Sports - Rugby
En finir avec ces moments d’absence

15/09/2012
Marc DUFRECHE
Concentrés pendant 80 minutes et forts mentalement. Voilà ce que les Bayonnais devront être aujourd’hui pour espérer l’emporter à Jean Dauger contre le Racing Metro. Une victoire basque contre les Franciliens est d’autant plus importante que l’Aviron va lors des quatre prochaines journées, recevoir à trois reprises (Racing Metro, Toulouse, Agen) pour un court déplacement à Biarritz. Mieux vaut donc commencer la série par une bonne note. Marquer des points au classement, “une nécessité pour pouvoir avancer sereinement” selon le pilier Aretz Iguiniz.
Faute de constance dans la production, les Bayonnais n’ont pas eu les résultats suffisants pour être “tranquilles” au moment de recevoir cette grosse écurie du championnat qu’est le Racing Metro. La tête ailleurs, l’Aviron l’a dans les moments clés des rencontres, et cela nuit grandement à la performance. Illustration la semaine dernière lors du match à Perpignan. Malgré une première mi-temps catastrophique, les Bayonnais sont toujours en course pour la gagne au moment où Perpignan est prêt à craquer. Les Basques marquent un essai de pénalité suite à une série de mêlées (63e).
C’est dans la tête
Aretz Iguiniz raconte la suite : “On vient de faire six ou sept mêlées. Sur le renvoi, il nous manque un peu de lucidité. On ne repart pas chez eux, ils restent chez nous et marquent trois points. Si on avait voulu gagner il aurait fallu assurer ce renvoi et repartir chez eux. On n’a pas réussi à le faire. On prend toujours des points comme ça par manque de concentration. On sait que ça a été une faiblesse pour nous.” “Quand on score parfois on n’assure pas le renvoi, poursuit Julien Puricelli. On loupe peu de touches mais les seules qu’on manque c’est souvent les touches offensives dans les 22 mètres adverses, sur lesquelles on peut créer le danger.”
Il y a aussi ces essais pris en début de seconde mi-temps comme face à Clermont et contre le Stade Français. “Prendre deux essais à la 41e minute, ce n’est pas un problème physique, c’est juste un problème de concentration”, avance le troisième ligne de l’Aviron. “On est sûr que ça se passe plutôt au niveau de la tête”, confirme Iguiniz avant d’expliquer : “à un moment de la partie il y en a un ou deux qui lâchent la concentration et ça entraîne les autres.” Le collectif devrait remédier à ce manque de concentration individuel, or c’est l’inverse qui se produit aujourd’hui à Bayonne. Un individu s’égare est tout le collectif s’écroule. Le signe évident d’un manque de confiance.
“Pas encore fait un match plein”
“Je n’ai pas lu tout Freud” plaisante Christian Lanta lorsqu’on lui demande une analyse du fait. Mais il est indéniable que le staff bayonnais doit chercher un moyen de donner un coup de pouce mental à son groupe. Les victoires nourrissent la confiance, mais comment faire lorsque l’on ne gagne pas. D’autant plus rageant que visiblement la semaine à l’entraînement la qualité est au rendez-vous comme ne cesse de le répéter Christian Lanta.
Mais les jours de match, le public, l’adversaire, la pression du résultat, le vent… beaucoup trop d’éléments sont encore capables de venir perturber la mécanique bayonnaise. “C’est sûr on n’a pas encore fait un match plein, lâche l’entraîneur bayonnais. Je le découvre aussi ce groupe. C’est un groupe en quête d’un match clé, en déficit de confiance.”
Pour se rassurer, les Bayonnais ont visiblement pris l’option de solidifier l’édifice par la défense en mettant un peu de côté les ambitions offensives. “Je pense que défensivement on est bien, c’est cohérent. Le reste viendra, il n’y a rien d’inquiétant”, annonce Julien Puricelli. Mais ce Top 14 n’a guère de considération pour ceux qui travaillent sans gagner.
Avec seulement un succès en quatre matchs et une neuvième place au classement, la victoire est aujourd’hui très importante pour Bayonne. “Il faut gagner ces matchs évidemment. Il faut concrétiser et valider notre travail par un succès”, estime C. Lanta. A. Iguiniz rejoint son entraîneur : “Au niveau rugbystique on n’est pas encore à 100 % mais les résultats doivent être là maintenant. On sait aussi que le mental et l’envie peuvent pallier ce manque de rugby pour gagner”.
La conclusion pour Julien Puricelli : “Je pense que nous avons vraiment les armes pour passer face au Racing. Maintenant il faut faire un match plein de 80 minutes. Ca a été un peu notre point faible depuis le début de saison”.







