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Sujet ŕ la une

Un jeune Larresoroar lance Banaka, son entreprise d’ébénisterie

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30/08/2012

Benjamin DUINAT

En mai dernier, le Larresoroar Peio Hirigoyen (32 ans) crée son entreprise d’ébénisterie et d’agencement. Le jeune, discret et affable, explicite le choix du nom qu’il lui a donné. “Je l’ai appelée Banaka, un par un en euskara. D’abord, il m’a paru que cela sonne bien ; et, à travers ce nom, je veux exprimer l’état d’esprit dans lequel je travaille. J’entends faire les choses à l’unité, du sur-mesure, contrairement à une logique de fabrication quasi industrielle. C’est ainsi que je vois les choses afin de pouvoir donner un service de qualité et adapté aux besoins et attentes de mes clients”.

Une formation complète

Avant de se lancer dans cette initiative, le jeune ébéniste a suivi une formation complète, gage de son sérieux : CAP ébénisterie en apprentissage, bac pro des métiers de l’art, avec entre-temps une médaille de bronze au concours de meilleur apprenti de France. Par la suite, il a travaillé pendant dix ans au sein d’entreprises d’ébénisterie et d’agencement de Basse-Navarre et du Labourd afin d’acquérir l’expérience nécessaire à la création de Banaka. “Depuis longtemps déjà, j’avais le projet de créer ma propre entreprise. J’ai tout fait pour y parvenir”, précise-t-il.

Pour Peio Hirigoyen, le goût du travail du bois est une affaire de famille : “Mon père exerçait un métier lié au travail du bois et avant lui mon grand-père. Je l’ai toujours vu au contact du bois ; j’imagine donc que mon goût particulier pour ce matériau n’est pas fortuit : on pourrait dire que l’on a ça dans le sang. De plus, j’ai toujours aimé les travaux manuels et su que je voulais pratiquer un métier concret.”

Si son père était menuisier, c’est d’abord par hasard, pour les nécessités de son apprentissage, puis par conviction, qu’il s’est consacré à la fabrication de meubles : “J’aime l’ambiance feutrée de l’atelier, la nécessaire application et le caractère méticuleux du travail de l’ébéniste.”

Sobriété et lignes épurées

Sa formation classique lui a permis d’acquérir un solide socle de connaissances et de savoir-faire. Il dit regretter que les fabrications d’ébénistes pâtissent souvent d’une image terne due à la surcharge décorative de certains meubles. “Pour ma part, j’aime les choses assez modernes ; mes goûts penchent pour la sobriété et les lignes épurées. J’apprécie les choses minimalistes et légères à l’œil. Beau ne signifie pas nécessairement compliqué. Il faut trouver un juste équilibre entre les différents types de bois et les multiples styles. C’est ce que je m’attache à faire, tout en respectant les idées qui me sont soumises”, commente-t-il.

Afin d’effectuer un ouvrage de qualité, Peio Hirigoyen aime à se rendre chez ses clients pour y évaluer les besoins et les possibilités, notamment dans le cas d’agencement, c’est-à-dire de l’ébénisterie appliquée à l’architecture intérieure. “A Anglet, j’ai récemment fait un bureau pour un cabinet d’architectes. Le mur est flanqué de deux niches et il fallait les habiller. En accord avec cet architecte, j’ai réalisé un meuble qui épouse la forme du mur et a été spécifiquement conçu à cet effet. J’utilise un logiciel pour visualiser en 3D le rendu final de la conception, ce qui est très utile non seulement pour moi, mais aussi très apprécié par mes clients.”

Débuts en temps de crise

Pour l’instant, Peio Hirigoyen peut profiter de l’atelier de l’un de ses anciens collègues de travail à Irouléguy : “C’est un sacré coup de pouce”, lance-t-il pour remercier son ami. “Je vis actuellement à Espelette, dans la ferme familiale. J’ai l’intention d’y installer très rapidement mon atelier.” Et ce ne sont pas les temps de crise qui vont le dégriser et entamer sa détermination : “Cela fait cinq ans que j’entends ça et là que ce n’est pas le bon moment pour créer son entreprise. Or, j’ai vu des personnes tenter leur chance et s’en sortir avec succès. La crise est là, c’est indéniable. Mais j’ai fait le pari de commencer petitement, à ma mesure ; je suis seul à travailler et développerai progressivement mes activités. Je veux d’abord proposer un service que je sais de qualité et à un prix modéré”, conclut-il.

P. Hirigoyen dispose d’un blog, où plusieurs de ses réalisations peuvent être consultées (www.banaka.org). Pour tout renseignement : banaka.ebenisterie@gmail.com ou 06 64 43 89 12.

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