Pays Basque
LGV : Georges Labazée voudrait être rassuré par le président François Hollande
08/09/2012
Carole SUHAS
Tandis que la rentrée scolaire bat son plein (plus ou moins bien), Georges Labazée s’inquiète aussi de la rentrée politique du gouvernement socialiste. Aussi a-t-il écrit une lettre adressée à François Hollande et à Frédéric Cuvillier, ministre des transports.
Les doutes de l’élu viennent notamment des récentes prises de position de certains représentants du gouvernement concernant la pertinence des projets de lignes à grande vitesse, et leur coût faramineux. Alors que le gouvernement a annoncé son intention de réaliser un point d’avancement de ces différents projets, le président du Conseil Général rappelle “l’intérêt crucial” de la LGV qui “reliera Bordeaux à la frontière espagnole”.
Le Conseil Général, qui participe à hauteur d’environ 80 millions d’euros au projet veut donc être rassuré sur la position de l’Etat. Parmi ses arguments, celui des “possibilités de report modal vers le fret ferroviaire afin de libérer des sillons sur le réseau ferré existant et de décongestionner l’A63”. Un discours qui, à l’heure du marasme de l’entreprise de transport Novatrans et de la menace de disparition de ses 22 emplois sur la plateforme multimodale de Mouguerre, dénote. “RFF a affirmé en réunion que ‘les plateformes multimodales de Hendaye et Mouguerre ne se justifiaient que par la rupture créée par l’écartement international des rails’” assure de son côté Victor Pachon, porte-parole du Cade, principal opposant au projet LGV en Pays Basque.
Un écartement qui devrait être résolu avec la connexion au Y basque, un autre pendant du projet LGV. Or, “il y a un centre multimodal en projet à Lezo. Ils vont exterminer Hendaye et Mouguerre. Les trains partiront de Lezo pour aller directement à Dax récupérer l’ancien réseau. Aucun arrêt ne se fera au Pays Basque” avance le militant.
Une “fumisterie”
Face à cette bataille de chiffres et de faits entre promoteurs et opposants du projet, le président du Conseil général argue aussi du soutien populaire. Et de s’appuyer sur les récentes élections législatives qui auraient “confirmé la tendance” au plébiscite de la population. “Preuve en est la victoire de la nouvelle députée Sylviane Alaux, favorable à la LGV, face à Michèle Alliot-Marie, farouchement opposée au projet” analyse-t-il.
C’est “ahurissant” réagit Victor Pachon. “C’est une fumisterie de faire une analyse par rapport aux élections” estime ce dernier. “Dans le Sud-Gironde, Alain Rousset est passé haut la main, par contre lors du référendum ils ont dit non au projet de LGV à 90%. En Pays Basque c’est la même chose. Les pro-LGV, la manifestation c’est quand ils veulent. Ils sont 300 à la CCI mais on attend les 15 000 personnes dans la rue” assène le militant en guise de conclusion.







