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Sports - Rugby

Une semaine d’entre deux chocs

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21/09/2012

Marc DUFRECHE

Vidéo et récupération

Dimanche 16 : C’est récupération à Jean Dauger. La défaite contre le Racing Metro à fait mal au crâne et ce matin il faut pourtant revoir les images de la veille. “Le dimanche matin on a analysé à la vidéo le match contre le Racing, résume Aretz Iguiniz. “Mais dimanche midi on était déjà dans l’objectif de Toulouse” poursuit le pilier Basque. Le Stade Toulousain en point de mire, effectivement pas le temps de gamberger sur ce match raté contre le Racing Metro. De l’avis de beaucoup dans le groupe bayonnais, c’est peut-être mieux ainsi, enchaîner et oublier plus vite, avancer sans avoir le temps de regarder en arrière.

Gerber le malheureux

Lundi 17 : Le staff a concocté une séance légère, ou, sans opposition, les Bayonnais répètent divers lancements de jeu. Le manque de confiance a souvent été relevé pour expliquer les performances en demi-teinte des Bayonnais. Ce jour là, comme un symbole de ce doute qui  les fait déjouer, Sam Gerber fait en-avant sur en-avant. Le plus irréprochable dans le comportement, celui dont la technique est remarquable n’y arrive pas. De dépit, le Sud Africain enlève sa chasuble, la donne à Lionel Mazars et quitte la ligne d’attaque sous les regards interloqué de ses coéquipiers. “Par expérience, c’est toujours pareil, commente Christian Lanta. Au lendemain d’une défaite qui fait mal, le premier entraînement qui vient derrière est toujours très difficile. Soit on gueule et ça n’amène rien, soit on discute, on se stimule, et on laisse passer le moment”.

Toulouse dans le viseur

Mardi 18: l’opposition se durcit. Les courses sont plus franches et les boucliers en opposition claquent sous les impacts. A ce moment, le groupe bayonnais est véritablement dans sa préparation du match contre Toulouse dans trois jours. “L’attention et la concentration commencent à être là”, juge Aretz Iguiniz. Malgré tout, il y a de petits déchets dans la répétition bayonnaise. Des passes qui sont mal ajustées ou des soutiens en retard qui en match empêchent toute continuité du jeu.

A la recherche de confiance et de sensations collectives, le staff laisse se dérouler les actions jusqu’au bout avant de débriefer le mouvement. Lionel Mazars se place à l’ouverture, en l’absence de Potgieter blessé il devrait couvrir vendredi soir le poste de demi-d’ouverture en cas de blessure de Benjamin Boyet. L’après-midi, musculation et travail spécifique. Pour les avants: jeux de mouvement au ras, conservation de balle et mêlées pour finir. Pour les arrières c’est jeu au pied et relance. Sam Gerber a retrouvé sa technique et le sourire. Christophe Deylaud fini la journée avec Mike Phillips. Le demi de mêlée travaille les sorties de balles rapides.

Journée de repos

Mercredi 19 : c’est repos pour tout le monde. Relâche uniquement physique si l’on en croit Aretz Iguiniz. “Pour nous ce match contre Toulouse c’est presque une finale et même lors du jour de repos on l’a dans la tête”, indique le pilier bayonnais. Pour Jean-Jo Marmouyet c’est aller retour à Paris pour passer devant la commission de discipline de la Ligue Nationale de Rugby (LNR). Il doit s’expliquer à propos d’un geste malheureux lors du déplacement à Castres. Il est accompagné de Christian Lanta dont les pensées sont tournées vers ce rugby qui ne le lâche pas. “On ne coupe jamais même pour une journée de repos, explique l’entraîneur Bayonnais. On devrait peut-être faire autre chose, je devrais peut-être essayer. Mais jusqu’à présent je n’y suis jamais arrivé. Le match qui arrive on y pense même la nuit.” Marmouyet prend dix jours de suspension. Il manquera la venue du champion de France pas le derby contre Biarritz à Anoeta.

