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Culture

Black et Basques seront à la Poterne

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05/09/2012

Prenons un rêve, celui du métissage des cultures basque et black, une ville, Bayonne parce qu’ancrée dans son territoire, une intention, celle de mieux comprendre l’autre, d’impliquer des personnes dans un projet. Saupoudrons le tout d’art et d’inspiration et vous obtiendrez Black & Basque, le festival qui débute vendredi et se prolonge jusqu’à dimanche à la Poterne.

L’idée est de réunir des artistes autour de la culture afro-américaine et la culture basque “pour en faire un rendez-vous culturel majeur à Bayonne, événement interactif et multigénérationnel, pour un fabuleux croisement des cultures” peut-on lire sur le site du festival Black & Basque.

Et ici point de maître queux. Tout est fait “comme à la maison”, sans chichis ni tralala mais collectivement. A l’origine du projet, on trouve une association JFB Lagunak en mémoire de Jean François Bizot, fondateur du journal Actuel et de Radio Nova. On y compte notamment Bernard Zekri, ancien collaborateur d’Actuel, cofondateur du label Celluloïd à New York, directeur de la rédaction des Inrockuptibles, Loïk Dury aka DJ Loïk, directeur des programmes de Radio Nova de 1987 à 1997, compositeur des B.O. de Cédric Klapisch, et Christian Borde, directeur des programmes de la radio I Have A Dream, co-fondateur de Groland et initiateur du projet Black&Basque. Mais n’allez pas vous méprendre. Si professionnels il y a, il n’en reste pas moins que tous sont là pour oualou, fitxik.

Et pour marrainer ce festival unique au Monde, qui pouvaient-ils trouver de mieux qu’Angélique Kidjo grande voix féminine du Bénin. Précieux soutien de l’événement, elle ouvrira le festival en basque, français et en anglais.

Mélanges

Le tout est agrémenté de 200 bénévoles et avec le soutien d’associations locales comme IPK, La Locomotive, Bizi!, Cob Boxe, L’Atalante, Le Patxoki, Baxter& Rojos… “On ne peut pas faire un festival en Pays Basque sans s’appuyer sur le réseau local”, insiste R. Rivière.

Et la recette avait fait l’unanimité l’an passé. Bilan positif tant au niveau financier qu’artistiquement. “C’était un chouette métissage entre culture basque et black”, observe Rémi Rivière, membre de l’organisation, avant d’ajouter, “ici l’ambiance est détendue. Les artistes se baladent et ne sont pas suivis par des gardes du corps. Il y a un réel mélange”.

Et à ce propos, Sandra Nkake, artiste présente lors de l’édition passée et qui, comme d’autres, a décidé de remettre le couvert (cf. encadré) confiait : “Ce sont des gens qui sont dans l’idée d’une politique sociale”. D’autres ont aussi été charmés par les lieux. C’est le cas d’Akhenathon qui déclarait être “fier d’avoir participé” à ce festival qui plus est dans un “cadre magnifique”.

Bénévoles et artistes se croisent sur le site. Et à la différence des autres festivals, ces derniers viennent mais ne repartent pas aussitôt leur prestation terminée. Bénévoles et artistes se croisent ainsi sur le site. Bref un réel mélange en tout point.

A la hâte

Et pourtant la tâche n’était pas aisée. Une programmation très riche pour un festival monté en très peu de temps. “Pour la première édition, on ne savait pas trop où on allait. Il a fallu trouver 200 bénévoles en quinze jours”, confiait R. Rivière. “Aujourd’hui, on a appris à travailler ensemble. Et on est entouré de gens qui savent faire. Même s’il y a de l’impro, c’est carré derrière !”.  De belles perspectives pour cette nouvelle édition donc…

 

Côté restauration et autres…

Le site du Festival ouvrira ses portes le vendredi à 19 h 30. Les samedi et dimanche, ce sera à partir de midi du côté de l’allée de la Poterne, soit pile à l’heure du pique-nique proposé par l’association Euskal Herriko Laborantza Ganbara. Attention, ils ne servent plus après 15 heures. Mais pour ceux qui auraient omis le déjeuner, pendant toute la durée du festival, Integrazio Batzordea, association des parents et amis d’enfants handicapés scolarisés dans les ikastola, proposera les meilleures talo au public les fins d’après-midi et soirées.

Enfin, des t-shirts Black & Basque seront mis à la vente. L’intégralité des bénéfices sera reversée à la Fondation Batonga, fondation créée par Angélique Kidjo, et qui a pour but d’appuyer l’éducation secondaire et supérieure des filles en Afrique.

 

Une affiche inter-diciplinaire

“Ici ce n’est pas la programmation qui prime” annonce Rémi Rivière, membre de l’organisation. Néanmoins un festival sans programmation ça n’existe pas. Et c’est Moustic qui est aux commandes. A l’affiche de cette seconde édition, toujours de la musique bien sûr, et toujours de la photographie, de la peinture, et de la littérature.

Ainsi, côté musique, on pourra compter sur la présence de certains artistes de l’an passé : Angélique Kidjo bien sûr, Akhénaton avec IAM, Sandra Nkake, Bal2vieux reviennent aussi. Une rencontre est à noter parmi les nouveaux arrivants, celle entre Manu Dibango et Oreka TX qui promet un grand moment dimanche. Manu Dibango signe ainsi son retour au Pays Basque après une première apparition en soutien à l’association Piztu devenue EHZ.

Autre nouveauté, une réplique d’un Juke joint out droit venu du Mississippi sera déposée à la Poterne. Le Juke joint était une sorte de club, en fait une bicoque en bois, où se retrouvaient les noirs américains pour danser, boire… Un peu l’équivalent de nos gaztetxe ! On pourra y découvrir toute une sélection de livres et disque en partenariat avec librairie.

Par ailleurs, le magnolia centenaire, situé au Parc de la Poterne, figure également dans la programmation. Il accueillera des mots et des vœux sur tissu ou sur papier, suspendus délicatement par des rubans colorés. On pourra également y partager une discussion autour de la poésie Black avec Renaud Faroux.

Côté art graphique, 9e Concept propose un “Cook My Record”. Les participants choisissent un vinyle, remixé en direct par un DJ. A sa suite, Jose Luis Zumeta ou Gonzalo Etxebarria habilleront le vinyle pour le spectateur qui repart avec un souvenir.

Tout le programme en détail sur www.blackandbasque.com.

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