Pays Basque
« Les bénéficiaires seront les prisonniers »
15/09/2012
Goizeder TABERNA
La manifestation du 13 octobre a été reportée au 10 novembre. Ce rendez-vous capital pour Herrira et la soixantaine d’acteurs du Pays Basque qui l’on soutenu a été modifié en raison des élections du 21 octobre, dans la Communauté autonome basque. La marche en défense des droits des prisonniers démarrera à 15 h 30 précise pour permettre aux personnes qui le souhaitent de se rendre à la finale de bertsu de Xiba, le même jour à 17 h 30. Gabi Mouesca, membre d’Herrira, explique le choix qui s’est imposé à eux malgré l’ampleur du travail déjà réalisé autour de cet événement.
Quelles sont les raisons précises de ce changement ?
Je voudrais d’abord remercier les personnes qui se sont investies et ont réalisé un travail précieux depuis plusieurs mois. La décision prise est le fruit d’une consultation exhaustive de l’ensemble des associations et organismes qui se préoccupent de la situation des prisonniers et des réfugiés politiques. La question était : est-ce responsable de notre part de maintenir cette date en tenant compte la réalité ? L’objectif est de faire entendre aux autorités françaises une revendication émanant du Pays Basque, puissante et forte : le respect des droits des prisonniers politiques sans plus tarder, dans le cadre du processus de paix. Cette manifestation représente un temps majeur pour les organisateurs ; dans notre esprit il y aura un avant et un après. Mais le calendrier électoral s’est imposé à nous et tous les observateurs sont conscients que derrière ce scrutin l’enjeu est la paix.
Si le message de la manifestation s’adresse à l’Etat français, pourquoi prendre en compte une élection qui concerne les provinces du sud ?
La manifestation est nationale, ce qui sous-entend que beaucoup de participants allaient venir du sud. Et ces élections constituent un événement majeur lié au sort réservé aux prisonniers politiques présents aussi bien France qu’en Espagne.
On pourrait vous reprocher que le calendrier d’un parti ait primé sur le travail réalisé…
Il ne faut pas lier un événement particulier de la campagne avec la décision que nous avons prise. Herrira rassemble au-delà de la gauche abertzale. Notre obsession éthique est le retour des prisonniers, libres et détenteurs de tous leurs droits.
Et que devient ce travail réalisé pour le 13 octobre ?
On en peut que valoriser ceux et celles qui se sont investis. Maintenant, nous avons huit semaines pour être plus opérationnels, plus efficaces. Les bénéficiaires seront les prisonniers politiques et nos revendications.
Parmi ces revendications, vous demandez la mise en liberté des prisonniers basques gravement malades. Iosu Uribetxebarria vient de recouvrer la liberté après plusieurs mois d’attente. Quelle est votre réaction ?
Trop de temps est passé entre le moment où on lui a décelé la maladie et aujourd’hui. Nous ne voulons pas que pareil procédé touche les 13 autres personnes pour qui la prison est incompatible pour raison de santé. C’est à souligner, par ailleurs, l’élan de solidarité à laquelle nous avons assisté au Pays Basque nord. La totalité des grands élus, toutes tendances confondues ont adhéré à la remise en liberté de Iosu. Cette adhésion vaut pour les 13 autres.







