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Ici, c’est Irissarry

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14/09/2012

Marc DUFRECHE

“Chauffeur, vous êtes sûr que c’est la route, on s’éloigne de la ville. J’ai plutôt l’impression qu’on est perdu au milieu de nulle part. N’oubliez pas que nous devons disputer un match de Handball de Nationale 2”. Que se rassure ce dirigeant d’une grosse écurie du championnat de France N2 de handball, Irisarri c’est bien là, au bout de la Départementale numéro 8. Au milieu de ce village d’un peu moins de 1 000 habitants trône la salle Airoski chauffée à blanc par des centaines de supporteurs, une banda énergique et des joueurs surmotivés à l’idée de défendre l’honneur de leur équipe au nom si curieux, Irisartarrak.

L’histoire est bien évidemment imagée, mais résume ce moment d’incertitude vécu par ces adversaires venues des métropoles et se déplaçant du côté du village aux joueurs parés de jaune et noir. L’anecdote a quelque peu vécu également, car le miracle Irisartarrak est du genre tenace et beaucoup connaissent aujourd’hui le talent bas navarrais. Depuis 2002 exactement et l’accession en Nationale 3, une division ou l’équipe Basque faisait encore figure de petit poucet l’an dernier avec ses 140 000 euros de budget.

Cette saison rien n’a changé… ou presque. Après un exercice 2011-2012 exceptionnel ponctué par une montée, l’équipe va évoluer cette année en Nationale 2. Elle trouvera en face des équipes encore plus riches, toujours plus fortes. Certaines, pour y être déjà venues, connaissent déjà la teneur d’un voyage à Irissarry. Les autres, ceux qui viendront pour la première fois, seront surpris du cadre. Mais ils ne leur faudra pas cinq minutes pour se rendre compte que salle Airoski, c’est du sérieux.

Il y a trois saisons, les Bas Navarrais avaient déjà fait un tour an Nationale 2. Un aller-retour plus exactement, puisqu’au bout d’une saison éreintante physiquement, ils retrouvèrent la Nationale 3. Le genre d’expérience difficile à digérer, et qui pour un club évoluant en sur-régime peut signifier le début d’une spirale infernale vers le bas. Mais le système de l’Irisartarrak est tel que l’équipe a vite retrouvé de l’allant pour jouer les premiers rôles en N3 et revenir très vite en N2.

Générosité et identité

En ce qui concerne les ingrédients de la réussite, Irisarri n’a rien inventé. “La générosité masque nos imperfections”. Ce proverbe arabe pourrait être inscrit à l’entrée de la salle Airoski tant le dévouement est grand ici pour le club, des dirigeants aux joueurs. Un état d’esprit possible uniquement lorsqu’une philosophie est assez forte pour souder l’ensemble.

Les joueurs ne sont toujours pas payés quand dans le même temps ils vont en affronter certains au statut semi-professionnel. “Mais ils ne doivent pas perdre d’argent ces gamins, précise l’entraîneur Eric Bordagaray. Ils ont les frais de déplacement, une dotation du club, les repas.” Les joueurs sont à l’unisson des petites mains, celles de cette quarantaine de bénévoles leur permettant de fonctionner dans de bonnes conditions.

Il y a aussi cette identité propre au Pays Basque que veut conserver l’entraîneur des Bas Navarrais : “On a perdu trois bons joueurs à l’intersaison (Urruty, Naffrechoux et Dauphiné) et on a recruté local. On a fait confiance aux joueurs venant de clubs du Pays Basque et aux jeunes formés au club. C’est un choix de ma part. J’ai envie qu’on garde cette identité. Je suis attaché à tout ça. On le voit sur le terrain ils donnent plus. Je vois aussi des entraîneurs en face qui n’ont pas ce genre d’identité et leurs joueurs ne donnent pas autant.”

Serait-ce suffisant pour obtenir le maintien ? “La Nationale 2 c’est beaucoup de contraintes notamment financières. Mais on y est et on va tenter l’aventure. On peut très bien avoir la même aventure qu’il y a trois saisons mais on fait tout pour obtenir le maintien” annonce Eric Bordagaray.

“Vers un fonctionnement professionnel”

L’entraîneur développe : “nos joueurs ont du talent. J’essaye de les emmener vers un fonctionnement professionnel : hygiène de vie, penser et vivre handball, faire des séances vidéo. On a rajouté un entraînement de plus et ils n’ont plus maintenant que le mercredi de libre.” “Il y a un fossé entre N3 et N2 mais ils veulent le maintien, poursuit le technicien. Le rapport de force n’est plus du tout le même. La question est de savoir combien de temps on tiendra face à ces équipes. 50 minutes ou plus ?”

Autour du capitaine Philippe Oxandabaratz, Irisartarrak attaque cette saison avec un groupe assez jeune. Beaucoup seraient donc tentés de donner du temps à ce groupe pour grandir encore un peu. Pas en Basse Navarre ou il existe également cet ingrédient indispensable à la performance, l’ambition. “Qu’ils grandissent de suite très vite, on n’a pas le temps d’attendre”, averti Eric Bordagaray. Irisartarrak est prêt, les adversaires peuvent descendre du bus.

