Pays Basque
Fronde des résidents contre la fin des parkings gratuits

17/08/2012
Pierre MAILHARIN
Un euro par jour. Minimum. Sans tarif réduit : 360 l’année. Pour les habitants du centre-ville de Bayonne, la fin du stationnement gratuit est vécue comme l’amputation annoncée d’un “bras” de leur budget. Votée juste avant le début des fêtes par la majorité Grenet, la mesure suscite colère et inquiétude.
Sur le réseau social le plus connu, un groupe, Parking Bayonne, vient même d’être ouvert. Il rassemble depuis lundi “toutes celles et tous ceux qui se sentent concernés par la délibération du conseil municipal de Bayonne qui instaure le passage au régime payant des deux parkings gratuits de Glain et du Champ de foire”. Hier, les contestataires en ligne étaient plus de 345.
Les habitants dans l’impasse
Selon ses promoteurs, le passage au tout-payant vise à favoriser les transports alternatifs sur l’agglomération (bus, vélo…). Aux yeux des résidents, cet objectif, louable, ne doit pas pour autant se réaliser à leurs dépens.
Un commentaire de “Ben Arnould” résume l’impasse dans laquelle ils craignent se trouver bientôt : “Habitant de Bayonne, on a le choix entre : payer 350 euros l’année pour avoir le droit de se garer chez soi ; aller à la chasse à la place gratuite tous les jours, ce qui prend facilement sa demi-heure pour la trouver et marcher jusqu’à son domicile. Pratique avec les courses et des enfants !!! ; prendre une place à 1 euro/jour. Vous avez pas intérêt à faire 4 allers-retours à votre domicile tous les jours parce que ça vous fera vite 4/5 euros par jour ; ne pas payer le parcmètre et prier pour ne pas avoir de PV… On arrive assez vite à 17 euros/jour étant donné que les ASVP passent tout le temps.”
Cette absence d’alternative serait d’autant plus problématique que le centre-ville de Bayonne, contrairement à certaines idées reçues, serait moins privilégié que celui des communes d’alentour.
Dans une “lettre ouverte aux élus ayant en charge du stationnement à Bayonne”, jointe à Parking Bayonne, des solutions sont évoquées, s’appuyant sur l’exemple de grandes villes de l’Hexagone (Bordeaux, Toulouse, Paris). Ces dernières proposeraient chacune des systèmes tenant compte de “l’argument environnemental” autant que de “tous les usagers”, via “une offre tarifaire intelligente, adaptée à la structure urbaine – hiérarchisation du centre à la périphérie –, mais aussi aux deux publics visés : dissuasif pour le visiteur, incitatif pour l’habitant du centre-ville qui gagne à laisser sa voiture sur place plutôt que la prendre tous les jours ouvrables pour aller bosser”.
“Il y aura des cartes résidents”
Concrètement, il est demandé la mise en place de cartes résident dans “les zones de parkings à 1 euro actuelles ou à venir” qui pourraient alors “recevoir les riverains” en leur permettant “de stationner plusieurs jours d’affilée gratuitement ou à un tarif préférentiel et régressif”. La missive, rédigée en son nom par Aude Nogues, une habitante du centre-ville, a été déposée en mairie lundi.
Sollicité par téléphone, l’adjoint en charge du dossier Henri Labayle s’est voulu rassurant : “Il me semble que c’est une crainte démesurée. Le maire a été très clair en conseil municipal. Il a donné pour mission d’élaborer une tarification particulière pour les résidents. Il y aura bien des cartes résidents. D’autre part, ce n’est pas tout Bayonne qui sera concernée. Et la tarification vaut seulement la journée, pas la nuit.”







