Pays Basque
Après deux semaines sans s’alimenter, Iosu Uribetxebarria cesse sa grève de la faim

23/08/2012
Antton ROUGET
“Iosu Uribetxebarria a décidé de donner priorité à la vie.” C’est par ces mots que Jon Garay, porte-parole du mouvement en faveur des droits des prisonniers Herrira, a annoncé hier que le prisonnier gravement malade avait décidé de mettre un terme à sa grève de la faim.
Après plus de deux semaines d’une grève de la faim entamée le mercredi 8 août, I. Uribetxebarria, “dans une situation d’extrême faiblesse”, n’a pas pu poursuivre son action. Entre espoir d’une libération prévue par la loi et désillusions quotidiennes, le détenu, atteint d’un cancer en phase terminale qui se bat pour profiter des derniers instants de sa vie auprès de ses proches, a finalement renoncé… à mourir avant d’être libre.
“Nous souhaitons montrer notre entier respect envers la décision prise par Iosu Uribetxebarria”, a immédiatement réagi le mouvement Herrira. Rappelant que la “loi et les droits de l’homme obligent” à la “libération immédiate” du prisonnier gravement malade, Herrira s’est aussi montré déterminé à poursuivre ses mobilisations. Ainsi, en plus des rassemblements quotidiens sur le perron de l’hôpital, dans plusieurs villes du Pays Basque Sud, ou encore à Hendaye et Bayonne, et des importantes mobilisations qui se poursuivent dans les prisons, un vaste mouvement de “jeûne de solidarité” va être lancé aujourd’hui. Devant l’hôpital de Donostia, devenu depuis plus de deux semaines le symbole de la lutte en faveur des prisonniers malades, Herrira a lancé un appel à jeûner toute la journée. A Bayonne, le mouvement en faveur des droits des prisonniers organise la même action devant le consulat d’Espagne.
Du côté du gouvernement espagnol, le procureur de l’Audience nationale attend toujours des “informations complémentaires” avant de statuer sur une éventuelle libération conditionnelle.
EPPK réagit au “cas Uribetxebarria”
“Ce ne sont pas des moments faciles ni agréables. L’heure est à la lutte, nous vaincrons !” Dans un communiqué remis au quotidien Gara – qui le publie dans son intégralité aujourd’hui – le Collectif des prisonniers politiques basques (EPPK) est revenu, pour la première fois depuis le début du conflit, sur la situation du prisonnier Iosu Uribetxebarria.
Après avoir “chaleureusement” salué le détenu gravement malade hospitalisé à Donostia, l’EPPK indique dans son communiqué que le cas de Iosu Uribetxebarria est “le fidèle portrait” de la politique pénitentiaire menée par les Etats français et espagnol. Mais, “nous sommes au début de la fin”, prévient le collectif qui réclame la “libération immédiate” de tous les prisonniers malades et “le regroupement de tous les prisonniers au Pays Basque” pour qu’ils puissent participer au processus de paix.







