Pays Basque
Entre manifestations et interdictions

24/08/2012
Antton ROUGET
Depuis le mercredi 8 août, les jours se suivent et se ressemblent pour le mouvement en faveur des droits des prisonniers Herrira. Entre rassemblements quotidiens et grèves de la faim à l’intérieur et à l’extérieur des prisons d’un côté, et spéculations autour de la libération de Iosu Uribetxebarria et décisions sans appel de l’autre, le face-à-face s’est installé. Une situation bloquée, suspendue au sort du prisonnier gravement malade alors que le procureur, silencieux, doit prochainement statuer sur la libération conditionnelle du détenu.
Comme un symbole de cette situation exceptionnelle qui tend, par sa durée, à se normaliser, l’Audience nationale a de nouveau, hier, interdit une manifestation en faveur de la libération immédiate du prisonnier gravement malade sans que cela n’étonne plus personne.
Pourtant, au lendemain de l’arrêt de la grève de la faim de Iosu Uribetxebarria, qui avait cessé de s’alimenter pendant 15 jours pour réclamer sa libération, les mobilisations du mouvement Herrira n’ont jamais été si nombreuses et si intenses. Devant l’hôpital de Donostia et le consulat d’Espagne à Bayonne, de 10 heures à 16 heures, deux “jeûnes de solidarité” rassemblant plusieurs dizaines de personnes se sont d’abord fait écho. Puis une trentaine de personnes a annoncé qu’elle rejoignait le mouvement de grève de la faim illimitée sur le perron de l’établissement gipuzkoar où est hospitalisé Iosu Uribetxebarria.
Les rassemblements quotidiens dans les villes et villages du Pays Basque continuent eux aussi de s’intensifier. Jusqu’à la libération du prisonnier. Trois rendez-vous sont ainsi fixés en Pays Basque Nord : à Bayonne (à 16 heures aux Cinq-Cantons), Hendaye (à 19 heures devant le casino) et Saint-Jean-Pied-de-Port (à 19 heures devant la mairie). Cambo-les-bains (18h15 devant la mairie), Saint-Palais (18 heures devant la mairie) et Mauléon (18 heures à la Croix-Blanche) doivent rejoindre le mouvement aujourd’hui (sans pour autant appeler à des rassemblements quotidiens).
“C'est le début de la fin de la politique carcérale”
Extraits du communiqué du Collectif des prisonniers politiques basques – Août 2012
“La situation extrême de Josu Uribetxebarria nous révolte. Pour qu’un droit élémentaire, celui de la liberté, lui soit appliqué, il a dû pousser sa situation jusqu’à l’extrême. [...]
De même que le comportement de Josu nous comble de fierté, l’attitude misérable du gouvernement espagnol mérite notre plus ferme condamnation. Cette affaire reflète une situation générale à laquelle nous avons répondu par une protestation dans toutes les prisons. [...]
Les deux Etats qui emprisonnent notre pays n’ont pris aucune position politique nouvelle alors que les voix qui le leur préconisent se multiplient au Pays Basque, dans leurs territoires, mais aussi au sein de la communauté internationale. [...]
L’entêtement de l’Espagne et de la France à persister dans les schémas du passé est terminé. [...] Que cela soit sous la forme des exigences des citoyens basques ou par le biais des décisions de Strasbourg [référence, entre autres, au jugement de la Cour européenne des droits de l’homme sur la doctrine Parot, ndlr], la raison et la démocratie s’imposent. [...] La politique carcérale a commencé à se fendre. La fin des mesures d’exception est arrivée. La fin de la dispersion est arrivée, ils doivent maintenant nous rassembler au Pays Basque pour garantir notre participation au processus [de paix, ndlr].
Nous sommes au début de la fin, mais pas pour autant dans un moment facile et agréable : l’heure est à la lutte, nous vaincrons !”







