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Sujet à la une

«Il n’y a aucune crainte à avoir pour le projet de bâtiment multiservices»

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20/09/2012

Entretien avec Marie José Mialocq / Maire d’Arbonne

Le projet de bâtiment multiservices à Arbonne divise les élus de la commune. Après un blocage des positions au sein du conseil municipal (9 élus pour, 9 élus contre), ce sont les électeurs qui vont devoir trancher, dimanche. Entretien avec Marie José Mialocq, maire de la commune qui soutient le projet.

De nombreuses critiques dénoncent un projet disproportionné. Ne faudrait-il pas le revoir à la baisse ?

Ce projet n’est clairement pas surdimensionné. Il représente une surface commerciale de 150 m2 à côté d’une autre surface de 90 m2. L’emprise au sol et la hauteur – un étage - sont tout à fait raisonnables. Ce projet a été validé par l’architecte des bâtiments de France et par le conseil municipal dans sa totalité au cours d’un vote du budget en 2 011. C’est quand il s’est agi de déposer le dossier de demande de subventions, un an après, que trois personnes de notre groupe ont changé d’avis.

Le montage financier - d’un total de près de 1 200 000 euros - est aussi considéré comme risqué…

La rigueur budgétaire est une des conditions essentielles à la réalisation des projets. Je suis toujours à la recherche d’un maximum de subventions. Taille de la supérette (150 m2 au moins), visibilité depuis la route, dynamique entre les commerces : dans ce projet, il y a certaines conditions à respecter.

La vente de bureaux à l’étage permet aussi de diviser le prix du bâtiment. Le coût pour la commune est au final de 236 000 euros. Cette somme sera financée par la location de la supérette sur une quinzaine d’années.

Les critères du code de santé publique – Article L5125-11, limite l’ouverture ou le transfert d’une nouvelle pharmacie aux communes de plus de 2 500 habitants. Comment comptez-vous faire dans le cas d’Arbonne (1 993 habitants au recensement de 2 009) ?

L’Agence régionale de santé (ARS) précise que l’on peut, en plus des statistiques INSEE de 2009, ajouter les permis de construire accordés depuis ce recensement. Une jurisprudence dit également que l’administration peut aussi prendre en compte la population saisonnière – 112 résidences secondaires à Arbonne – et la population induite par l’activité. Cerise sur le gâteau : l’ARS prévoit aussi une attribution d’une pharmacie pour les communes de moins de 2 500 habitants si la commune contiguë n’en a pas. Il n’y a pas d’officine à Ahetze.

L’autre condition exigée est que la commune d’origine de la pharmacie ne doit pas souffrir de son départ. Celle-ci provenant de Bayonne, il n’y a pas de problème.

Alors que les bureaux se vendent difficilement dans d’autres communes, ne prenez-vous pas trop de risques ?

Il n’y a aucune crainte à avoir pour les cinq bureaux à l’étage. La future pharmacienne s’est engagée à acheter le local en bas et un bureau. Le Dr Sanchez, médecin d’Arbonne, serait très intéressé car il possède une autorisation temporaire pour occuper son cabinet actuel qui n’est pas réglementaire. Un jeune kinésithérapeute a également fait une promesse d’achat de deux cabinets. Le dernier bureau est aujourd’hui libre mais sera réservé à du service.

Une partie du terrain où doit se faire le projet n’appartient pas à la commune. Un achat est-il prévu ?

Il y a, depuis 2002, un accord entre les parties qui fait que la mairie est, en réalité, propriétaire de ce terrain. Une délibération du précédant conseil municipal et le groupe Horus ont en effet validé, en 2002, le principe d’un échange entre le terrain du groupe et une parcelle communale. Le maire n’a simplement pas finalisé cet échange. En 2010, le conseil m’a autorisé à l’unanimité à procéder aux signatures des différents actes.


Quelles seraient les conséquences d’une victoire du “non” au référendum ?

Attendons dimanche. Ce qui est inéluctable c’est la perte financière : nous allons perdre les 100 000 euros déjà engagés dans le projet. Nous nous interrogerons aussi sur la situation du médecin. Ce serait également dommage de manquer une si belle opportunité avec l’installation d’une pharmacie.

Quel que soit le résultat, je suis fière de cet exercice nouveau. La démocratie se sera exprimée.


Le résultat du vote aura-t-il des conséquences sur la poursuite de votre mandat ?

Non, les électeurs ne sont pas appelés à se prononcer sur ma politique mais pour un projet. L’objectif c’est de donner la parole aux gens d’Arbonne. Point barre. Que l’on informe sur le projet est tout à fait normal mais il faut aussi prendre de la hauteur.

... et sur le travail au sein du conseil municipal ?

Non, parce que nous avons un conseil municipal fluctuant. Chacun est libre de ses positions et le débat est ouvert d’emblée. Sur des projets de moindre importance, nous travaillons en règle générale tous dans le même sens.

 

Un référendum à valeur décisionnelle

C’est après délibération du conseil municipal du 27 juin 2012 adoptée à la majorité (9 voix pour, 8 voix contre, vote à bulletin secret) que décision a été prise d’organiser un référendum dimanche 23 septembre 2012 pour soumettre à la décision des électeurs de la commune le projet de construction d’un bâtiment multiservices.

En vertu de la loi organique n° 2003-705 du 1er août 2003, le référendum à valeur décisionnelle. Le conseil municipal devra ainsi se soumettre aux résultats, si toutefois, au moins la moitié des électeurs prend part au vote.

Peuvent participer au référendum les électeurs inscrits sur la liste électorale d’Arbonne ainsi que les ressortissants de la Communauté européenne inscrits sur la liste complémentaire.

Les électeurs ont reçu, par courrier, les informations concernant le scrutin ainsi qu’un détail du projet multiservice réalisé par l’équipe du maire. Les opposants au projet mènent, eux, leur campagne en faisant du porte-à-porte.

Le scrutin aura lieu, dimanche, de 8 h 00 à 18 h 00 au rez-de-chaussée de la salle pour tous, derrière la mairie.


Antton ROUGET

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