 

La pré-nationale avec Anglet-Biarritz, Tardets et Urrugne

Irisartarrak en Nationale 2 est le club phare du handball au Pays Basque nord. L’Anglet-Biarritz Olympique (garçons et filles), le Zibero Sport Tardets (garçons et filles) et l’Urruñarrak évoluent deux divisions plus bas en pré-nationale, non sans ambitions pour cette saison 2012-2013 qui débutera pour eux le week-end prochain

Patxi Etcheverria (Responsable Sportif de l’Anglet Biarritz Olympique Handball) : “Chez les garçons on est en pré-nationale depuis cinq ans et on aimerait un jour monter en Nationale 3. Cette saison ou la saison prochaine je ne sais pas, mais c’est sûr que la Nationale 3 représente un cap pour le club. Il y aurait alors plus de visibilité et peut être plus de moyens. On essaye d’avoir les moyens de nos ambitions en recrutant des joueurs d’un bon niveau. Cette année on a un peu moins recruté. On s’y est pris plus tôt et on a plus ciblé, notamment en base arrière ou on a eux joueurs qui sont partis tenter l’aventure Nationale 2 à Irisarri. Du côté des filles, elles montent en pré-nationale. On attendait depuis un moment cette génération douée qui est finalement arrivée. Les anciennes ont maintenu le niveau en régional pendant des années et la jeune génération a pris le relais. C’est du costaud en terme de niveau. Pour cette saison il n’y a pas vraiment d’objectif fixé pour elles. On verra.”

Pierre Erreçaret (président Zibero Sport Tardets) : “L’équipe fille a un nouvel entraîneur, mais c’est le même groupe que la saison passée avec quelques filles des moins de 18 ans championnes d’Aquitaine Excellence l’an dernier qui montent. L’objectif est de ne pas avoir de défaites à la maison. Chez les garçons c’est un peu pareil avec un groupe inchangé. Les moins de 18 ans qui étaient surclassés l’an dernier et qui jouaient avec la première équipe passent seniors. L’an dernier ont fini troisièmes grâce à une très bonne fin de saison. Finalement chaque année on fini plus ou moins à la même position alors cette année on aimerait bien terminer encore dans le tiercé de tête. Il y a une grosse équipe annoncée dans la poule avec la réserve de Billère dont la première équipe joue en Division 1. Pour le reste ça devrait être équilibré.”

Sylvie Desmazières (entraîneur Urruñarrak) : “Cette année on vise la montée en Nationale 3. Ca fait six ans qu’on échoue soit parce que nous avons un effectif touché par les blessures soit parce qu’il y a une équipe au-dessus du lot comme ce fut le cas la saison dernière. Nous avons deux anciennes joueuses qui reviennent et un seul départ. C’est un groupe exclusivement formé de joueuses venant d’Urrugne. Le groupe a envie de monter. Les clubs concurrents pour la montée ? on ne les connaît pas trop pour l’instant on va découvrir le niveau de la poule au fil des premières journées.”

 

D’entrée dans le vif du sujet

Le premier rendez-vous des Irisartarrak a lieu demain au Bruges33, équipe relégué de Nationale 1 et qui ambitionne de remonter dès cette saison.  Les Girondins se sont renforcés en recrutant des joueurs de très bon niveau aux physiques imposants comme Arnaud Fernandez, frère de Jérôme Fernandez capitaine de l’équipe de France, Clément Gatineaux, arrière droit des Girondins de Bordeaux (N1) et Vincent Hoarau, jeune pivot venant de Billère. Autant dire que les Bas-Navarrais vont entrer de suite dans le vif du sujet. “Mon discours de la semaine a été qu’il vaut mieux les prendre maintenant, raconte Eric Bordagaray. Ce sont des matchs qui se jouent à l’envie il n’y a pas encore les automatismes, la préparation physique pèse dans les jambes. Sur les quatre premiers matchs nous avons trois déplacements périlleux. Il faudra une période d’adaptation mais les jeunes sont encore dans l’euphorie de l’an dernier. La dynamique de la montée va nous aider.”

 

Irisartarrak 2012-2013

Création du club : 1 972
Division : Nationale 2
Président : Beñat Larramendy
Entraîneurs : Eric Bordagaray et Gérard Rodriguez
Salle Airoski (500 places)
Budget : 140 000 euros

Effectif (en italique les arrivées)
Gardiens : Romain Dupuy ; Guillaume Petit Peyrot ; Yannick Bidalun.
Arrières : Alexandre Mellouk ; Paul Darritchon ; Frantxoa Jaureguy ; Julien Requena (Anglet/Biarritz) ; Mathieu Cazalon (Anglet/Biarritz).
Demis : Thomas Saragueta ; Simon Perez.
Ailiers : Jérémy Vallée ; Eric Andiazabal (Urrugne), Fabien Etchebarne.
Pivots : Philippe Oxandabaratz (cap) ; Mathieu Oxarango.

Départs
Beñat Urruty (arrêt), Laurent Naffrechoux (arrêt), Laurent Dauphiné (Lucq de Béarn), Florian Ranza (Pessac).


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