Sujet à la une
Adur, association de la vallée des Aldudes, promeut l’euskara dans la sphère publique

24/08/2012
Béatrice MOLLE
Banca, Les Aldudes, Urepel, ces trois villages de la vallée des Aldudes comptent désormais une nouvelle association culturelle dénommée Adur. Aujourd’hui, à 19 heures et 20h30, Adur propose deux projections du dessin animé Gartxot (voir encadré) à la salle de cinéma des Aldudes. Projections qui seront suivies d’une conférence avec le réalisateur.
Karine Etxeberri d’Urepel, l’une des membres d’Adur, nous explique la genèse du projet. Tout d’abord le choix du nom de l’association : Adur évoque un symbole de la mythologie basque, “une force, une énergie par rapport à la création”. Un pont entre un projet et sa réalisation.
Concrètement, Adur souhaite promouvoir l’euskara et la culture dans la vallée, mais pas seulement : “Nous souhaitons organiser des événements culturels où le basque sera promu et où le lien social sera mis en avant. Nous avons remarqué que le basque n’était pas tellement utilisé par les jeunes et nous pensons qu’à ce niveau-là, le milieu associatif a un rôle à jouer. Notre objectif est qu’il y ait une pratique plus importante de l’euskara. Des habitudes peuvent se prendre”, explique Karine Etxeberri. La première animation d’Adur a eu lieu cet été : Euskal Kantu Arrasaldea a rassemblé autour du chant plusieurs dizaines de personnes dans un restaurant.
Projets à long terme
Adur compte s’investir dans l’organisation de conférences en basque une fois par mois, suivies de rencontres. Les thèmes abordés auront trait à la mythologie et au pays de Quint, la liste n’étant pas exhaustive. L’objectif principal d’Adur est que “l’euskara soit plus présent dans la sphère publique”. Pour cela, Adur souhaite également entrer en contact avec les écoles de la vallée pour mettre en place des ateliers. L’organisation d’un carnaval est également prévue en février.
“Parallèlement, nous aimerions monter des ateliers de danse, théâtre et bertsu. Transmettre ce que l’on sait et apprendre aussi”, lance Karine Etxeberri, qui ajoute que l’association comprend une quinzaine de membres. Quant à l’accueil réservé à Adur au sein de la vallée, Karine Etxeberri précise qu’“il n’y a pas eu de rejet. Il y a des jeunes et des moins jeunes. C’est quelque chose de nouveau qui répond à un besoin”. Adur souhaite entretenir des relations avec les autres associations existantes telles qu’Aldudarrak, Perkain ou Deiadar. L’association désire s’inscrire “dans tout ce qui touche à l’avenir de la vallée, les dynamiques peuvent s’enrichir et s’entraider”, souligne Karine Etxeberri. Euskara et lien social considérés comme deux binômes qu’Adur souhaite développer. Avec l’espoir d’un changement quant à l’avenir de la vallée. Par ailleurs, un groupe de réflexion autour des perspectives de la vallée en 2030 a été mis en place et Adur compte prendre toute sa place dans cette démarche.
“Nous avons fait nos études à l’extérieur, mais nous avons envie de vivre dans la vallée. Même si cela est difficile, nous avons l’impression que des structures peuvent être créées pour nous. Nous savons que nous aurons toujours un pied ici, même si notre travail ne sera pas dans la vallée”, conclut Karine Etxeberri.
“Gartxot” au ciné des Aldudes ce soir
Auréolé de succès, le premier long-métrage d’animation en euskara est programmé ce soir par l’association Adur à la salle de cinéma des Aldudes (19 heures et 20h30). Le long-métrage narre l’histoire du barde Gartxot et de son fils Mikelot chantant leurs peines et leurs espoirs en euskara. Personnages dans leurs villages, ils ne laissent pas les chants ancestraux tomber dans l’oubli et refusent de chanter en latin. Gartxot est le fruit du travail des dessinateurs Asisko Urmeneta et Marko Armspach, du réalisateur Juanjo Elordi, du scénariste Barruetabeña, du compositeur Benito Lertxundi et de nombreux autres collaborateurs qu’il est impossible de tous citer. Le film aborde principalement l’histoire de la conquête de la Navarre et de la perte de la culture. Mixel Etxekopar, Ttitika Rekalt, Luxi Agergarai et Maika Etxekopar, chanteuses du groupe Amaren Alabak, ainsi que Kristiane Etxaluz, prêtent leurs voix aux personnages animés de Garkotx, fruit de l’imagination de son créateur Arturo Campión. C’est en 1917 qu’il écrira El bardo de Itzaltzu, récit d’une vieille légende de la vallée de Salazar en Navarre.







