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Sujet à la une

Rentrée scolaire : les parents d’élèves ont du mal à percevoir le changement

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06/09/2012

P. MAILHARIN et C. SUHAS

Pour les parents d’élèves qui croient encore aux miracles, le retour sur terre risque d’être brutal : François Hollande n’est pas le Messie et il y aura bien des suppressions de postes lors de cette rentrée scolaire 2 012. Peut-être aussi, néanmoins, quelques ouvertures ou non-fermetures de classes. Un comité technique paritaire départemental (CTPD) dit d’ajustement en décidera mardi prochain 11 septembre. D’ici là, des rapports de forces sont en train de s’installer. Le point sur les enjeux au Pays Basque.

Deux établissements ont d’ores et déjà annoncé leur entrée en résistance. A l’école Jean Abbadie de Boucau, les parents s’opposent à la réduction d’un poste d’enseignant, pour des raisons allant de l’augmentation des classes à double niveau à la baisse de 50 % de la décharge accordée au directeur pour le travail administratif, en passant par la perte du référent anglais, également pressenti au remplacement en 2 013 du professeur de cm2 partant à la retraite. “D’un point de vue humain, c’est lamentable, on traite les gens comme des pions”, fustige Claire Trinque de la fédération FCPE. Après la pétition devant l’école mardi, qui a recueilli une large adhésion des familles, une occupation des locaux est programmée vendredi à partir de 8h20.

Demi-poste menacé à Ossès

Au Regroupement pédagogique intercommunal (RPI) d’Ossès-Saint-Martin-d’Arrosa, la fermeture d’un demi-poste de basque ne passe pas non plus. “En fait, ce qui est proposé, c’est la suppression d’un demi-poste de français et un demi de basque. Les parents, les élus des deux communes et Ikas-Bi (l’une des deux fédérations de parents d’élèves du bilingue, ndlr) ont accepté le principe de la suppression du demi-poste de français pour des raisons d’effectif. Par contre, nous refusons de manière catégorique celle du demi-poste de basque”, explique Mixel Esteban, le coordinateur d’Ikas-Bi.

Si la structure a perdu en tout un élève entre 2011 et 2012 (76 contre 75), les effectifs bilingues se sont eux accrus de 5 unités (56 à 61). “Ikas-Bi est sur un positionnement raisonnable. La suppression du demi-poste de français se justifie, pas celle de basque”, réitère Mixel Esteban. Une mobilisation se prépare vendredi à partir de 11 h 30 devant l’école d’Arrosa, en présence de représentants des deux mairies.

Peu d’espoir au Boucau

La réponse à ces deux soulèvements du directeur académique des services de l’Education nationale Philippe Couturaud est différenciée. Il ne semble pas disposé à revenir sur sa décision boucalaise : “Il y a 20 élèves de moins que l’année dernière. On était à 22 élèves par classe. On sera au même taux d’encadrement, dans un certain nombre d’écoles, c’est plus élevé”. Claire Trinque ne le conteste pas mais rappelle que l’établissement est en RRS (Réseau de réussite scolaire).

M. Couturaud balaye aussi les autres arguments : “Avec neuf classes du CP au cm2, il peut y avoir deux niveaux maximum par classes, ce n’est pas bien compliqué. L’humain, on s’en occupera aussi. On trouvera un poste quelques kilomètres plus loin”.

Son discours semble en revanche moins arrêté pour le RPI d’Osses-Saint-Martin d’Arrosa : “On est en train de travailler sur ce dossier. J’attends les chiffres de l’inspectrice d’Académie, elle a attiré mon attention là-dessus. J’envisage cela de manière plutôt favorable, même s’il est trop tôt pour en dire plus”. 

Guiche et Citadelle peut-être

Lors du CTPD de mardi, d’autres écoles tenteront de faire valoir leurs situations. “Bayonne Citadelle espère une ouverture de classe, après la fermeture de l’an dernier. Guiche également, suite à une augmentation d’effectif”, indique Pierrette Formet, déléguée du syndicat enseignant Snuipp-FSU 64, “déterminée” à défendre entre autres ces deux requêtes.

