L'opinion - Tribune Libre
Situation des détenus originaires du Pays Basque
18/08/2012
Colette Capdevielle / Députée 5e circonscription des Pyrénées-Atlantiques
Lettre adressée le 14 août 2012 à monsieur Julien Grégoire, chef de cabinet de l’administration pénitentiaire et également à madame Christiane Taubira, ministre de la Justice.
Monsieur,
Faisant suite à notre communication téléphonique, je vous alerte qu’à ce jour, 14 août 2012, plusieurs détenus originaires du Pays Basque et emprisonnés en France ont entamé une grève de la faim.
Pour certains, il s’agit de refus de plateaux, pour d’autres, de grèves de la faim tournantes, pour d’autres, de grèves de la faim illimitée, refus de sortir de cellules…
Selon les renseignements recueillis, 23 lieux de détention seraient concernés sur le territoire français.
Ce mouvement qui semble s’amplifier s’inscrit en soutien au prisonnier Iosu Uribetxebarria, actuellement détenu à l’hôpital de San Sebastián (province de Guipuzcoa – Pays Basque – Espagne) qui souffre d’un cancer du rein en phase terminale, lequel sollicite de pouvoir être libéré afin de passer ses derniers jours en compagnie des siens.
Demain, mercredi 15 août à 11 heures, un rassemblement à l’appel du mouvement Herrira est organisé devant l’hôpital en présence d’élus.
En qualité de députée, j’ai été saisie de cette situation, laquelle, certes, concerne directement la justice espagnole, mais ne peut laisser l’élue du département voisin que je suis indifférente, et ce, pour deux raisons :
- La 1re tient à des raisons humanitaires évidentes, liées au respect de la dignité, contenues dans le droit européen et le droit espagnol (article 92 du Code pénal espagnol).
- La 2de repose sur le processus de paix enclenché depuis plusieurs mois autour d’intervenants extérieurs qualifiés, à la suite de la déclaration d’Aiete.
De manière plus générale, je souhaiterais vous rencontrer ainsi que le chef de cabinet de madame la garde des Sceaux, dès la rentrée, pour évoquer avec vous la situation des détenus originaires du Pays Basque, accompagnée de ma collègue députée Sylviane Alaux élue dans la 6e circonscription des Pyrénées-Atlantiques.
Je vous remercie enfin de bien vouloir transmettre la présente lettre au cabinet de madame la garde des Sceaux.
Je vous prie de croire, monsieur le chef de cabinet, à l’assurance de ma considération très distinguée.







