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Pays Basque

A. Lamassoure craint un autre “pétard mouillé”

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22/09/2012

Pierre MAILHARIN
Le feu d’artifice institutionnel, attendu par beaucoup localement, n’a que peu de chance d’illuminer le ciel du Pays Basque Nord dans les prochaines semaines. C’est du moins l’avis d’Alain Lamassoure, qui a indiqué vendredi “ne pas être très optimiste” quant à la réussite du projet de Collectivité territoriale spécifique défendu par le Conseil des élus, projet qu’il “appuie” néanmoins  et “continuera d’appuyer”.
Le député européen UMP se fonde sur son expérience personnelle : il s’y connaît en “pétard mouillé” pour avoir assisté à la non-explosion d’un spécimen lorsqu’il était à la tête de l’instance locale réunissant les élus. C’était “il y a dix ans”, et il a aujourd’hui le sentiment de “revivre” un moment comparable.
Des contextes similaires
Il est vrai que les deux situations présentent des similitudes. En 2002, le Conseil des élus avait produit un rapport intitulé “Le Pays Basque veut être connu et reconnu”, adopté “à l’unanimité”. Piloté désormais par Jean-Jacques Lasserre, il “a repris le dossier et abouti à un texte” soutenu donc par le Parlementaire.
A chaque fois, ce travail du terrain s’est inscrit dans le cadre d’une supposée révolution décentralisatrice : “Raffarin premier ministre avait annoncé sa volonté de lancer un acte II de la décentralisation, dans lequel il se disait ouvert à des expérimentations dans certains territoires (…) , mais aussi à des modifications de limites territoriales pouvant être soumises à référendum d’initiative locale”. Place désormais à l’acte III, socialiste, dont on devrait connaître l’issue pour le Pays Basque d’ici la fin de l’année. Encore un pétard mouillé ?
Alain Lamassoure note certes une évolution de contexte très favorable. “La lutte armée est finie. Cela nous soulage d’un gros poids : le dossier ne peut plus être vu à Paris avec le même œil”. Pour autant, une somme d’obstacles serait encore sur la route. Si la précédente requête n’a pas abouti, elle a conduit à l’avènement de “solutions spécifiques” : OPLB, EPFL… Or, “à partir du moment où ces problèmes spécifiquement basques sont déjà pris en charge, la question sera de justifier la nécessité au Pays Basque d’une organisation avec des compétences qui ne s’exercent que là”, prévient-il.
“Le département va-t-il survivre ?”
M. Lamassoure estime ensuite qu’on ne peut s’avancer davantage sans connaître le contenu de cet acte III. “Va-t-il admettre des expérimentations ? Le département va-t-il survivre ?”, s’interroge-t-il à voix haute tout en soulignant la “tradition jacobine” encore très présente dans l’administration mais aussi les corps politiques.
Ces bouleversements, s’ils doivent avoir lieu, nécessiteront enfin une prise de risque politique. Il n’y croit guère : “Car une vraie décentralisation exigerait du gouvernement qu’il prenne le risque d’entrer en conflit avec les grands barons locaux, dont deux tiers appartiennent à la majorité de gauche”, tranche-t-il.

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