Culture
Le festival Biarritz Amérique Latine rebondit après un vingtième anniversaire tonitruant

19/09/2012
Carole SUHAS
Le cinéma colombien revit. Ce qui ne fût pas chose facile. Après des années d’absence de politique cinématographique et de “pornomisère” racoleuse, la Colombie s’oriente vers une production cinématographique qui conquiert petit à petit ses lettres de noblesse. Le Festival Biarritz Amérique Latine ne s’y est pas trompé et lui donne pour cette 21e édition, la post-anniversaire, une place de choix.
Du 24 au 30 septembre prochain, les films Colombiens tiendront la dragée haute aux réalisateurs mexicains ou argentins, plus habitués des “marches” de festival en tous genres. Celles de la Gare du Midi à Biarritz sont certes moins hautes que celles de Cannes, mais du côté des organisateurs du festival, on se targue d’une réelle prise avec le territoire latino-américain “où le festival est plus connu qu’à Paris”, ce qui “réjouit” Marc Bonduel, délégué général du festival. Une 21e édition qui passe après un anniversaire fêté en grande pompe et qui aura moins de très grands noms. Mais pas au détriment de la qualité, espèrent les organisateurs.
Thèmes surexploités
Le Mexique et l’Argentine sont maintenant deux pays bien installés et surtout inévitables dans la sélection biarrote, même si derrière, commencent à pousser le Chili, le Pérou et même, fait plus rare, Cuba. Malgré cela, ceux qui pourraient reprocher au Festival de Biarritz d’être sérieux, se verront une fois de plus confortés dans leurs idées avec cette 21e édition. La pauvreté, la solitude, la mort, l’exploitation, la violence, l’histoire politique restent des thèmes récurrents du cinéma latino-américain, ou du moins du panel qui en est proposé au festival de Biarritz, aussi pour souffler, pouvons-nous nous attarder davantage sur les propositions qui promettent de détonner.
Premier essai du genre, “et qui a suscité beaucoup de discussions” avoue Marc Bonduel, le long-métrage Juan de los muertos, un surprenant film de zombies cubain, réalisé par Alejandro Brugues, où quand La Havane est prise d’assaut par une armée de zombies que les médias officiels font passer pour des dissidents politiques soutenus par le gouvernement américain.
Parmi les plus loufoques, on retrouve encore et toujours les Belges. Que viennent faire des Belges dans un festival dédié au cinéma latino-américain ?
Clin d’œil à Gabriel Figueroa
Parmi les hommes de l’ombre, au cinéma, il y a celui qui est justement le maître de l’ombre et de la lumière, le directeur de la photographie. Cette année, la sélection documentaire du festival Biarritz Amérique Latine accueille La maquina loca, une immersion au cœur des images du légendaire directeur de la photographie mexicain Gabriel Figueroa, réalisée par Emilio Maillé Iturbe.
Profitant de l’aubaine, les organisateurs du festival proposent alors un clin d’œil avec deux films qu’ils considèrent comme emblématiques de l’œuvre directeur de la photographie, Maria Candelaria et Los Olvidados. En 1943, Gabriel Figuroa entame une collaboration prolifique avec le réalisateur mexicain Emilio Fernandez. Ils tourneront ensemble 25 films dont Maria Candelaria, Enamorada, La perla et La malquerida.
C’est en 1950 que Luis Buñuel, qui a débuté avec le court-métrage surréaliste Un chien andalou, fait appel au mexicain pour Los olvidados. S’en suivent El nazarin et La fièvre monte à El Pao. Le talent de Gabriel Figueroa a été reconnu dans les festivals de films les plus importants du monde et réclamé par des réalisateurs de l’envergure de John Ford ou John Huston.







