération” en tête de la liste des devoirs de la semaine. C’est un Jean-Jo Marmouyet taquin qui résume la situation : “On rejoue dans six jours. Il faut faire une grosse récupération. Demain [lundi, ndlr], on va analyser ce derby à la vidéo, faire des soins, de la thalasso. Je pense qu’on aura une semaine un peu plus légère. Physiquement, on est un groupe assez étoffé et il y aura quelques retours. On a des kinés, une hygiène de vie irréprochable [rires], les bacs de glace, ces choses qui nous permettent de récupérer. Mais le corps est une chose, c’est surtout mentalement que l’on doit se préparer à enchaîner. On fait un match, c’est bien. Il en reste 19. Le propre de l’Aviron est d’aller très vite en haut et très vite en bas, il faut savoir rester humble dans la victoire.” “Lundi, il faut se remettre en question. Les grandes équipes, on les reconnaît là”, conclut Guillaume Bernad.

 

Les mots de Chisholm

A la 77e minute, Peyrelongue redonnait l’avantage aux Biarrots (15-13). Il ne reste que trois minutes à jouer et Bayonne va tout de même réussir à remporter le derby. “On croit encore à la victoire à ce moment-là”, raconte Guillaume Bernad, le troisième ligne bayonnais. “Mark Chisholm fait passer le mot : un match, ça dure 80 minutes et on va continuer. Tout le monde est resté concentré et solidaire à ces paroles.” Effectivement, les Bayonnais mettent la pression sur les Biarrots, récupèrent le ballon, Boutaty crée un groupe pénétrant, Biarritz se met à la faute et Benjamin Boyet passe la pénalité deux minutes après que la sirène d’Aguilera ait retenti.

 

Serge Blanco n'aime pas perdre le derby

Au sortir de la défaite, le vestiaire biarrot est resté clos et le président Serge Blanco seul à sortir devant les médias y est allé de son avertissement.

“Je vous interdis de faire un article avec des joueurs, parce que celui qui le fait ne rentrera plus ici”, a prévenu le président du Biarritz Olympique avant de s’élancer dans une déclaration où il reviendra sur le scénario du match estimant que “Biarritz ne méritait pas plus de perdre que Bayonne, mais le plus important aujourd’hui, c’est que Biarritz prend un point et Bayonne quatre”. “Il y a tellement de bizarreries dans l’arbitrage, on va rester zen en disant qu’un arbitre professionnel a œuvré cet après-midi et il a très certainement dû avoir raison”, a-t-il ajouté à propos de M. Garcès, arbitre du derby. Comme le révélait le quotidien Sud Ouest d’hier, Serge Blanco “en colère” aurait eu “un ‘entretien’ privilégié de cinq minutes” avec M. Garcès à la suite de sa déclaration à la presse.

La réaction de Serge Blanco dans ce derby est celle tenue à chaud d’un passionné après une rencontre à fort contenu émotionnel. Mais elle interpelle.

Dans son règlement, la Ligue nationale de rugby stipule qu’à la suite des matchs de Top 14, chaque club doit “se présenter en zone mixte avec un membre de l’encadrement technique et deux joueurs au minimum”. L’amende encourue pour l’infraction à ce règlement va de 5 000 à 15 000 euros.

Pour ce qui concerne l’entretien individuel entre M. Blanco et M. Garcès, Didier Mené (président de la Commission centrale des arbitres), contacté hier par téléphone, est catégorique : “Il n’y a pas de problème, ça arrive tous les dimanches. A la mi-temps, un tel entretien n’est pas possible, mais à la fin d’une rencontre, c’est ouvert aux présidents ou aux entraîneurs.”

 

Résultats

Clermont 28-25 Stade Français ; Montpellier 19-12 Castres ; Grenoble 27-13 Racing Métro ; Perpignan 15-6 Mont-de-Marsan ; Agen 19-15 Bordeaux Bègles ; Toulouse 32-9 Toulon ; Biarritz 15-16 Bayonne.

 

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