Culture
Oldarra et I Muvrini chantent pour la Colombie

30/08/2012
C.B
L’histoire pourrait démarrer par “Il était une fois…”, sauf qu’il ne s’agit pas d’un conte, et que le dénouement heureux se joue en ce moment même, entre les mains de celui que l’on surnomme encore “Angelito”, le petit ange de Colombie. A ses côtés, un homme, Patrick Beuglot, et une association – qu’il préside –, Des voix pour Albeiro Vargas, soutiennent son action depuis 20 ans. Le 8 septembre prochain, à 18h30, au théâtre de la nature, Oldarra et I Muvrini prêteront leur voix, ensemble, pour lui rendre hommage et l’aider à poursuivre son œuvre.
L’histoire d’un destin exceptionnel, d’une amitié, d’un parrainage et de toutes les rencontres qui en découlent.
A 62 ans, Patrick se souvient très précisément de ce jour qui a changé son destin. “Il est arrivé quelque chose de miraculeux”, résume-t-il aujourd’hui. C’était le 26 octobre 1991. A la télé, l’image d’un enfant au visage rayonnant sidérait une grande partie de l’Hexagone et déclenchait une vague d’admiration. Depuis l’âge de six ans, Albeiro Vargas, dit “le petit ange de Colombie”, s’occupait des “petits vieux” de son quartier, abandonnés dans les rues ou dans leur masure, avec la mort pour seul horizon. Il avait onze ans lorsque la télévision le révélait.
Vingt ans d’action
Patrick, alors conseiller d’orientation professionnelle à la Mission locale de Bayonne, aurait pu, comme beaucoup, “signer un chèque et s’endormir sur sa bonne conscience”, comme il dit. Mais il voulait faire plus. “Je connaissais un grand torero de Colombie, César Rincón, qui se battait pour l’idée d’une ‘autre Colombie’, celle qui veut avancer ‘proprement, honnêtement’ et j’ai eu l’idée de mener une action coup-de-poing.”
Après trois mois de campagne, le 4 avril 1992, sur la scène du théâtre de Bayonne, la somme de 166 000 francs était remise à l’enfant prodige, en compagnie de la vedette. Ce soir-là, une autre idée fusa : “Un chantier de formation, pour des jeunes, en Colombie.” Deux ans après, la promesse était tenue et les destins liés.
Aujourd’hui, Albeiro Vargas, à 30 ans passés, est diplômé en gérontologie de l’université de Bogota et dirige un centre de vie à Bucaramanga, la cinquième ville du pays. Il vient de construire une maison de retraite “modèle”, appelée Ruitoque Casamayor et a fédéré près de 50 institutions du département de Santander, dites “de charité”, qui reçoivent et s’occupent, sans aucuns moyens, des personnes âgées de la rue, elles aussi abandonnées à leur sort.
“Aujourd’hui, 20 ans après, Albeiro Vargas, le petit garçon qui recevait ses 20 petits vieux, quatre par quatre, dans sa maison, est responsable moralement de près de 4 000 ‘abuelitos’. Il a gardé cette volonté, cette énergie inexplicable à vouloir leur rendre leur dignité. C’est une leçon d’humanité pour nous tous”, reconnaît, admiratif, Patrick.
Oldarra, les seconds parrains
A ses côtés, le chanteur Peio Ospital et deux membres d’Oldarra acquiescent. “On a été deux fois en Colombie depuis que l’on épaule Albeiro”, reprend Iñaki Urtizberea, à la tête du chœur d’hommes depuis 1972. “On ne peut pas le croire… Comment faire bouger les choses là-bas comme il le fait ? C’est tout simplement extraordinaire.”
Au fil des ans, des amitiés se sont nouées, des parrainages sont nés, simples, pudiques, sincères… Et à l’occasion de ce vingtième anniversaire, l’idée est venue de réunir “parrains et filleul”, au cours d’un concert à la belle étoile, dans le parc Ducontenia, à Saint-Jean-de-Luz. “Un soir à Donibane” rassemblera donc les chanteurs corses d’I Muvrini et les Biarrots d’Oldarra.
Ces hommes se connaissent bien et s’apprécient, artistiquement autant qu’humainement. Ils connaissent tous deux “le petit Colombien” qu’ils ont rencontré maintes fois : I Muvrini à Bercy, Oldarra au Pays Basque…







