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Pays Basque

Action contre le golf : Saussié et Baudry réagissent

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29/08/2012

Pierre MAILHARIN

Il faudra être un peu plus clair la prochaine fois, car Jean Saussié n’a “pas bien compris le message”. Avec un soupçon de fausse naïveté, le président de la Société d’économie mixte (SEM) Makila Golf Club de Bassussarry a réagi hier à l’action symbolique menée vendredi sur son établissement par le Collectif contre la spéculation immobilière (cf. JPB du 25/08).

“Ce qui me surprend, c’est qu’en 2004, quand dix collectivités et 18 entreprises représentatives de l’économie basque ont acheté ce golf, c’était pour éviter qu’il ne passe entre les mains d’Anglais, de Belges ou d’Espagnols”, rappelle-t-il. Ainsi, 63,4 % du capital de la SEM créée alors appartiennent aujourd’hui aux entités publiques, le reste se partageant entre les 18 sociétés (Etchart, Durruty, Bami, Lauak…).

A ce titre, M. Saussié réfute l’idée d’un Makila Golf Club nuisible au Pays Basque. Il défend sa vocation écologique : “Nous avons voulu préserver un poumon vert dans l’eurocité reliant l’Agglomération bayonnaise et Saint-Sébastien.” Et souligne un impact économique important : “Nous avons 10 000 à 15 000 touristes par an. Ce sont des rentrées économiques pour la région.”

Soit. Mais le Makila intègre-t-il la population locale ou la laisse-t-il en marge, comme le prétendent les activistes ? Là encore, M. Saussié s’inscrit en faux. Son 18 trous serait le seul de la côte ouvert “toute l’année”. Le nombre d’abonnés (700) se composerait “à 20-25 %” de golfeurs du Gipuzkoa, le reste de “notre bassin de vie”.

Par ailleurs, l’image d’une pratique réservée à une élite serait dépassée : “On n’en est plus là depuis longtemps !”, assure-t-il. “ça coûte moins cher de faire du golf que d’aller au ski. Nous avons 48 jeunes qui font du golf, pour 120 euros/an. On reçoit gratuitement les écoles. Le golf se popularise, particulièrement le Makila.” Enfin, M. Saussié ne nie pas la problématique foncière. Mais rappelle qu’en lieu et place du golf, se trouvait avant “une chêneraie et pas beaucoup d’agriculteurs”. Et puis, explique le président de la SEM, “je mets gratuitement à disposition 7,5 ha de terres à un exploitant agricole”.

“Le logement, notre priorité”

Maire de Bassussarry, Paul Baudry s’est lui aussi senti visé par cette intervention. Il a tenu à défendre sa politique : “Nous avons très peu de résidences secondaires. Les gens vivent à l’année à Bassussarry. Trouver un logement à la population est notre premier objectif.” L’édile se heurterait cependant à deux problèmes : “Je respecte tout le monde, mais quand je vais voir les gens d’ici pour leur acheter un terrain à 15 euros et que je me fais jeter… Il faut qu’on soit aidé par les services de l’Etat. Là aussi, quand je vois que le coût de construction revient à 2 500 euros/m2, je me demande si on n’a pas des structures sociales avec des frais généraux trop importants.”

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