Culture
La scène nationale ne craint pas la crise

29/08/2012
C.B
La couverture du programme dit tout. La Scène nationale Bayonne sud-aquitain prend le spectateur par la main et, grâce à un fil magique, l’accroche à un nuage floral enchanteur dans un ciel irisé. Un monde onirique où le rêve et l’élévation se substituent à la crise. “C’est le miracle du spectacle vivant”, réaffirme avec enthousiasme Dominique Burucoa, le directeur de la Scène nationale lors de la présentation de cette nouvelle saison concoctée par ses soins au théâtre de Bayonne.
“Le rendez-vous est plus riche qu’il n’a jamais été”, ajoute-t-il le sourire aux lèvres. D’octobre à juin, on dénombre en effet 67 spectacles, pour un total de 150 dates (certains pouvant être joués jusqu’à quatre fois) comptant 20 pièces de théâtre, huit spectacles de danse, 15 concerts et cinq chanteurs. La programmation est éclectique et alterne entre des valeurs sûres – le cirque Eloize, la chanteuse Camille, le groupe General Elektriks, la compagnie Carolyn Carlson ou le danseur flamenco Marco Flores… –, des inédits dans la région – Pinocchio de Joël Pommerat ou La Belle et la Bête de Pierre-Yves Lemieux… – et des spectacles plus surprenants, comme ce Rhinocéros d’Eugène Ionesco transposé dans le monde de l’entreprise et interprété en coréen. Il fallait oser ! “De quoi nourrir les débats et enrichir le climat familial”, revendique simplement Dominique Burucoa, conscient d’élargir la palette de ses spectacles jusqu’à ceux “qui ne laissent pas indifférents”.
Nouvelle scène transfrontalière
Après des années de discussions orientées vers le Sud, le périmètre de diffusion, lui aussi, s’élargit. Avec l’entrée de Saint-Jean-de-Luz dans la ronde Bayonne-Boucau-Anglet tout d’abord. La ville accueillera sept spectacles au jai alai et à l’auditorium Ravel, avec une programmation plutôt axée sur le flamenco.
Outre-Bidassoa, c’est avec le théâtre Victoria-Eugenia de Donostia que la Scène nationale s’unit pour créer Eszena-T – Scène transfrontalière. Comme leur nom l’indique, ces “traversées” constituent une invitation à effacer “l’effet frontière” pour aller à la découverte de spectacles proposés alternativement par les deux institutions culturelles. A cet effet, le tarif unique mis en place comprend le déplacement en autocar jusqu’au théâtre Victoria-Eugenia.
Pour la première saison, la Scène nationale accueillera les publics du théâtre Victoria-Eugenia pour les spectacles du cirque Eloize et de Carolyn Carlson et propose une “traversée” au théâtre Victoria-Eugenia pour le désopilant spectacle de la compagnie catalane Tricicle, intitulé Bits, une unité bien connue du monde digital. A noter que le célèbre trio remplit les théâtres du monde entier pendant huit mois chaque année… depuis 32 ans !
Un avenir économique serein
Autant de nouvelles aventures qui sont possibles grâce à un équilibre financier confortable. Chose, qu’en temps de crise, les organisateurs ne manquent pas de saluer. Avec un budget estimé à 2,3 millions cette année, la Scène nationale de Bayonne se porte bien et elle le revendique. Alors que beaucoup souffrent d’un déficit de crédits publics, leur enveloppe continue d’augmenter grâce à la bonne volonté de la ville de Bayonne, de la Région, mais aussi de l’Etat.
En outre, un nouveau contrat d’objectifs a été signé avec l’ensemble de leurs tutelles, leur permettant de regarder sereinement les quatre prochaines années. Un confort qu’ils mettent au service de la création puisque la Scène nationale signe cette année pas moins de huit coproductions.







