Pays Basque
Les conducteurs de l’ATCRB en plein brouillard quant à leur avenir

31/08/2012
Pierre MAILHARIN
Depuis quelques semaines, les conducteurs de l’ATCRB circulent en plein brouillard. “On n’a aucune visibilité. Que l’entreprise aille mal, qu’on soit licenciés, mais pas dans ce silence !”, déplore l’un d’eux. “Il n’y a ni communication interne, ni externe. Je trouve ça très bizarre. Et je ne suis pas le seul à le penser.”
Pas facile d’ôter la buée du pare-brise. Une certitude : comme le Journal du Pays Basque l’a annoncé hier, sur la foi d’un document du groupe Véolia-Transdev – propriétaire de l’ATCRB – au personnel, la société a perdu ces deux dernières années, en particulier en 2012, “un certain nombre de marchés publics du Conseil général” (voir encadré), plongeant “dans une situation délicate”, dixit le directeur de la communication de Transdev Sud Ouest, Xavier Tersen.
En revanche, autour de ce contexte compliqué, se serait formée “une montée de mayonnaise injustifiée”, avec l’évocation d’un “plan social” et d’une quarantaine de licenciements : “Pour le moment, il est faux de parler de plan social”, affirme-t-il, rejoint par le délégué FO de l’ATCRB, Laurent Loubere, “scandalisé par les effets d’annonces médiatiques, qui font peur aux gens”.
Plusieurs facteurs justifieraient cette prudence. Avant la rentrée scolaire, il resterait d’abord plusieurs appels d’offres à trancher. “Des consultations scolaires sont encore en cours représentant un chiffre d’affaires de moins de 100 000 euros”, indique le courrier interne de Transdev, sans qu’on n’ait pu en savoir davantage.
Par ailleurs, comme le prévoit l’organisation du secteur, une partie des salariés de l’entreprise qui a perdu l’appel d’offres peut se voir proposer un transfert de contrat dans la ou les sociétés vainqueurs. En l’occurrence, le Basque bondissant et Réunir Pays Basque. “On est aujourd’hui dans la démarche de savoir si tout le monde a été contacté”, affirme Laurent Loubere.
Vingt-et-un conducteurs contactés ?
Joint par téléphone, Joël Arcondéguy, gérant du Basque bondissant – également PDG de Réunir Pays Basque – nous a de son côté signalé “avoir fait une proposition à des salariés” et “attendre qu’ils se prononcent pour en dire plus”. Une autre source fait état de 21 conducteurs contactés.
Réponse fin septembre
Il faudra encore que ces derniers acceptent le transfert, ce qui serait loin d’être fait. “Les personnes parties de chez eux pour venir chez nous n’ont pas forcément envie d’y retourner”, glisse M. Loubere. “On ne sera pas nombreux à partir au Basque”, confirme un conducteur.
On devrait en savoir davantage d’ici fin septembre.
Pertes au Sud Pays Basque
Les difficultés actuelles de l’ATCRB sont liées à la perte de plusieurs marchés publics de transport scolaires attribués par le Conseil général : “Le marché du transport scolaire est représenté par 67 lots à l’échelle du département”, éclaire le directeur des déplacements, François Guyot. “En synthétisant, la holding Réunir Pays Basque et Le Basque bondissant ont gagné de nombreux marchés sur le secteur sud Pays Basque [Guéthary, Urrugne, Hendaye, Saint-Jean-de-Luz, Sare, Ascain] au détriment de l’ATCRB qui les détenaient jusqu’ici.” Hier, le premier vice-président du Conseil général, Kotte Ecenarro, a reçu une délégation de la CFDT de l’ATCRB qui souhaitait connaître les raisons de certains choix de l’antenne départementale pour le concurrent, quand l’offre de leur compagnie était “moins disante”. Il leur a été répondu que les paramètres techniques et de qualité de service avaient aussi été pris en compte.







