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L'opinion - Tribune Libre

Éditorial - Mais à quoi joue donc le Parti Socialiste ?

08/09/2012

Antton ETXEBERRI

Voilà des années que le Parti Socialiste jongle entre ses différents courants, concernant sa position vis-à-vis du Pays Basque. La réunion du Conseil des Elus de jeudi soir a permis de connaître la position de chacun sur le dossier très attendu de la Collectivité territoriale. Pris dans leurs contradictions internes, les élus socialistes locaux ont brillé par leur inconstance : entre les partisans du retour à la structure de “pays” et les promoteurs de la mise en place d’une Collectivité spécifique du Pays Basque à compétences propres, certains ont trouvé bon de s’engouffrer dans une troisième voie en proposant un texte à la dernière minute. Ce texte suppose une marche arrière toute et pose deux problèmes. Tout d’abord il intervient en bout de chaîne, faisant peu de cas des nombreux mois de réflexions et de travail qui ont abouti à une proposition discutée et acceptée par une grande majorité. Le second problème porte sur le fond : le texte proposait en fait la mise en place d’une expérimentation en Pays Basque pour une structure dont les représentants seraient désignés par des institutions publiques, et non plus par les habitants du territoire. Voilà vingt ans que le Pays Basque est considéré comme un laboratoire d’expérimentation ! Au moment où se dégage au sein de la société une volonté de reconnaissance du Pays Basque, et parallèlement une occasion historique de trouver des solutions politiques au conflit en Pays Basque, il n’est plus suffisant de ressortir les vieilles recettes, au nom d’un soi-disant consensus. La position consensuelle doit s’inspirer des besoins de ce pays et de la volonté populaire, et non du besoin de préserver les différents courants au sein du PS. L’attente est forte localement pour obtenir une collectivité territoriale à statut particulier avec des compétences larges. Les guéguerres entre courants du Parti Socialiste n’ont pas à remettre cela en cause. Trente ans après la trahison de Mitterrand, François Hollande a le devoir aujourd’hui de reconnaître la spécificité du Pays Basque et de lui octroyer une vraie institution, comme cela a été fait il y a quelques années pour la Corse.

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