L'opinion - Tribune Libre
Une action illégale complètement légitime
23/08/2012
Editorial par Antton ETXEBERRI
Le tribunal de Bayonne vient d’ordonner l’expulsion des jeunes du Pays Basque intérieur qui occupent les bâtiments vides de l’ancienne école St-Michel à St-Just-Ibarre depuis un mois. Cette décision judiciaire, peu étonnante d’un point de vue strictement légal, risque d’avoir des conséquences regrettables. Les Filles de la Croix de Pessac, propriétaires des lieux, qui étaient en négociation avec les occupants, ont décidé de couper court à tous ces contacts, pour faire valoir leurs droits de propriétaires. Peu importe le projet que souhaitent développer les jeunes pour cette bâtisse… le problème du logement en Pays Basque… les travaux de rénovation et de sécurisation entrepris par les occupants… Peu importe que l’ancienne école soit à l’abandon depuis trois ans, qu’elle ait été vandalisée et dépouillée de tout ce qu’elle possédait durant cette période… Le problème pour la justice, ce sont des jeunes qui ont décidé de réagir, à leur façon et de manière totalement publique et assumée… Réagir au problème du logement et du foncier, réagir à toutes ces maisons secondaires et vides qui se multiplient alors que les jeunes ne peuvent se loger, réagir enfin à l’inaction de la classe politique complètement absente du débat… Si l’occupation de ces locaux est illégale, elle n’en semble pas moins légitime. Devant l’obstination des occupants à rester dans la bâtisse malgré les menaces judiciaires, les religieuses de Pessac se retrouvent à devoir faire appel à la force publique pour faire évacuer les lieux. Situation assez contradictoire avec les valeurs de partage et de solidarité censées être défendues par la religion chrétienne. L’évacuation par la force et la violence aura inévitablement des répercussions sociales et politiques. Si certains élus profitent de la situation pour souffler sur les braises, n’est-il pas temps pour les autres de prendre en main ce problème, avant qu’il ne soit trop tard ? Car en fin de compte, si les jeunes en sont arrivés à occuper et animer ces locaux, il s’agit pour eux de mettre en place des projets qui ne reçoivent aucune réponse institutionnelle.







