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Sports - Voile

«Mon rêve depuis toujours, c’est le Vendée Globe»

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24/08/2012

Entretien avec Amaiur ALFARO / Navigateur

Quelques semaines après avoir terminé avec Christophe Lebas 8e de la Transat AG2R La Mondiale, Amaiur Alfaro revient sur cette traversée. Le skippeur basque se dit “satisfait” et se projette désormais sur la Solitaire du Figaro dont il commencera la préparation au mois de septembre car “il faut dix mois pour rentrer dans les 20 premiers”, estime-t-il. Amaiur Alfaro évoque aussi l’après Figaro 2013. “Mon rêve depuis toujours, c’est le Vendée Globe”, dit le skippeur. Une idée sur laquelle Amaiur et son équipe travaillent déjà. Ce tour du monde en solitaire et sans escale se trouve aujourd’hui entre rêve et réalité.

Après deux mois à terre, vous semblez satisfait de votre dernière traversée de l’Atlantique lors de la Transat AG2R ou vous faisiez équipe avec Christophe Lebas.

Oui, on est satisfait. Rentrer dans le Top 10, c’est quelque chose. Vu comment ça s’est passé, c’est encore plus fort. Si St Barth avait été à deux jours de plus de mer, on aurait pu être dans les cinq premiers, voire sur le podium. On n’était vraiment pas loin de faire un truc encore plus beau.

Vous aviez pris la direction plein sud au milieu de l’Atlantique alors que vos concurrents poursuivaient plein ouest vers St Barthélémy. C’était risqué.

On a pris cette option parce qu’on a regardé la météo et pour nous, il n’y avait pas d’autres alternatives. On a vu que la dépression allait casser avec l’anticyclone et on est parti au sud. Ça ne s’est pas exactement passé comme on l’avait prévu. Sur la route du nord, ils n’ont pas eu le péage et ont finalement eu du vent. Du coup, on a pris 150 milles de retard. Quand on a vu que nous avions pris ce retard, on a commencé à se poser beaucoup de questions. On a eu de gros doutes, mais derrière, on a attaqué sévère, et à la fin, ça l’a fait. On a eu plus de vent et on est passé dans les trois derniers jours de la 13e à la 8e place.

Le prochain objectif, c’est maintenant la Solitaire du Figaro en 2013. Quel est le programme à partir de maintenant ?

L’été, c’est à fond dans l’école de voile [Lema à Ciboure]. C’est la haute saison et je suis très pris avec l’entreprise. En parallèle, on est en train de refaire avec toute l’équipe un petit dossier pour aller chercher d’autres partenaires et commencer l’entraînement dès septembre. J’ai quelques partenaires sportifs qui vont me faire de l’entraînement physique aussi. Le but est de se mettre au travail le plus tôt possible à partir du mois de septembre.

Pourquoi si tôt ?

Il faut dix mois pour rentrer dans les 20 premiers de la solitaire du Figaro. C’est une course différente d’une traversée. C’est vraiment costaud. Je sais que si je me mets dix mois à fond, j’ai une chance de rentrer dans les 20. Si on ne met pas tous ces moyens-là, ça sera difficile de faire quelque chose.

Quelles sont les différences entre une traversée océanique et la solitaire du Figaro ?

Le Figaro est beaucoup plus court et plus intense. Il faut tout donner sur trois jours que durent les étapes. C’est très difficile physiquement. On dort très très peu. Il m’est arrivé d’avoir des hallucinations sur le bateau. Voir quelqu’un à côté de moi alors que j’étais seul sur le bateau. Je me cachais les yeux, mais lorsque je les ouvrais, il était encore là. Ça peut être très dangereux, ce genre de situation en mer. Il vaut mieux être en forme pour que le corps accepte ces contraintes et ces coups durs qu’on lui donne. Derrière une Solitaire du Figaro, on met entre deux et trois mois pour récupérer.

Un skippeur doit toujours avoir un coup d’avance. Vous avez donc déjà prévu l’après-Figaro 2013.

C’est certain, je ne m’arrêterai pas là. Mon rêve depuis toujours, c’est le Vendée Globe. Il faut être un peu sadomaso pour faire un tour du monde en solitaire comme ça. Je le suis. Avant de me lancer sur un tel projet, je voulais revenir sur la classe Figaro pour progresser et pour me remettre vraiment dans la compétition. Et ensuite, passer à autre chose : quatre ans de projet en 60 pieds. D’abord la Transat Jacques Vabre, en espérant pouvoir la faire avec Christophe Lebas [son coéquipier sur la Transat AG2R], puis la Route du rhum et finir par un Vendée Globe. Jusqu’à présent, c’était des idées, un rêve, maintenant ça prend forme. Il y a tout un truc qui se passe autour des partenaires. Quand on a une idée, qu’elle est ensuite posée clairement sur du papier, c’est bien. Quand on commence à présenter ce papier, on est déjà dans une autre envergure du projet. On est entre ces deux étapes. Mais je vais d’abord me concentrer sur le Figaro. Pour le reste, j’ai une équipe dernière qui prépare tout ça. Je sens qu’il y a de l’énergie dans l’air et il faut saisir l’occasion quand elle se présente.

Un Vendée Globe peut-il se faire avec un financement 100 % Pays Basque ?

Un financement Zazpiak Bat ? Vu la crise qu’il y a de l’autre côté, je pense que ce sera difficile. Je pense que l’on peut arriver à la moitié du budget voire un peu plus avec le Pays Basque. Ensuite, il faut chercher ailleurs avec des partenaires comme EDM qui me suit actuellement sur mon projet Figaro. Hors bateau, il faut compter à peu près 700 000 euros par an sur quatre ans.

Pensez-vous à la contribution populaire ?

C’est une idée qui demande un gros travail. Je pense que c’est intéressant de le faire une fois que le projet est concret et qu’il ne manque que les derniers financements. Partir sur un projet comme celui-là en s’appuyant uniquement là-dessus, ce n’est pas possible. Par contre, ça peut être une idée sympa pour clôturer le budget.


Marc DUFRECHE

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