L'opinion - Tribune Libre
La fin de vie dans la douleur !
20/09/2012
Fx Esponde / Aumônier
“La mort n’est jamais un hôte très bien venu”… disait Faust dans un dialogue avec Méphistophélès, mais cette réplique du tragique des humains prend avec le suicide des personnes âgées un visage préoccupant.
Plus de 3 000 concitoyens sont recensés par l"Inserm et de plus de 65 ans qui mettent chaque année fin à leur vie par un choix libre ou subi.
Le taux le plus élevé du total des suicidés de la population chaque année.
Soit sur la base du dernier calcul publié de 2009 le tiers de l’ensemble des 10 499 décédés officiellement comptabilisés par l’institution.
Un constat qui a ému cet été jusqu’au Ministre à l’Autonomie, Michèle Delaunay sachant que la solitude de l’été ou les longueurs hivernales des saisons sont propices à ces abandons de la vie précipitée.
Ce suicide de la personne âgée ne scandalise plus personne dit en substance la ministre préoccupée d’apprendre de telles informations au cœur de l’été !
Les soignants eux-mêmes disent combien la détermination de ces personnes est trop souvent véhiculée par un sentiment d’abandon, d’inutilité, face au regard par trop performant de la société moderne où ne compte désormais que celui qui agit, et ne supporte qu’avec peine celui différent par son état, porté ou soutenu par les tiers.
Il est en effet risqué de délivrer sans ménagement à ces personnes fragiles un discours sur la dignité de la fin de vie qui est par trop souvent reçu par ces derniers comme le langage moderne des critères de la dignité de vivre.
Le transfert nécessaire en maison de retraite est souvent imposé par les conditions de vie de la personne âgée. Ce changement d’univers et d’espace, de réseau et de relations humaines reste difficile.
Et si par cas le passage obligé pour les plus dépendants de la maison de retraite à l’Ehpad est nécessaire, ceci demeure un nouveau parcours de l’impossible. Il impose aux personnels des conditions d’accompagnement nouveaux et pour les résidents et pour les praticiens.
La proposition de légiférer en faveur d’une fin de vie vécue dans la dignité au cours de la dernière campagne présidentielle pose à frais nouveaux le terrible sujet majeur pour ces personnes âgées, le seuil de tolérance de la fin supportable de leur vie, que d’aucuns parfois franchissent pour les autres avec célérité.
Mais s’agissant de ses proches aimés et âgés, fragiles ou dépendants, on quête une attente palliative qui loin des performances des traitements médicaux livre un accompagnement relationnel de première importance pour cet âge de la vie.
Le Ministre Michèle Delaunay consciente de la gravité de ce débat pour tous mentionne la nécessité d’ouvrir un Observatoire des suicides et de leurs causes, particulièrement en maison de retraite, mais on devine sans peine le peu d’empressement à déclarer de telles causes, sinon pour la réputation des établissements eux-mêmes, et la réputation des personnels !
Des associations diverses Suicide Ecoute, SOS chrétiens à l’écoute, Groupement d’Etude et de Prévention du suicide, Fédération SOS amitié sillonnent les réseaux sociaux actuels, sans qu’il soit possible au nom même du droit de vivre dans la dignité pour tous de substituer la parole des tiers à celle des familles ou d’amis bien souvent les plus proches de la condition de parents âgés qui n’est jamais une maladie de vivre mais un état de la vie qui se consume dans le temps !







