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Loin des préjugés, la musique comme lien entre population locale et gens du voyage

19/09/2012
Antton ROUGET
“Quand les gens se rencontrent, on ne parle plus ‘des gitans’, ‘des roms’ ou ‘des manouches’ dans leur ensemble mais on reconnaît les personnes ; ils deviennent M. et Mme ‘Untel’.” Pour “sortir de la tête des gens” les préjugés sur les communautés tsiganes, Michel Molina, responsable de l’antenne Pays Basque de l’association Gadjé Voyageur a sa méthode : la musique comme vecteur entre les populations.
Samedi, au théâtre de Bayonne, c’est autour d’un concert de flamenco que l’association chargée de l’insertion sociale et professionnelle des gens du voyage souhaite casser les barrières entre les cultures. Un rendez-vous musical de grande qualité pour renforcer les liens entre public local et gens du voyage.
Amalgames, préjugés, mensonges, l’association Gadjé Voyageur insiste : le “déni de la population tsigane vient souvent de la méconnaissance de l’autre et de la peur qui peut être engendrée”.
“Déjà qu’à l’origine ce n’est pas simple à comprendre, pour Michel Molina, rien n’est vraiment fait pour expliquer” les caractéristiques des populations tsiganes. “J’entends ici et là qu’ils ont des très belles caravanes sans rien faire” s’insurge le responsable associatif, aux côtés des gens du voyage depuis 25 ans, “mais tous ces gens travaillent, ce sont des auto-entrepreneurs qui ne volent d’argent à personne et qui s’endettent pour acheter leurs caravanes”.
Et puis, l’actualité
court-circuite bien souvent la compréhension d’une situation déjà compliquée. La forte médiatisation des Roms
- tsiganes originaires des pays de l’Est -, les missions évangéliques pendant les périodes estivales et les gitans et manouches installés depuis plusieurs générations au Pays Basque : pour Michel Molina, “on mélange allégrement les situations”. Et, les conséquences sont évidentes : “plus on mélange, moins on peut expliquer”.
Pascual Gallo à l’affiche
“Attention, samedi, ça va être de la musique de grande qualité.” Michel Molina ne lésine pas sur les superlatifs pour démontrer l’importance de l’événement. Le musicien Pascual Gallo, qui a joué avec les plus grands (cf encadré), bien sûr, mais aussi une première partie de haut niveau assurée par l’association locale “Habas Kalé” : le spectacle, “original”, devrait tenir toutes ses promesses. A plus long terme, l’association entend bien pérenniser les rencontres musicales pour “favoriser une meilleure relation gadjé [nom donné par les gitans aux personnes étrangères à leur communauté, ndlr] - tsigane”.
Concert : samedi 22 septembre
“Pascual Gallo : nuevo flamenco” à partir de 20 h 30 au théâtre de Bayonne. Première partie assurée par les musiciens de l’association tsigane “Habas Kalé”.
Tarifs : 15 euros, 12 euros (prévente) et 6 euros (tarif réduit). Informations et réservations au 05 59 59 54 54.
Trois questions à Pascual Gallo
Lauréat du “Premio Nacional de Toque Libre de las Minas”, un des plus prestigieux concours espagnols de flamenco, ancien président du jury au Concours Flamenco de Nimes : on ne présente plus Pascual Gallo. Originaire d’Andalousie, l’artiste français sera sur scène, samedi, au théâtre de Bayonne. Paco de Lucia, Camaron de la Isla, Jose Merce, Enrique de Melchor : entretien avec un guitariste qui a rencontré les “plus grands”.
Quels sont vos rapports avec les populations nomades ?
Les musiciens avec lesquels je tourne font partie de la communauté gitane et je connais donc très bien les problèmes que rencontrent ces populations pour s'insérer dans la société.
Quel message transmettez-vous ainsi à votre public ?
Je porte avant tout un message artistique, même si je joue parfois pour des bonnes causes. Mes concerts montrent aussi aux citadins une autre facette des gens du voyage.
Cela a-t-il joué dans la sélection de vos musiciens ?
Non, je sélectionne mes musiciens en prenant les meilleurs. La qualité est le seul critère que je prends en compte.







