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Les syndicats lancent la première campagne dans les très petites entreprises

25/09/2012
Antton ROUGET
Alors que les salariés des très petites entreprises (TPE) sont appelés, pour la première fois, à élire leur représentation syndicale du 28 novembre au 12 décembre 2012, les syndicats lancent leurs campagnes au Pays Basque. Entre critiques du mode de scrutin, diversité des revendications et difficultés à informer les salariés : le flou règne autour de ces élections qui doivent, notamment, permettre d’établir une représentativité au niveau hexagonal dans le cadre des négociations de conventions collectives.
“Nous sommes opposés au mode de scrutin, mais nous allons quand même nous aligner ; nous n’avons pas le choix.” A l’image de Ramuntxo Perez, secrétaire départemental de Force ouvrière (FO), les différents syndicats de salariés participent à l’élection tout en montrant leurs désaccords avec le modèle d’organisation du scrutin.
Au cœur des critiques – déjà formulées au moment du vote de la loi du 15 octobre 2010 qui a introduit les élections syndicales dans les TPE en complément de la réforme de 2008 sur la représentativité syndicale –, le fait que les élections s’organisent autour de scrutins régionaux et “sur sigle”. Les salariés ne votent pas pour des personnes ou des listes, mais directement pour les syndicats ce qui est contraire, selon Ramuntxo Perez, “à notre conception de la démocratie sociale”.
“Ces élections ne prennent pas en compte le débat institutionnel en cours au Pays Basque.” Pour Eñaut Aramendi du syndicat LAB, qui a lancé en mai dernier sa campagne “Bertan erabaki !” (“Décider ici !” en langue basque), le scrutin au niveau régional “révèle aussi une nouvelle fois que le Pays Basque n’est pas reconnu”. Délais “très courts” pour s’inscrire sur les listes électorales (cf. encadré), manque d’information pour le grand public, objectifs limités d’un scrutin qui “ne sert pas à améliorer les droits des salariés alors que ceux des TPE souffrent le plus” : l’organisation de ces élections est d’ores et déjà un échec, juge le syndicat abertzale. LAB a ainsi déposé sa candidature au niveau aquitain pour revendiquer un “espace ouvert à la négociation collective propre au Pays Basque”. Le syndicat va également se battre auprès des institutions pour pouvoir récupérer les résultats de l’élection au Pays Basque alors qu’ils sont centralisés au niveau régional.
Des revendications diverses
“69 % des salariés des TPE jugent leur salaire inférieur à ce qu’ils devraient toucher, 54 % estiment que leur profession est dévalorisée dans la société française.” En se fondant sur un sondage réalisé par la CGT au niveau hexagonal, Alain Duzert, responsable de l’union locale du syndicat de Bernard Thibaut, annonce que son syndicat va mener sa campagne autour de “la revalorisation conséquente des salaires” et de “la reconnaissance professionnelle”.
“Nous souhaitons montrer aux salariés que l’on s’occupe d’eux et que nous avons la volonté de développer le dialogue social.” Du côté de la CFDT, Michel Larralde, secrétaire général du syndicat au Pays Basque, souhaite montrer qu’il n’y a pas “de TPE avec des petits droits” et que “par le dialogue social, en sortant du schéma habituel qui fait peur aux employeurs, des avancées sont possibles”. Force ouvrière devrait faire campagne sur l’importance du “rôle des organisations syndicales dans les accords de branches” et sur “le besoin d’aller voter”. Car, si l’élection à venir constitue une première et concerne 93 % des entreprises au Pays Basque – soit près de 25 000 employés –, il est peu de dire qu’elle ne suscite qu’un très faible intérêt.
Une “campagne de réseau”
“Notre champ d’action, c’est partout et nulle part à la fois.” Comme l’explique Alain Duzert, les syndicats font cette fois-ci campagne sur un terrain peut habituel. “La maison de l’artisan dans lequel il y a trois salariés, ce n’est pas l’entrée de l’usine”, résume le responsable de la CGT qui compte faire de la campagne – “marquée par des rendez-vous sur la place publique” – le début d’une implantation du syndicat “au plus près des salariés”.
Au syndicat LAB aussi, après avoir conçu un premier tract “technique” pour expliquer l’élection, ce seront les “tokiko batasuna” (“unions locales”) qui vont prendre le relais pour mener la campagne au plus près des salariés. Une “campagne de réseau”, sur le terrain, c’est également ce qu’ont choisi de développer FO et la CFDT. Cette dernière rappelant qu’elle “sillonne les villes, grâce à [ses] bénévoles, depuis l’été”.
Comment participer au vote ?
Les élections concernent les salariés d’un artisan, d’un commerçant, d’une association, d’un employeur qui travaille en libéral, les employés et cadres dans une entreprise de moins de onze personnes et les employés à domicile.
Pour participer au vote, il faut remplir les critères suivants : être salarié d’une entreprise de moins de onze personnes au 31 décembre 2011 ou employé à domicile, avoir 16 ans révolus le 28 novembre 2012, être inscrit sur les listes électorales du scrutin, peu importe la nationalité du salarié. Les informations concernant le scrutin ont été envoyées à l’ensemble des salariés début septembre. Dans le cas où les informations reçues sont incorrectes ou incomplètes ou en l’absence de courrier, les réclamations sont à adresser avant le 1er octobre à la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi de la région (Direccte).
Le scrutin aura lieu entre le 28 novembre et le 12 décembre 2012 par courrier ou sur Internet. L’ensemble du “matériel de vote” sera envoyé à chaque électeur au début du mois de novembre.