M. Couturaud ne ferme pas la porte, mais attend les chiffres : “Les effectifs semblent être remontés à Citadelle. L’inspecteur de circonscription doit me le confirmer. Si c’est le cas, on fera ce qu’il faudra. A Guiche, l’inspectrice doit aller sur place. Des fois, les inscrits ne sont pas tous là. Si on constate une hausse, on ne laissera pas de classe surchargée”.

A l’école maternelle et primaire Lizardi de Hendaye, les parents appellent à l’ouverture d’un demi-poste de français. M. Couturaud tempère : “Il y a une grosse poussée d’élèves, transfrontaliers. Mais notre mission n’est pas de scolariser tous les élèves venus de l’autre côté de la frontière”.

Cas particulier à Lacarre-Ainhice

Un dernier cas, très particulier, demande à être dénoué à Lacarre/Ainhice-Mongelos. “Pendant l’été, les élus de Lacarre et Ainhice ont décidé de rendre réel le projet de regroupement de l’école sur Ainhice, sans en informer l’Education nationale, relate Pierrette Formet. Sur les deux enseignants qui devaient être affectés à Ainhice et Lacarre (un poste et demi), un a été affecté ailleurs (un poste). L’enseignante a qui il restait un demi-poste a demandé un temps plein. Le demi-poste restant n’a pas été pourvu. Je vais demander qu’il le soit”.

L’enseignante se retrouverait sinon avec “25 élèves, de la petite section au cm2, dans des conditions matérielles catastrophiques”. M. Couturaud se dit “à la recherche d’information dans ce dossier”. Mme Formet aimerait que “l’Education nationale cesse d’être dans une logique comptable”.

Des sorts incertains

Toutes les revendications n’obtiendront pas gain de cause. Certaines structures, remontées avant les vacances, ont choisi de ne pas reprendre la lutte. C’est le cas à l’établissement du Grand Bayonne : “Nous avons six élèves de moins que prévu, il n’y aura pas de mobilisation. Elle ne serait pas gagnable”, justifie le parent Daniel Harotzarene. A la maternelle du Petit Bayonne, en revanche, on a décidé de repartir au front, dès vendredi (16 h 30), contre la suppression d’un demi-poste qui semble se profiler. “On est sur des états d’effectif très limites”, confirme l’inspecteur de circonscription M. Tauziet.

A l’observation de la chute de leurs effectifs, d’autres craignent pour leur avenir. Ils peuvent : l’Education nationale n’a pas fait de sentiment lorsqu’il a fallu fermer Balichon à Bayonne : “Il n’y avait plus d’élèves ou une dizaine. A terme, c’était prévisible”, tranche P. Couturaud.

 

Transports scolaires : L’enigme de la rentrée résolue par Georges Labazée

A tous les parents affolés des changements d’horaires, d’arrêts et de lignes de bus scolaires, Georges Labazée, président du Conseil Général (CG), conseille la concentration et la prévoyance. A la rentrée 2012, certains auront la mauvaise surprise de découvrir sur leur arrêt de bus habituel que le car qui emmène leur enfant à l’école ne s’arrêtera plus. Ce qui a eu le don de les énerver un tantinet.

“Nous avons modifié le règlement en bien, afin que tout le monde continue de bénéficier de la gratuité des transports. Il faut pour cela qu’il y ait partout des comportements républicains” répond G. Labazée à tous ceux qui se plaignent de la disparition de leur arrêt. Le règlement dont il est question, c’est quatre enfants au minimum à un arrêt pour que le bus s’arrête. Plus question donc pour un enfant qui ferait cavalier seul d’espérer quoi que ce soit du chauffeur. La faute à des factures de plus en plus lourdes à assumer pour le Conseil Général. Car plus il y a d’arrêts, plus la note du transporteur est salée et plus la gratuité des transports scolaires s’éloigne.

Les parents, ces mauvais élèves

Des lignes de bus modifiées pourquoi pas, les parents finiront bien par en convenir. Par contre ce qui les “défrise” un peu plus, c’est le manque d’information. Pourtant, “ils ont reçu toute l’information par courrier début juin” soutient le président du CG. Ce qui a fondamentalement changé c’est qu’aujourd’hui horaires de passages et arrêts de trajet ne sont plus communiqués par le transporteur mais par le Conseil Général qui en a repris la responsabilité. Et “tout est perfectible” reconnaît G. Labazée lorsque l’on lui parle des dysfonctionnements du site internet (www.cg64.fr) et du numéro de téléphone (05 59 40 36 60) mis en place pour “tout savoir”. A condition d’être patient. C’est ce que le président du CG recommande face à un site qui ne fonctionnerait pas correctement ou à un numéro de téléphone qui ne répondrait pas. “Si tous les parents du département appellent en même temps ça encombre un peu la ligne”. Le conseiller général Jean-Jacques Lasserre demande tout de même à M. Labazée de mettre en place une “cellule de crise” pour pallier à ce qu’il qualifie de “chaos”.

