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Sujet à la une

Un groupe suisse prend le contrôle de Kaiku l’entreprise laitière du Pays Basque Sud

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21/09/2012

Béatrice MOLLE

Emmi est le premier groupe laitier de Suisse. Il vient d’acquérir en début du mois 66 % du capital du groupe laitier Kaiku, groupe du pays Basque Sud qui produit essentiellement du lait et des produits laitiers. Le prix de la transaction n’a pas été dévoilé. Les Suisses possédaient déjà près de 43 % des actions de Kaiku depuis 2009. Cette dernière opération d’acquisition des 66 % de Kaiku a été réalisée après un accord sur l’achat des fonds d’investissements gérés par le Gouvernement basque (Ezten et Socade) et la Caja Rural de Navarre. Le Gouvernement basque a donc vendu ses actions au groupe Emmi côtée en bourse de Zurich qui affichait en 2 011 un volume de ventes supérieur à 2 700 millions de francs suisses. Après cette transaction, l’entreprise Kaiku a révélé qu’elle procédera à un renforcement de son patrimoine et qu’elle travaille à une augmentation de capital à court terme.

D’après l’entreprise laitière, lors de ce processus d’augmentation de capital, le Gouvernement Basque pourrait revenir mais sous une forme indirecte, par le biais de la société Ekarpen qui lui appartient. Kaiku a informé qu’elle maintenait des conversations avancées avec Ekarpen qui est un fonds destiné à prendre des participations dans des entreprises dites “stratégiques.” Ekarpen est une société où le Gouvernement basque, les Diputaciones Forales des trois territoires (Gipuzkoa, Bizkaia, Alava) et la banque Kutxabank ont des participations. L’accord entre Kaiku et Ekarpen pourrait intervenir dans les prochaines semaines, mais rien n’a été confirmé officiellement. Cependant même si la société Ekarpen devient le deuxième actionnaire de Kaiku, les Suisses ont désormais le contrôle du groupe avec les deux tiers des actions.

Processus amorcé en en 2009

Déjà en 2009 lorsque la multinationale suisse avait acquis 43 % des actions de Kaiku, le syndicat agricole basque EHNE estimait que l’affaire sentait le roussi. A l’époque le syndicat avait critiqué cette vente aux Suisses qui s’était déroulée selon lui de “façon obscure” et sans compter avec les professionnels du secteur. Pour le syndicat basque l’affaire était entendue, Kaiku était devenue suisse : “Voilà plusieurs années que Kaiku achète le lait aux producteurs à un prix très bas, au prétexte de sauver l’entreprise que nous pensions nôtre et si nous ne collaborions pas, nous étions traités d’anti-basques. Et maintenant tout cela est entre les mains d’une multinationale suisse. Il y a de l’argent public et de l’argent des producteurs dans Kaiku” ajoute le syndicat.

Cette participation suisse inquiète aussi les milieux économiques du Pays Basque Sud.

Par ailleurs, les méthodes de Kaiku engendrent en réaction la mise en place de nouveaux systèmes de production et de distribution alternatifs (voir encadré) plus proches du consommateur et en rupture avec le système néo-libéral.

Aujourd’hui Kaiku avec un chiffre d’affaires en 2 011 de 320 millions d’euros emploie 990 personnes et est implanté dans les états espagnol et français, le Chili, la Tunisie et l’Argentine.

 

L’autre choix d’Euskal Herria esnea

Euskal Herria Esnea coopérative créée en 2 011 à Karrantza (Bizkaia), se fixe comme objectif que l’agriculteur reçoive un juste prix du lait qu’il produit et garantir ainsi la vie de son exploitation. Bref, d’aucuns diront des idéalistes sauf que lorsque la coopérative s’est mise à vendre son lait dans les supermarchés, le puissant groupe Kaiku n’a pas hésité à porter plainte au près des autorités de Gasteiz arguant du fait que la traçabilité du produit n’était pas garantie, car il était mis en pack à Soria. Un mal pour un bien pour Euskal Herria esnea, la plainte ayant permis de vérifier après des contrôles inopinés de l’administration basque que le lait était “intégralement” d’Euskal Herria. Point négatif cependant, la coopérative encourt une amende de 30 000 euros car son étiquetage est uniquement réalisé en euskara. Quant au fait que le lait soit mis en pack à Soria, Euskal Herria esnea informe s’être tourné vers “le groupe Kaiku/Iparlat, seule unité de conditionnement” qui a refusé de travailler avec eux. A long terme, afin de développer son projet, Euskal Herria Esnea souhaite construire son unité de conditionnement.

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