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Pays Basque

Front collectif pour les salariés de Philae

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30/08/2012

Carole SUHAS

Front collectif. C’est la voie qu’ont fini par prendre les salariés licenciés du centre éducatif fermé de Came. Ils sont dix sur douze à avoir sollicité l’aide d’un avocat du barreau de Bayonne pour défendre leurs intérêts face à ce qu’ils considèrent être un micmac administratif et juridique. En phase d’aboutissement de leur “plan de sauvegarde de l’emploi” (PSE), ils n’auraient toujours pas été fixés ni sur le montant ni sur la date de versement de leur indemnité supralégale, c’est-à-dire celle consacrée à l’après-licenciement et à la reconversion.

Une indemnité qui atteindrait tout de même les 100 000 euros si l’on en croit les dires de leur représentant, Francis Languin. Le 3 août dernier déjà, les salariés dénonçaient le retard de versement de leurs indemnités de licenciement, problème qui a entre-temps été réglé au retour de vacances du mandataire judiciaire de l’association Philae (voir notre édition du 09/08/2012).

Le temps s’allonge

Seulement, cette indemnité serait “en deçà de ce qui avait été prévu en avril” lors du comité d’entreprise de l’association, estime M. Languin. Un écart qui atteindrait tout de même les “2 000 euros”, alors que Jérôme Valère, directeur du centre éducatif fermé de Hendaye et directeur général par intérim, aurait “remis un tableau à titre indicatif signé de sa main”, relate le porte-parole du collectif.

Pour le directeur incriminé, qui a répondu à M. Languin par voie de courriel, l’“énorme différence” pointée du doigt par M. Languin n’est que le résultat d’une comparaison d’“indemnités totalement différentes (préavis et licenciement)”. Quoi qu’il en soit, l’indemnité supralégale est, elle, en attente et les salariés ont l’impression que “personne ne s’en occupe”.

Jean-Marc Livolsi, administrateur judiciaire de Philae, éclaircit un peu la situation. “Ça mettra un peu de temps car le processus qui suit un licenciement est très lourd, ce que n’arrange pas la période estivale de vacances. De plus, la PJJ [protection judiciaire de la jeunesse] s’est engagée sur une enveloppe, mais c’est nous qui devons avancer l’argent. Nous n’avons aucun fonds pour cela, ce qui nous oblige à passer par l’assurance de garantie des salaires (AGS).” Le mandataire pointe du doigt un autre problème, peut-être une future bataille judiciaire, celui des dettes de l’association auprès du bailleur. “Ces dettes ont été gelées, ce qui fait qu’on ne peut pas les payer. Et si on ne paie pas, on ne peut pas demander à la PJJ de nous rembourser.”

Un cercle vicieux que M. Languin s’explique, lui, assez bien. “Quand j’ai rencontré M. Le Gat [directeur territorial de la PJJ Aquitaine Sud], il m’a clairement expliqué que les sommes seraient débloquées par la PJJ uniquement sur présentation des justificatifs par l’association Philae. Ils n’ont plus aucune confiance en le conseil d’administration de l’association.” Et d’ajouter que lorsque “M. Valère dit que Philae n’a plus aucun pouvoir, il nous promène : l’association a le pouvoir de fournir les justificatifs pour que les fonds soient débloqués”.

Blocage administratif

Et si ce retard inquiète chaque jour un peu plus les salariés, c’est que “deux procédures se croisent : celle du plan de sauvegarde de l’emploi à achever et la décision du tribunal de grande instance de Bayonne du 6 septembre prochain sur la liquidation judiciaire ou pas de Philae”. Une décision aux conséquences floues pour les salariés qui ont donc sollicité l’intervention d’un avocat. “On ne voudrait pas que le dépôt de bilan nous fasse perdre les mesures prises pour le plan de sauvegarde de l’emploi.”

Et tandis que les choses tardent, les salariés licenciés n’ont toujours pas reçu de la direction de Philae les documents censés leur permettre de s’inscrire à Pôle emploi ou d’avoir une couverture sociale, ce qui “aurait dû être réglé le 25 août dernier”, selon M. Languin. Ils ne sont pas non plus couverts par leur mutuelle santé du fait de la cessation de paiement des cotisations par Philae. “Nous avons passé un été horrible à courir après tout”, résume l’ancien salarié. Un éventuel dénouement de toute cette histoire pourrait voir le jour le 6 septembre prochain au tribunal de Bayonne.

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