Déjà la veille

Jeudi 20 : c’est déjà jeudi, veille de match. La mise en place a lieu sur le terrain principal de Jean Dauger. Le staff peaufine les derniers détails, le capitaine Mark Chisholm donne ses dernières indications. Il y a une cinquantaine de curieux au bord du terrain venus voir les bayonnais à l’entraînement. Une habitude à Jean Dauger. Beaucoup de journalistes sont également présents en attente du point presse d’après mise en place. Les trois quarts terminent les premiers.

Cédric Heymans l’ancien toulousain est demandé par la presse mais refuse de s’exprimer avant ce match face à son ancien club. Seul Marvin O’connor qui fait son retour comme remplaçant s’arrête. Il indique son “plaisir” de revenir et juge que pour gagner demain il faudra “s’envoyer comme des fous et ne rien lâcher”. Les avants en ont terminé avec les touches et rejoignent à leur tour le vestiaire.

S’il “croit en la victoire”, Guillaume Bernad réaliste n’hésite pas à parler d’une possible défaite. “Si on joue avec la peur de perdre on n’y arrivera pas. Quitte à perdre autant s’envoyer. Il faut enlever le frein à main. Des stratégies, des tactiques ou de la technique, contre Toulouse, à notre niveau, ça ne sert à rien. Si on veut gagner c’est simple on doit être meilleur que celui qui est en face. Biarritz l’a fait, Perpignan aussi le week-end dernier. Et l’USAP n’était pas au mieux avant le coup d’envoi. Comme quoi, sur un terrain de rugby, tout est possible.”

Le technicien Christian Lanta explique les bases d’une victoire contre Toulouse : “Il faut d’abord être fort en conquête et avoir les ballons. C’est une équipe qui a de la masse et qui aime avoir l’initiative. Ils sont capables de déclencher quatre ou cinq actions et de passer à la sixième. On ne doit pas perdre de ballon et multiplier les temps de jeu comme l’a fait Perpignan la semaine dernière. Eux aussi ont leurs plaquages ratés. Ensuite, les occasions il faudra les mettre au fond.” Pour Aretz Iguiniz, il n’y a plus de question à se poser : “Ca y est on est prêt. Il faut y aller à bloc”.

 

Bayonne et les démons du passé

Bayonne, passé tout près du couperet de la Pro D2 en mai dernier, connaît déjà la galère cette saison, avec quatre défaites en cinq journées de Top 14 qui font ressurgir les démons du passé alors que se présente ce soir Toulouse, champion de France revanchard.

On avait quitté l’Aviron 12e au printemps, suffoquant mais heureux de voir Brive rejoindre Lyon dans la charrette de la Pro D2. On le retrouve 11e alors que va sonner l’automne, dans une situation guère reluisante avec déjà deux défaites à domicile mais refusant de céder à la morosité ambiante. “On ne va pas commencer à parler de crise et à s’affoler dès la 5e journée”, tempère le nouveau manager Christian Lanta.

Sur les bords de la Nive, on a changé l’encadrement technique mais les maux demeurent, invariablement, et la perspective d’accueillir Toulouse, remonté après son revers catalan (34-20), puis de se déplacer à Anoeta dans dix jours pour un derby crucial, n’incite pas à l’optimisme.

Outre leur qualité de jeu qui est loin de satisfaire le difficile public de Dauger, les Bayonnais semblent tétanisés par la peur de mal faire, à l’image de leurs joueurs vedettes. Souvent hors du coup, le demi de mêlée gallois Mike Phillips est sorti sous les sifflets samedi contre le Racing (défaite 25-18). Et malgré quelques fulgurances, l’ailier All Black Joe Rokocoko court toujours après son premier essai sous les couleurs de l’Aviron à l’entame de sa deuxième saison.

“Pas de baguette magique”

Arrivé cet été d’Agen, le binôme Lanta-Deylaud réclame du temps pour laver le traumatisme des “six ou sept ans d’échec”. “Ces joueurs n’ont connu que la lutte pour le maintien, rappelle Lanta. Il faut leur laisser un peu de temps pour assimiler les systèmes et le nouveau projet de jeu”.

Sauf que du temps, Bayonne n’en dispose pas, ou en a déjà trop perdu, dans un Top 14 qui ne laisse que des miettes aux mal embarqués. Les dirigeants claironnent sans cesse que le projet Lanta-Deylaud s’inscrit dans la durée. Est-ce pour cela qu’aucun objectif n’a été défini par le staff en début d’exercice ? Faut-il dès lors considérer la saison actuelle comme une transition vers des lendemains meilleurs ?