D’autant plus, que ces cancres de parents “ont eu l’information” répétera-t-il. Petit rappel tout de même pour ceux qui “ont attendu le jour de la rentrée pour s’inquiéter” comme dirait M. Labazée, les cartes de transports sont à retirer à la seule agence technique du Pays Basque située à Ciboure. Passage obligé de contrôle car “la gratuité n’exclut pas la responsabilité”. Fraudeurs, le Conseil Général veille.

En cette rentrée 2012, à l’instar des années précédentes, ce sont près de 10 transporteurs différents qui assurent les lignes scolaires, choisis en fonction de leur capacité à répondre aux nouvelles normes d’accessibilité aux personnes handicapées d’ici 2 015. “Certains ont fait des efforts, d’autres se sont dit qu’ils allaient faire supporter au département le coût des transformations et certains proposaient des prix inacceptables” répertorie Georges Labazée. Il a donc fallu trouver les “solutions les plus raisonnables”. Aux transporteurs déçus, le président du CG rappelle la jungle impitoyable de “l’économie de marché”.

 

Rentrée “Confortable” pour Integrazio Batzordea, un peu moins pour les réseaux d’aides specialisées

Une fois n’est pas coutume, la rentrée d’Integrazio Batzordea est plutôt bonne cette année. L’association qui milite pour l’accès à la scolarisation en ikastola des enfants atteints de handicap, fait une “rentrée confortable” selon sa coordinatrice, Nicole Artola. L’Education Nationale couvre en effet les 19 postes d’auxiliaire de vie scolaire (AVS) réclamés par l’association pour cette rentrée 2 012.

Reste encore à charge d’Integrazio Batzordea les postes de moniteurs éducateurs. Tandis que l’AVS accompagne et seconde l’enfant atteint de handicap, le moniteur éducateur rentre, lui, dans la pédagogie et la méthodologie éducative. Ces moniteurs éducateurs “représentent 10 enfants suivis pour la rentrée, avec une moyenne de 5 heures par enfant” explique Dominique Idiart, président de l’association.

Une bonne nouvelle que Nicole Artola se plaît à rattacher aux actions qui ont pu être menées tout au long de l’année. Mais aussi, “l’Education Nationale a vu une petite augmentation de son budget. Quand il n’y a pas beaucoup d’argent on réfléchit pour faire les choses de manière différente” analyse-t-elle. Depuis deux ans, la rémunération des AVS est comptabilisée à l’heure quand elle l’était autrefois au quart-temps.

Le ton est moins enjoué en revanche du côté des RASED, les réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficultés, qui rassemblent rééducateurs (maîtres G), aides pédagogiques (maîtres E) et psychologues scolaires.  L’inspecteur d’académie, P. Couturaud, confirme la fermeture de 21 postes sur le département, mais explique : “nous avons créé un poste en psychologue, un en maître G et nous avons réduit de moitié les rééducateurs passés de 26 à 23. Ca fait 21”. Pas de fermeture sèche pour les maîtres E qui restent en poste, mais à mi-temps, partagés en classe “normale” et RASED. D’un point de vue quantitatif tout se tient, mais “le redéploiement des effectifs et ce passage au mi-temps pénalisent certains établissements où les besoins sont plus importants, notamment en Réseau de Réussite Scolaire. On a enlevé à Pierre pour habiller Paul” explique Sylvie Mellina, psychologue scolaire.

Les chiffres opposés à la réalité sur le terrain, la constante de cette rentrée 2012, même si Sylvie Mellina a de l’espoir. “Apparemment, tout ce redéploiement avait déjà été acté sous le gouvernement précédent, maintenant nous espérons qu’à la rentrée prochaine nous serons entendus”.

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