Personne ne prendra le risque de l’affirmer publiquement, pour ne pas davantage déstabiliser un contexte déjà fragile. “Mais le contexte, ce n’est pas mon problème aujourd’hui, confiait récemment le manager. Je comprends l’attente des supporters. Elle est légitime. Mais il faut qu’on reste dans notre bulle. C’est le seul moyen de trouver de l’efficacité et des solutions pour faire passer ce groupe d’une psychologie de perdant à une psychologie de gagnant”.

Si Bayonne peut se reposer sur une défense en place et une conquête cohérente la plupart du temps, le souci de l’efficacité se pose réellement avec seulement deux essais inscrits en cinq journées, dont un de pénalité. Personne n’a fait pire en Top 14 et ce n’est pas le mental friable de joueurs marqués par des années de turbulences, sur le terrain comme en dehors, qui va changer la donne. “Nous n’avons pas de baguette magique, regrette presque Lanta. Seule la victoire, voire un match référence, pourrait offrir la dose de confiance nécessaire pour libérer les joueurs. Encore plus contre une grosse écurie. Ca tombe bien, il y en a deux qui arrivent”.

 

Yohann Huget à l’arrière

Touché au dos lors de la défaite (34-20) contre Perpignan, Yannick Jauzion est forfait. Gaël Fickou (18 ans), absent face à l’Usap car il devait passer son baccalauréat, fait son retour comme titulaire au centre. Autre retour, celui de Yohann Huget à Jean Dauger. L’ancien ailier bayonnais revient en position d’arrière ce soir, les ailes toulousaines étant occupées par Clerc et Matanavou. Toulouse sera à nouveau privé de Gary Botha et Edwin Maka (cheville), Vasil Kakovin (adducteurs), Yann David (pubalgie) et Antoine Guillamon (choix des entraîneurs). Les Toulousains en manque de talonneur ont demandé hier à la LNR de débloquer une licence joueur pour Servat passé entraîneur à l’intersaison. En attendant, Toulouse se déplace à Dauger avec tout de même Tolofua titulaire et Lacombe remplaçants. Toulouse sera en revanche privé de Gary Botha et Edwin Maka (cheville), Vasil Kakovin (adducteurs), Yann David (pubalgie) et Antoine Guillamon (choix des entraîneurs). “Il ne faut pas s’affoler, c’est normal que le Stade toulousain ne soit pas encore à plein régime, il faut rester cool”, a estimé Novès, ajoutant que le match sera “forcément très compliqué” face à un Aviron qui s’est déjà incliné quatre fois en cinq journées.

 

Le match

Aujourd’hui 20 h 50 (Canal + sport) au stade Jean Dauger de Bayonne.
       
Aviron Bayonnais
Speddin - Rokocoko, Ahotaeiloa, Mazars, Heymans - (o) Boyet, (m) Phillips - Puricelli, Haare, Chisholm (cap) - Boutaty, Senekal - Tialata, Roumieu, Iguiniz. Remplaçants : Arganese, Manukula, Baget, Bernad, Garcia, O’connor, Gerber, Boyoud.

Stade Toulousain
Huget - Clerc, Fritz, Fickou, Matanavou - (o) McAlister, (m) Doussain - Galan, Dussautoir (cap), Nyanga - Maestri, Millo Chlusky - Jonhston, Tolofua, Poux. Remplaçants : Lacombe, Steenkamp, Lamboley, Bouilhou, Burgess, Beauxis, Pujol, Montes.

Arbitre : C. Berdos assisté de N. Datas et P. Gorbenko.

 

Top 14 - 6e journée

Aujourd’hui
20 h 50 (C+ Sport) : Bayonne-Toulouse.

Demain
15h00 (Canal +) Toulon-Castres.
18 h 30 (Rugby +) : Mont de Marsan-Agen (203) ; Clermont-Grenoble (204) ; Stade Français-Perpignan (202) ; Bordeaux Bègles-Montpellier (205).
20h40 (C+ Sport) : Racing Métro-Biarritz.

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